Le diesel enfin en régression en France !

En France, alors qu’il ne représentait en 2000 qu’une immatriculation sur deux, le diesel a atteint en 2012 une part de marché de 74% ! Cette hégémonie du gasoil s’enraye enfin : sur les 9 premiers mois de l’année 2013, seuls 68% des véhicules neufs vendus en France sont équipés d’un moteur diesel, soit un effondrement de 20%. C’est une excellente nouvelle pour nos poumons !

Pourquoi les français ont-il acheté autant de véhicules diesel depuis 15 ans ?

Si l’agrément des moteurs diesel, en retrait par rapport aux modèles essence jusqu’au milieu des années 1990, s’est largement amélioré depuis, l’engouement pour cette motorisation s’explique surtout par trois incitations fiscales, spécifiques à la France.

L’économie à la pompe basée sur un déséquilibre fiscal

Depuis les années 1980, les gouvernements successifs ont choisi de taxer plus faiblement le gazole que l’essence, à hauteur d’environ 30%. Cet avantage, combiné à une consommation plus faible des moteurs diesel, a conduit les constructeurs et les automobilistes français à privilégier logiquement cette motorisation.

L’économie à l’achat grâce aux subventions de l’Etat

Plus récemment, le système français du bonus-malus écologique a également favorisé les motorisations diesel. En effet, en se concentrant sur le seul réchauffement climatique, ce dispositif a récompensé les acheteurs de véhicules diesel, qui émettent moins de CO2 que les moteurs essence… bien qu’ils soient plus polluants ! Rappelons que le dioxyde de carbone n’est pas un polluant, mais un gaz à effet de serre.

Enfin, la TVA sur les véhicules d’entreprise essence n’est pas récupérable, contrairement à leurs homologues diesel. En France, les moteurs essence ne représentent donc aujourd’hui que 5% des flottes d’entreprises.

Depuis 2012, la donne a changé

Plusieurs facteurs ont poussé les français à bouder les véhicules diesel en 2013. Tout d’abord, une préoccupation bienvenue pour la santé publique. En effet, l’image du diesel s’est ternie brusquement lorsque les particules fines qu’il émet ont été classées comme cancérogènes par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces particules causeraient chaque année 42 000 décès en France, dont 17% seraient imputables aux seuls véhicules diesel.

L’intérêt économique du diesel diminue

Financièrement, l’avantage du diesel s’est aussi restreint : en une année, la majorité des constructeurs ont lancé des moteurs essence de nouvelle génération, plus économes grâce à la technologie du « downsizing », qui consiste à associer un turbo à un moteur de plus petite cylindrée, au profit des consommations et des émissions. Ces moteurs bénéficient donc de malus écologiques moindres, voire, dans certains cas, de bonus de plusieurs centaines d’euros ! Ils n’ont donc plus rien à envier aux moteurs diesels, et continuent à la surpasser en agrément.

Les constructeurs automobiles renoncent aussi à équiper certains modèles de moteurs diesel, en raison de la norme Euro 6, qui impose désormais des émissions d’oxyde d’azote réduites, entraînant un surcoût de près de 1000€ par véhicule produit. Il devient ainsi absurde d’équiper d’une telle technologie une citadine peu onéreuse, pour une économie de plus en plus faible. Et c’est tant mieux : le diesel a toujours été plus adapté aux routières qu’aux voitures de ville !

Le gouvernement s’y met

Enfin, le gouvernement a laissé entendre ces derniers mois qu’il entendait bien rééquilibrer progressivement la fiscalité des différents carburants, réduisant toujours plus l’intérêt financier du moteur diesel, plus coûteux à l’achat.

On ne peut donc que se réjouir de cette prise de conscience des méfaits du diesel, bien qu’elle soit tardive. D’ici 3 ans, les analystes prédisent que cette motorisation nocive ne devrait plus représenter que 50% des ventes, au profit de véhicules plus verts !