Guide de survie de la Saint Valentin

La Saint Valentin est pour certains couples le jour J pour faire sa demande. Il est surtout un moment privilégié pour tous les amoureux. Afin de faire en sorte que ce moment ne se transforme pas en funeste soirée toute droite sortie d’un Hitchcock, voici quelques petits conseils pour vous Messieurs pour vous conduire en réel Gentleman voir super-héros.

Vous retrouvez votre belle à 20 heures comme convenu et vous l’accueillez avec un magnifique bouquet de roses. Elle les prend à plein main et se pique le doigt avec les épines (le fleuriste aura de vos nouvelles demain ! On n’a pas idée de vouloir torpiller une soirée de Saint Valentin de pareille manière !). Elle vous rassure, tous ses vaccins sont à jour dont celui contre le tétanos.

Vous arrivez au restaurant. Vous avez tout préparé de mains de maître ; la bague est cachée dans le dessert (le chef cuisinier du restaurant est de mèche) en prévision d’une apothéose sentimentale et romantique. La soirée se passe à merveille et votre dulcinée croque avec gourmandise dans la mise en bouche sucrée. Seulement voilà, au moment où quelques gouttelettes de sueur perlent sur votre front à l’idée de poser le genou au sol, la belle s’étrangle ! Par gourmandise, elle a tenté d’avaler de l’or 18 carats ! Clairement le diner vire au cauchemar, elle ne respire plus ! Ni une ni deux, vous taper avec vigueur 5 grandes tapes dans le dos ; il ne se passe rien… Pas de panique, vous êtes incollables sur tous les épisodes de Dr House : manœuvre d’Heimlich. Vous mettez la belle debout, vous positionnez derrière elle et prenez vos deux points sous son sternum et exercez une pression franche et nette sous le diaphragme. Hourra, la bague ressort, catapultée par la pression. Votre future fiancée est sauvée !

Vous vous remettez tous les deux de vos émotions… Elle pleure de joie. Vous trépignez d’attendre enfin sa réponse, elle dit OUI ! Trop d’émotions pour vos voisins de table qui fêtent leur 60ème anniversaire de mariage… La dame tombe littéralement la tête dans son assiette ! La coupe de champagne et les mots doux attendront. La petite vieille dame n’a pas de poult et vous entamez le massage cardiaque sur le rythme de « Staying alive » bien à propos pour respecter le rythme de 100 battements minutes. Les médecins du Samu arrivent au bout de quelques minutes et prennent le relai. Le cœur de la dame repart, le chef du restaurant vous offre une bouteille de champagne et votre fiancée vous vénère !

Aller tout va bien. Ce n’était qu’un scénario catastrophe mais qui finit bien. Un peu comme un conte de fée quand on y pense. Mais si vous êtes célibataire, en fin de « conte » ce n’est pas si mal.

Sèche-mains automatiques ou comment faire le buzz avec du vent !

A l’heure où tout circule sur internet et la petite info un peu sale et décadente fait le buzz, je voulais revenir sur un article relayé par de nombreux magazines en fin de semaine.

Une jeune femme a posté sur son compte facebook une photo d’une boîte de Pétri particulièrement repoussante sur laquelle des millions de bactéries ont gentiment proliféré et un gant bleu qui l’arbore fièrement. Il n’en faut pas plus, c’est du sérieux et la dame est toute droite sortie de la série US des Experts à Miami !

On apprend alors qu’elle a placé la boîte de Pétri sous un sèche-main Dyson pendant 3 minutes et qu’elle a attendu 3 jours pour constater une prolifération bactérienne digne des poubelles les plus sales.

Petit point technique pour mieux comprendre : une boîte de Pétri est une boîte cylindrique transparente utilisée en microbiologie et permet d’identifier les bactéries en les faisant proliférer. Elle est tapissée d’une gélose contenant les nutriments essentiels au développement des bactéries. En quelques heures, une colonie bactérienne colonise la gélose et se multiplie ainsi dans des conditions favorables.

Si chacun d’entre nous placions nos doigts sur une gélose dans une boîte de Pétri, de nombreuses bactéries se développeraient. Nous sommes colonisés nous-mêmes par des millions de millions de bactéries ; dans nos intestins mais aussi sur notre peau.

Après un passage aux toilettes, l’objectif n’est donc pas de rendre les mains stériles mais davantage de les laver des souillures de bactéries manu portées provenant de la zone génito-anale.

Pour cela, il convient déjà de commencer par un lavage des mains avec de l’eau et du savon ! Cela va sans dire… oui mais, quand on sait qu’un lavage des mains doit durer 30 secondes, avec suffisamment de savon, en ayant enlevé les bijoux, et en frottant dans les espaces interdigitaux… on devient moins sur de l’efficacité du nettoyage en passant les mains rapidement sous l’eau.

Là où le bât blesse pour notre experte en Hygiène c’est le moment du séchage. Si dans le meilleur des mondes, les bactéries ont été éliminées par le lavage, il convient de garder les mains propres encore longtemps. Quiconque s’est rendu dans une station-service ou dans les toilettes d’un bar ou restaurant a pu constater les diverses méthodes pour sécher les mains :

  • La serviette en coton : dans laquelle tous ont plongé les mains (même celles qui sont juste passées sous le filet d’eau !)
  • Le distributeur d’essuie main en coton qui marche une fois sur deux et/ou est arrivé en bout de course et la blancheur du 100% coton a laissé place à un torchon grisâtre…
  • Les papiers à usage unique. Certes hygiéniques puisque personne ne s’est essuyé avec avant vous mais désastreux au niveau écologique et économique
  • Les sèche-mains à air où vous devez appuyer sur un gros bouton pour le démarrer ; bouton plein de microbes. Retour à la case départ…
  • Les sèche-mains Dyson qui sèchent vos mains en 10 à 12 secondes : Ah ! voilà l’objet du délit ! Déjà, premier problème de méthode de notre Experte : la boîte de Pétri est restée 3 minutes sous l’air pulsé alors que dans les faits nos mains n’y sont exposées que 12 secondes… Passons sur le détail. Dyson communique sur les filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air) dont sont pourvus leurs appareils. La filtration des particules supérieures à 0,3µm ne rend pas l’air pulsé stérile mais constitue un filtre de grande efficacité pour filtrer les poussières, moisissures…
  • Il y a enfin ceux qui trouvent que toutes ces méthodes sont bien trop collectives et donc sales et que rien ne vaut un beau pantalon pour s’essuyer les mains… Pantalon sur lequel reposent d’innombrables bactéries bien sûr… !

Bien que la méthode utilisée pour faire le buzz laisse franchement à désirer, voyons le verre à moitié plein, l’article publié aura au moins pour vertu de faire parler du lavage des mains. Cette mesure d’hygiène de base dont le défaut est responsable de la plupart des transmissions d’agents pathogènes.

Et n’oublions pas que tout le monde posera la main sur la poignée de la porte pour sortir des toilettes…

CC

#Epilepsyday

L’épilepsie est une maladie neurologique qui tire son nom du grec « prendre par surprise ». L’épilepsie survient en effet de façon inopinée, sans crier gare et affecte 600 000 personnes en France ce qui en fait la deuxième maladie neurologique après la maladie d’Alzheimer.

Près de 75% des personnes diagnostiquées ont moins de 18 ans. L’épilepsie pourrait se définir par une maladie « électrique ». Imaginez un stroboscope qui s’allume et s’éteint de façon rapide, synchronisé et intense ; c’est exactement ce qui se passe dans certaines régions du cerveau, plus ou moins étendues et pendant un temps relativement court. L’activité neuronale est alors anormale et très intense sous forme de décharges pulsatiles. Selon la zone cérébrale atteinte, les fonctions commandées en temps normal par les neurones qui y siègent sont perturbées et rendues impotentes.

Il y a presque autant d’épilepsies que de gens qui en souffrent tant les manifestations de la maladie sont nombreuses et les formes diverses. La vision la plus commune de la crise d’épilepsie est celle associée au « grand mal » ou crises généralisées dites tonico-clonique. La victime de ces crises est alors inconsciente et prise de convulsion de l’ensemble du corps. D’autres manifestations de l’épilepsie existent comme celles autrefois appelées « petit mal » qui plonge le patient dans une bulle où il ne perçoit plus son environnement et semble absent. Ces crises sont des crises généralisées mais il existe aussi des crises plus partielles, qui n’atteignent qu’une région plus limitée du cerveau mais peuvent évoluer vers la crise généralisée avec l’atteinte du cortex dans sa totalité.

La maladie épileptique se définit surtout par la récurrence des crises au contraire d’une crise épileptique ponctuelle qui peut arriver chez tout un chacun. Une crise peut correspondre parfois à un simple tremblement de la lèvre ou par des troubles beaucoup plus complexes touchant la sphère consciente, par exemple un sentiment soudain d’étrangeté, de déjà vu ou une représentation anormale de la réalité à un moment donné. Chez l’enfant, la crise d’épilepsie pourra par exemple se manifester par une absence, une perte de contact de quelques instants pendant lesquelles les interactions avec l’entourage et l’environnement sont inexistantes.

Une nouvelle classification des épilepsies en syndrome est en cours de révision. Elle est surtout utilisée par les médecins d’une part pour mieux comprendre les causes des épilepsies, d’autre part pour établir un pronostic et utiliser des traitements adaptés à chaque syndrome…

Près d’une trentaine de molécules sont sur le marché pour traiter l’épilepsie. Les médicaments prescrits ne traitent pas la cause mais les crises. Ils les espacent, les font disparaître. Leur prescription est régie par des règles bien précises en fonction des syndromes. Les traitements instaurés sont jugés par la suite selon leur efficacité (diminution, espacement, disparition des crises) et leur tolérance. Ainsi le choix du médicament est fondé sur l’âge, le syndrome, le genre (certaines molécules ne pourront pas être proposées à des femmes sans contraception efficace ou en désir d’avoir un enfant), le poids (certaines molécules sont susceptibles d’induire une prise de poids) ou encore l’état psychologique du patient.

Dans certains cas, des résistances aux traitements sont constatées. Si la région atteinte n’est pas vitale, des solutions chirurgicales peuvent être proposées.

De nouvelles recherches basées sur des enregistrements d’EEG (électro-encéphalogrammes) aident à mieux comprendre la maladie dans toutes ses facettes et tendent à proposer de nouvelles thérapies. Une des voies de recherche de l’ICM (Institut du Cerveau et de la Moelle) est basée sur une détection très précoce de la crise pour tenter de la désamorcer en interférant avec son développement via des méthodes non invasives comme des stimuli visuels.

Les 100 ans de la Ligue contre le cancer

Le dimanche 4 février est la journée mondiale de lutte contre le cancer. Cette année marque le centenaire de la fondation de la Ligue contre le Cancer. L’association soutient financièrement de nombreux pôles dans la recherche en oncologie notamment la recherche fondamentale, clinique, épidémiologique et les sciences humaines et sociales. La Ligue contre le Cancer s’engage également dans la sensibilisation et continue d’informer et communiquer sur les bienfaits d’une hygiène de vie adaptée, sur les facteurs de risque et l’importance de programmes de dépistage organisés.

Le cancer est une maladie caractérisée par la prolifération incontrôlée de cellules de l’organisme. L’ensemble des cellules est soumis à un contrôle et une régulation de leur réplication. Dans le cas où une cellule est mal répliquée, ce système peut la détruire. Le développement d’un cancer résulte de l’échappement d’une lignée cellulaire à ce mécanisme de contrôle. Le système immunitaire ne les reconnaît pas comme pathogènes.

Un cancer sera diagnostiqué chez un homme sur deux et une femme sur trois avec 60% de chance de guérison en moyenne. Les quatre principaux cancers sont : celui de la prostate (71 000 cas par an), le sein (53 000 cas par an), le colon-rectum et le poumon. Parmi ces cancers, celui de la prostate et du sein ont des taux de survie parmi les meilleurs avec respectivement 80% et 85% de survie après 5 ans. Pour certains types de cancer, des facteurs de risque ont été prouvés par des études épidémiologiques en montrant des associations cohérentes avec peu de contradictions. Ainsi, pour le cancer de la prostate, le risque augmente avec l’âge, les antécédents familiaux et l’origine ethnique. Pour le cancer du sein, le risque augmente avec la présence de gènes prédisposant à son développement transmis par les ascendants mais aussi avec des facteurs hormonaux (hyperoestrogénie, nombre de cycles menstruels, puberté précoce, ménopause tardive, absence de grossesse et d’allaitement). Le surpoids, le tabagisme et la consommation d’alcool constituent des facteurs de risque au développement de cancers du sein et du colon-rectum.

De nombreux traitements sont aujourd’hui proposés et mis en place pour traiter les patients atteints de cancer. Les plus connus par le grand public sont la chimiothérapie, la radiothérapie et le traitement chirurgical et hormonal. De nouvelles thérapies viennent enrichir cet arsenal avec notamment l’essor de l’immunothérapie pleine de promesses mais dont le coût suscite parfois des débats.

Le principe de cette thérapie est d’utiliser les propres défenses de l’organisme pour repérer et éradiquer les cellules cancéreuses. L’immunothérapie se base sur plusieurs méthodes et utilise plusieurs biais pour cela. D’une part, l’immunothérapie locale permet de traiter des cancers de la vessie en stimulant l’immunité locale par des injections vésicales de BCG (bacille de Calmette et Guérin, agent tuberculosique). D’autre part, l’immunothérapie par voie générale va consister à stimuler globalement le système immunitaire. En effet, lors de l’intrusion d’un agent pathogène dans l’organisme, une myriade de puissantes réactions se mettent en place et notamment la libération d’anticorps et de cytokines. Parmi ces dernières, figurent l’interféron et l’interleukine 2 qui jouent un rôle dans les voies de signalisation de l’inflammation et sont dotées de propriétés cytotoxiques.

L’utilisation d’anticorps monoclonaux vise à reconnaître spécifiquement les cellules tumorales. Dans le cas d’un certain type de cancer du sein, les cellules tumorales expriment un récepteur spécifique (HER-2) en surnombre. Cette surpopulation de récepteurs entraîne alors une production accrue de protéines qui accroissent encore la multiplication incontrôlée des cellules cancéreuses. Pour le moment, ces thérapies sont proposées en cas de résistance aux chimiothérapies.

Ainsi, les recherches s’orientent vers des vaccins thérapeutiques qui permettraient de guider le système immunitaire vers les cellules cancéreuses. Le but étant d’éduquer les propres défenses de l’organisme pour qu’elles reconnaissent les cellules malignes et de les stimuler afin que la réponse obtenue soit suffisamment forte pour éradiquer le cancer.

Source : Ligue contre le cancer

Journée Mondiale de la lèpre

Les 26, 27 et 29 janvier, près de 15 000 bénévoles organisent une quête afin de collecter des fonds indispensables aux actions de dépistage, soins, recherches et réinsertion des malades.

Aujourd’hui a lieu la 65ème journée Mondiale des Lépreux et comme tous les ans, la Fondation Raoul Follereau sollicite et sensibilise les français à cette cause.

La lèpre est une maladie chronique issue d’une infection par une bactérie, Mycobacterium leprae. Depuis l’Antiquité, la lèpre a marqué les civilisations et signé l’exclusion des personnes atteintes. La lèpre reste encore aujourd’hui présente dans 14 pays d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique latine et principalement en Inde, au Brésil et en Indonésie qui concentrent le plus de cas. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) décompte 2,8 millions de lépreux dans le monde.

La problématique majeure de cette infection est le temps d’incubation qui peut atteindre 5 ans. Entre le moment où la personne est infectée par la bactérie et les premiers signes cliniques, il peut s’écouler 20 ans. Durant ce temps, la personne porteuse peut à son tour container son entourage et contribue ainsi à la prolifération de la bactérie. La transmission de la bactérie se fait cependant par des contacts étroits et à cause de fines gouttelettes d’origine nasale.

Une fois déclaré, le bacille de Hansen (autre nom donné à la bactérie après sa découverte en Norvège en 1873) atteint préférentiellement la peau, les muqueuses, le système nerveux périphérique et les yeux. De la vulnérabilité des défenses immunitaires dépendront les formes cliniques différentes et variées.

Ces 20 dernières années, plus de 12 millions de lépreux ont été guéris et la lèpre n’est plus un problème de santé publique. Néanmoins, la route est encore longue jusqu’à son éradication.

Crispr-cas9 : Les ciseaux à ADN font aujourd’hui débat en France

Le 18 janvier dernier, les états généraux de la bioéthique se sont ouverts en France. Jusqu’au 7 juillet prochain, près d’une soixantaine de débats sont organisés pour faire le point sur l’évolution de la science médicale et son avenir dans notre société.

Le sujet star qui occupe les discussions du moment est la révolution génétique appelée Crispr-cas9.

Retour sur cette technique révolutionnaire de modification du génome.

Il y a 30 ans, un laboratoire japonais de l’université d’Osaka découvre une séquence ADN répétitive dans le génome d’une bactérie. Dans certaines parties de ces séquences, les quatre bases nucléiques qui composent l’ADN [Adénine (A), Thymine (T), Cytosine (C) et Guanine (G)], forment une séquence suivie par sa réplique exacte mais dans le sens contraire. Cette suite peut donc se lire également  dans les deux sens et forme un palindrome (comme le mot KAYAK par exemple). Ces séquences sont alors appelées CRISPR pour Clustered Regularly Interspaced Palindromic Repeats.

Dans les années qui suivent, d’autres travaux mettent en évidence une origine virale dans la séquence repérée chez certaines bactéries utilisées en agroalimentaire. Ces bactéries ont une meilleure capacité à résister à une infection virale quand l’ADN virale est incorporé dans ces séquences.

Pour décrypter ce mécanisme, un duo de chercheurs, Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier, va se révéler. Elles découvrent alors que la séquence d’ADN est transcrite en ARN et se lie à une enzyme appelée Cas-9. Grâce à cet outil, si un virus pénètre la bactérie, il va être ciblé par l’ARN complémentaire et l’enzyme Cas-9 avec lequel il est arrimé va découper les 2 brins d’ADN viraux détruisant alors l’agent pathogène.

La poursuite de ces recherches et découvertes va alors résonner comme une évidence : concevoir en laboratoire une séquence cible de l’ADN, l’arrimer à une Cas-9 et observer la découpe du tronçon génomique ciblé.

Après la publication de leurs premiers travaux dans la revue Sciences, les laboratoires du monde entier testent la technique et les potentiels sont presque illimités. Il est désormais possible de remplacer un gène défaillant mais également de stimuler ou au contraire d’inhiber son expression.

De très nombreux domaines d’application s’ouvrent alors avec le traitement de maladies génétiques. Des études sont déjà parues portant sur la correction d’une maladie génétique du foie la « tyrosinémie » ou encore la myopathie de Duchenne (dégénérescence musculaire due à une mutation génétique et empêchant a contraction des fibres musculaires).

Toutefois la puissance de ce « couteau suisse génétique » pose de nouvelles questions sur les applications qui peuvent être entreprises sur les embryons. Des chercheurs ont déjà modifié l’ADN pour produire des vaches sans corne et un « biohacker » a utilisé crispr-cas9 pour modifier ses gènes et augmenter la taille de ses biceps.

Mais relativisons, la recherche sur cette technique n’en est encore qu’à ses balbutiements et des limites existent déjà (mutations collatérales, mauvaises transmissions des mutations, échappement…). Le « meilleur des mondes » d’Aldous Huxley est encore bien loin.

CancerSEEK : Les promesses d’une détection de 8 cancers grâce à une prise de sang

L’enjeu est immense et les résultats sont prometteurs : des chercheurs de l’école de médecine de John Hopkins à Baltimore (Maryland, Etats-Unis) ont élaboré une nouvelle technique de détection précoce de huit cancers parmi les plus courants. Cette biopsie liquide (nom de cette technique de diagnostic), a été évaluée sur 1005 personnes atteintes d’un de ces huit cancers (ovaire, fois, estomac, pancréas, œsophage, colorectal, poumon ou sein). Cette technique détecte l’ADN tumoral et les marqueurs sériques circulant.

Les cellules tumorales sont par définition des cellules de notre propre organisme et de ce fait ne sont pas reconnues par notre système immunitaire comme des agents pathogènes. Elles échappent ainsi à tout contrôle. Néanmoins, les cellules cancéreuses ont quelques spécificités. Certaines substances hormonales, enzymatiques ou éléments protéiques sont excrétés par ces cellules et constituent une preuve de leur présence par les taux de ces marqueurs sériques qui peuvent désormais être détectés. De même, les fragments d’ADN peuvent apparaître dans le sang circulant à un taux suffisant pour signer l’empreinte d’un cancer en développement.

Le choix de ces marqueurs sériques et des fragments d’ADN détectés est le résultat de milliers d’analyses sanguines sur des milliers de personnes atteintes d’un cancer.

La promesse d’un tel dépistage est une prise en charge plus précoce de la maladie : bien avant même les premiers signes cliniques qui mettent alors en évidence un cancer à un stade plus avancé. Plus l’avancement de la maladie est important, plus le traitement mis en place sera potentiellement lourd et les chances de guérisons parallèlement moindres.

Deux notions sont particulièrement importantes et encourageantes dans les résultats publiés dans la revue Sciences. D’une part la sensibilité du test qui rend compte du seuil à partir duquel le test détecte la présence de cellules cancéreuses. Elle s’avère être comprise entre 69 et 98% pour 5 types de cancer (ovaire, foie, estomac, œsophage) mais 33% pour le cancer du sein. Cependant plus le cancer est avancé, meilleure est la sensibilité de détection du test. Ainsi, dans le cancer du sein de stade I (primitif), elle est de 43%. Pour ce type de cancer, même si l’approche est prometteuse, cet outil n’est pas encore prêt de remplacer la mammographie.

D’autre part la spécificité du test est de 99%. Cette notion précise le nombre de faux positifs observés. Cela signifie que le test détermine avec une grande précision le tissu d’origine des cellules cancéreuses et oriente directement les praticiens sur la localisation du cancer en développement.

Pour conclure cette large étude menée, les auteurs estiment tout de même l’importance d’investigations sur de plus larges cohortes afin de connaître le réel bénéfice apporté par la biopsie liquide et son utilité clinique.

L’ibuprofène: perturbateur endocrinien ?

Différentes études mettent à jour une diminution de la fertilité des hommes. Lors de précédentes recherches faites par le Professeur Bernard JEGOU et son équipe de l’Institut de recherche en santé environnement de Rennes, un lien avait été établi entre l’exposition pendant la grossesse de paracétamol et aspirine de fœtus mâles et l’apparition majorée de cas de malformations génitales (cryptorchidies).

Dans l’étude parue ce 8 janvier 2018 dans le prestigieux journal scientifique Proceedings of the national academy of sicences (PNAS), le Pr JEGOU et Christèle Desdoits cosignent une étude portant sur les effets d’une exposition à l’ibuprofène chez des hommes adultes.

Cet anti-inflammatoire est disponible sans ordonnance dans toutes les pharmacies en France et largement consommé par des millions de personnes. Il est utilisé pour soulager les douleurs en général notamment les douleurs articulaires et musculaires en particulier chez les sportifs qui le consomment régulièrement en préparation ou lors de récupérations physiques.

Les résultats de l’étude sont stupéfiants : les hommes adultes soumis à une exposition massive d’ibuprofène (1200mg par jour pendant 14 puis 44 jours), développent un hypogonadisme compensé. Il s’agit d’une perturbation de la régulation de sécrétion hormonale. Physiologiquement, l’hormone lutéinisante (LH) produite par la glande pituitaire (au niveau de l’hypophyse dans le cerveau), induit la production et sécrétion de la testostérone par les cellules de Leydig logées dans les testicules. D’ailleurs le ratio testostérone/LH est un marqueur de bon fonctionnement de ces cellules. Si les cellules de Leydig ne remplissent plus leur rôle dans la production et la sécrétion de la testostérone, les taux de LH augmentent, pour compenser ce manque (menant vers l’hypogonadisme compensé). Ce ratio était diminué de 18% après 14 jours d’exposition et de 23% après 44 jours.

Des résultats allant dans le même sens d’une dégradation de la capacité de production hormonale ont été relevés sur les cellules de Sertoli, cellules produisant les spermatozoïdes dans les testicules mais dans une moindre mesure.

En poursuivant ses investigations, l’équipe de recherche a pu mettre en évidence une diminution de l’expression de gènes impliqués dans la production des précurseurs de la testostérone. Moins de testostérone produite menant ainsi à une augmentation induite de la sécrétion de LH etc…

La conclusion de cette étude est sans appel, l’ibuprofène possède une action antiandrogénique le plaçant de facto dans les produits perturbateurs endocriniens. Toutefois, cette étude en appelle d’autres pour répondre à d’autres interrogations notamment sur l’effet de l’aspirine et d’autres composés sur les cellules de Leydig.

Enfin, il convient d’apprécier encore l’ibuprofène pour ce qu’il est et pour ce qu’il apporte dans des problématiques de douleurs rhumatismales par exemple. Mais il est aussi important maintenant bien prendre en compte les risques encourus sur la fertilité masculine lors d’une prise importante et chronique de cette molécule.

Sources :

Kristensen, David Møbjerg et al (2018) Ibuprofen alters human testicular physiology to produce a state of compensated hypogonadism PNAS 2018 : 1715035115v1-201715035.

Kristensen, David Møbjerg et al (2011) Intrauterine exposure to mild analgesics is a risk for development of male reproductive disorders in human and rat. Human Reproduction, Vol.26, No.1 pp. 235 –244, 2011

Aluminium dans les vaccins : A quoi sert-il ?

Le 1er janvier prochain, 11 vaccins deviennent obligatoires en France pour les enfants nés à partir de cette date. De quoi alimenter encore un peu plus les réseaux sociaux et la presse.

Au lendemain d’une décision judiciaire inédite, la confusion est totale. L’Etat a, en effet,  été condamné a versé 190 000€ à une secrétaire médicale tombée malade après une vaccination contre l’hépatite B en 1994.

Les polémiques resurgissent, les antivax (anti-vaccins) se frottent les mains. La présence de sels d’aluminium dans les vaccins refait à nouveau couler beaucoup d’encre.

Les sels d’aluminium incorporés dans les vaccins constituent un adjuvant destiné à permettre à la réponse immunitaire d’avoir lieu. Techniquement une dose infime d’hydroxyde d’aluminium suffit à induire la réaction immunitaire en générant une réaction inflammatoire. Jamais aucune étude n’a démontré quelconque effet délétère sur l’organisme depuis leur utilisation dans les vaccins à partir des années 1920.

L’aluminium est présent dans de nombreux vaccins: parmi les onze qui seront bientôt obligatoires pour les enfants, tous en contiennent, à l’exception du ROR (rougeole-oreillons-rubéole).

Rappelons que l’aluminium est présent de façon naturelle dans certains aliments comme les épinards, certains poissons, les cosmétiques et anti-transpirants.

Il est donc temps que doute et méfiance laissent définitivement place au constat bien plus dramatique de la résurgence de certaines maladies rares que seule une couverture vaccinale la plus large possible réussira à vaincre.

Donnez votre sang pour sauver des vies !

A l’approche des fêtes de fin d’année, les stocks de sang et plaquettes sont fragiles. Un appel aux dons est donc lancé par l’EFS (Etablissement Français du Sang).

Pour maintenir les réserves en produits sanguins à un niveau satisfaisant, les dons de sang doivent être réguliers et constants car la durée de vie des produits sanguins est limitée (5 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges). En fin d’année, la baisse de mobilisation se fait sentir sur les stocks alors que la demande est importante pendant cette période.

L’EFS rappelle en effet que 10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour pour répondre aux besoins des malades.

Les groupes sanguins particulièrement recherchés en cette période sont : O-, O+, A- et B-.

efs
(
Niveau des réserves en produits sanguins, https://dondesang.efs.sante.fr/barometre)

Vous avez entre 18 et 70 ans ? Rendez-vous dans  un des 127 sites fixes ou 40 000 lieux de collectes mobiles pour donner votre sang ou plasma et contribuer à sauver des vies.