« Les antibiotiques, c’est pas automatique ! »

Qui n’a pas entendu cette rengaine ressassée par l’Assurance Maladie depuis 16 ans maintenant ? Ce célèbre slogan scandé par les autorités de Santé depuis 2001 a-t-il porté ses fruits ? Quel enjeu se cache derrière la consommation toujours importante d’antibiotiques dans notre pays ?

Tout adulte qui s’est rendu dans un cabinet médical avec un passif de quelques très mauvaises journées et nuits, puis ressorti avec une ordonnance pour du paracétamol, des solutions pour lavage de nez et quelques spray ou pastilles, a dû se dire que son mal n’allait pas s’améliorer avec si peu. Malgré ses quelques efforts de persuasion, la panacée antibiotique ne lui a pas été prescrite.

Or, les antibiotiques (et il faut le rappeler dès à présent) n’agissent que sur les bactéries et non sur les virus. Quid de cette remarque, les antibiotiques seront donc complétement inefficaces sur une affection virale responsable dans la grande majorité des cas de rhumes, d’otites, de pharyngites, de gastro-entérites…

Au-delà même de justifier de ne pas prescrire d’antibiotique par un fameux « c’est viral. », se trouve un réel enjeu de santé publique ; le mésusage et la surconsommation d’antibiotiques au début des années 2000 a fait réagir les autorités publiques avec le spectre de l’émergence de bactéries résistantes.
Une petite explication s’impose : l’antibiotique s’attaque aux bactéries sans forcément faire de distinguo entre les pathogènes responsables de l’infection et les bactéries colonisant notre flore et vivant en symbiose avec notre organisme. En arrosant toute cette population diverse et par le jeu d’une loterie de génétique, quelques bactéries vont résister à l’antibiotique auquel elles sont soumis et continuer de se multiplier bien à l’abri du destin tragique auquel les destinait le précieux médicament. Ainsi, si cette même super-bactérie et ses filles se propagent, ce même antibiotique sera alors inefficace.

Ce phénomène dit d’antibiorésistance pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde en mettant en péril la capacité à pouvoir soigner des infections y compris les plus courantes. Ainsi chaque année en France, près de 12500 décès sont associés à une infection à bactérie résistante aux antibiotiques. (source ANSM).

La France était en 2015 le 4ème pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe. Malgré une diminution de sa consommation certainement liée à la campagne menée en 2001, celle-ci repart à la hausse depuis 10 ans même si elle reste à un niveau inférieur à celui observé au début des années 2000. Les recommandations appuyées auprès des médecins de prescrire moins d’antibiotiques à spectre large en privilégiant des moyens plus ciblés tendent à donner des résultats en médecine de ville.

A titre plus individuel, la prescription de votre médecin doit vous intimer confiance en son diagnostic. Il va de soi également qu’une prescription d’antibiotique pour vous-même ou votre enfant doit entrainer une parfaite observance de la durée totale et de la dose prescrite.

Toutefois, rappelons-nous qu’un bon rhume dure 7 jours et 7 nuits et qu’un traitement symptomatique, beaucoup de patience et quelques vitamines peuvent suffire.

Chikungunya : deux cas dans le Var

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Un deuxième cas autochtone a été détecté par l’ARS (Agence Régionale de Santé) dans le département du Var. Lundi 14 août, le département est placé en niveau 3 du plan national de lutte contre le moustique tigre.

Qu’est-ce que le chikungunya ?

Le virus du chikungunya est transmis à l’homme par la piqûre du moustique tigre (Aedes albopictus) ou du moustique Aedes aegypti. Ces deux moustiques sont également vecteurs d’autres arbovirus comme le Zika, la fièvre jaune ou encore la dengue.

Les symptômes

En langue Makondée, chikungunya signifie « qui marche courbé en avant ». Elle évoque la posture prise par les malades souffrant de douleurs articulaires aiguës. Douleurs touchant principalement les chevilles, les pieds, les genoux et plus rarement les hanches. Celles-ci sont souvent accompagnées de maux de tête et de douleurs musculaires importantes.

Endémique d’Asie du Sud et d’Afrique, les premiers cas sont recensés en 2005 à l’île de la Réunion et en 2010 dans le Sud de la France.

Quelles sont les mesures prises ?

La municipalité a pris des mesures afin de limiter la propagation des moustiques, notamment par la démoustication des lieux de résidence des personnes atteintes et des lieux qu’elles ont fréquentés. L’objectif étant d’éliminer les gîtes larvaires et les moustiques adultes.

Pour en savoir plus sur le chikungunya, rendez-vous sur le site de l’institut pasteur.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Dépenses de santé toujours en hausse

Avec une hausse de 10,2 milliards en quatre ans pour atteindre environ 134 milliards d’euros, les dépenses santé sont plus que jamais au cœur de l’actualité.

Une étude menée par l’Assurance-maladie depuis 2012 sur 57 millions de bénéficiaires a montré que cette tendance n’est pas prête de s’arrêter.

La principale raison ? Le vieillissement de la population.

Les résultats

  • Prise en charge des hospitalisations ponctuelles

Avec une augmentation de 335 000 hospitalisations ponctuelles sans lien avec une pathologie en quatre ans, cette enquête confirme cette tendance généralisée. Ces hospitalisations représentent à elle seule, 30 milliards d’euros. La prise en charge du diabète est toujours en forte augmentation, avec une hausse prévisionnelle de 12% jusqu’à 2020.

  • Prise en charge des maladies chroniques

Parmi ces 57 millions, 26 millions de personnes ont bénéficié d’une prise en charge pour une pathologie chronique, des traitements médicamenteux sur le long court ou de maternité. Notamment 2,4 millions de personnes et 14 milliards d’euros pour la prise en charge des cancers.

  • Prise en charge des pathologies psychiatriques

La prise en charge des maladies mentales est aussi à souligner, c’est une hausse de +2,3% depuis 2012. Avec un coût s’élevant à 19 milliards d’euros en 2015 et 7 millions de personnes concernées. Avec une hausse prévisionnelle de +11% d’ici 2020.

Alors que l’on attend les nouvelles réformes de santé menées par le gouvernement, la santé est un point sensible de notre économie et surtout de notre bien-être. L’action préventive de dépistage et d’éducation doit être une priorité pour l’avenir.

 

Dr. Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

La tique qui rend végétarien

Sous ce titre un peu amusant se cache un véritable problème qui touche des milliers de personnes aux Etats Unis (côte Est principalement). En effet, il a été découvert que la morsure d’une certaine tique était capable de rendre les gens… allergiques à la viande !

C’est face à une recrudescence des allergies et intolérances à la viande que des chercheurs américains ont commencé à se pencher sur les origines de ce problème. Les études ont donc porté sur des milliers de patients ayant subitement déclaré ce genre d’allergie. Et le résultat fut sans appel : près de 80% des personnes interrogées ont rapporté qu’elles avaient été piquées peu de temps avant par une tique. La coupable serait la tique étoilée, ou Lone Star, endémique de l’Amérique du nord.

La piqûre de cet arachnide entraîne chez la personne une production d’un anticorps dirigé contre un sucre que l’on trouve spécifiquement dans la viande rouge, l’alpha-gal. La viande devient de fait un corps étranger pour votre organisme, et déclenche de violentes réactions allergiques. Cela peut aller d’une violente urticaire à l’œdème de Quincke ou au choc anaphylactique, beaucoup plus graves. Autant dire que vous n’êtes plus prêts de manger du steak.

Cette allergie serait en fait assez spécifique. Elle ne rendrait sensible qu’aux viandes de mammifères non primates, c’est-à-dire les « viandes rouges ». Donc les volailles et poissons devraient rester consommables.

Cela fait beaucoup s’interroger les chercheurs. Pourquoi cette explosion de cas lors de ces dernières années alors que cette tique pique l’homme depuis des siècles ? Combien de fois doit-on être piqué pour développer cette sensibilité ? Est-ce que d’autres tiques sont capables de provoquer cette altération ?

Même si l’on ne sait pas encore tout sur cet étrange syndrome, il est à rajouter aux différentes maladies que la tique est capable de transmettre. Parmi elle la tristement célèbre maladie de Lyme. Il convient donc de faire attention quand vous allez vous promener dans une zone où la présence de tiques est avérée. Evitez donc, si possible, les sous-bois aux branches très basses et les hautes herbes, lieux d’embuscade préférés de l’animal. Couvrez-vous bien la peau, en enveloppant si besoin votre pantalon dans vos chaussettes pour bien le fermer. Enfin, inspectez-vous bien la peau une fois de retour chez vous, surtout les zones de plis et le cuir chevelu. Si vous trouvez une tique, enlevez-la avec un tire-tique (ne surtout pas l’arracher à la pince à épiler!), et bien désinfecter la zone après.

La crème qui fait bronzer

Pour avoir une peau bien hâlée sans profiter du soleil ou d’UV, il y a ce que l’on nomme les « auto-bronzants ». Il s’agit la plupart du temps de crèmes à appliquer directement sur la peau qui viennent colorer la couche supérieure de l’épiderme. Malheureusement, ces dernières ont tendance à s’estomper assez rapidement. Alors oui c’est sans aucun doute nettement moins nocif que le soleil ou les UV, mais ce n’est pas vraiment du bronzage.

Une étude américaine pourrait bien résoudre ce dilemme : publiés en juin, les résultats d’une étude montrent qu’une véritable « crème qui fait bronzer » a été mise au point.

En effet, le « bronzage » définit le processus par lequel est créée la mélanine (le pigment qui colore la peau). Lors d’une exposition au soleil ou dans les cabines de bronzages, ce sont les UV qui stimulent ces cellules. Or des chercheurs viennent de trouver une crème qui serait capable de délivrer directement à ces cellules un principe actif qui leur ferait sécréter de la mélanine ! Et donc basiquement permettre à la peau de bronzer sans UV, avec un résultat qui serait identique à celui d’une exposition normale !

Les effets secondaires en moins.

Car oui, les UV sont très nocifs pour la peau, que ce soit de manière directe en la brulant, à moyen terme en la détériorant (vieillissement accéléré) et à long terme avec les cancers. A ce propos, la peau est l’organe qui est le plus touché par les cancers, et 70% d’entre eux sont liés à une exposition au soleil.

Ces molécules ont pour l’instant été testées sur des échantillons de peau humaine en culture, et sur des souris connues pour être particulièrement sensibles au « bronzage ». Il en est ressorti qu’on pouvait atteindre une coloration très intense, et que la mélanine sécrétée avait des propriétés très intéressantes pour protéger la peau.

Des tests cliniques et des études de toxicité sont encore à mener, mais aussi bien comme produit traitant pour les déficits de pigmentation, que dans la protection contre le soleil, cette « crème bronzante » pourrait avoir de multiples applications et bénéfices.

Les drones au service de la santé

Il y a quelques temps déjà, nous faisions le point quant à l’usage des drones dans le milieu médical.

Dans cet article, nous découvrions le rôle nouveau des drones médicaux : transportant aussi bien des poches de sang, médicaments, échantillons à analyser ou défibrillateurs, ils permettaient alors de traiter à temps des patients habitants dans des lieux isolés.

Une équipe suédoise a donc voulu tester l’efficacité de ces drones chargés de porter les défibrillateurs, avec des résultats pour le moins surprenants.

Pour ce test, ils ont pris comme base d’opération une caserne de pompier au nord de Stockholm. Le drone utilisé était équipé d’un défibrillateur d’environ un demi kilo. De là, ils ont simulé 18 interventions à différents endroits dans un rayon de 3.2 km, dont certaines interventions en milieu urbain. Les performances du drone étaient comparées à celle d’une équipe « classique » d’intervention devant aller au même endroit. Et les résultats ont été sans appel !

Le drone est systématiquement arrivé sans encombre sur le lieu d’intervention, avec une moyenne de 5 minutes et 21 secondes entre l’appel et l’arrivée sur la zone (entre 3 et 8 minutes) contre un temps moyen d’intervention pour les pompiers de … 22 minutes !

Ce gain de temps est absolument crucial, car un arrêt cardiaque hors milieu hospitalier équivaut à une chance de survie inférieure à 1/10.

De nouveaux tests sont bien entendus nécessaires, mais quand le nombre d’arrêts cardiaques hors hôpitaux par an se compte en millions dans le monde, toutes ces minutes gagnées ne pourront être que bénéfiques aux victimes.

Baisse de l’audition et Sonalto

L’ouïe est un des sens premier de l’humain. Il lui sert à interagir autant avec son environnement que socialement avec les gens qui l’entourent. Ce sens a également une symbolique émotionnelle : il permet de prendre plaisir et de faire remonter des souvenirs, que ce soit en écoutant de la musique, un bel environnement, ou parfois même certains sons du quotidien.

Ainsi, quand une personne voit son audition perturbée, c’est souvent très dommageable sur bien des aspects pour elle : ne plus pouvoir suivre une conversation, ne plus pouvoir écouter de la musique, ne plus entendre quand on est appelé… Et cela peut même être dangereux, l’ouïe est un sens d’alerte !

Il y a plusieurs types de baisses de l’audition :

Lorsqu’elles apparaissent à la suite d’un traumatisme, ou de l’absorption d’une substance, la cause est généralement connu mais nous vous conseillons d’aller voir un spécialiste afin de traiter vos symptômes si cela est possible.

Lorsqu’il n’y a pas de causes évidentes, il faut la rechercher. Il faut notamment être vigilant lorsque cette baisse d’audition est accompagnée d’autres symptômes comme des vertiges, des bruits parasites ou des douleurs. Ce sont des critères de gravité qui doivent inciter à contacter un spécialiste de l’audition. Avec lui vous chercherez à savoir la cause, si possible à la réparer, et si besoin, un appareillage auditif spécifique à votre situation vous sera proposé. Et même si ces appareillages peuvent être chers, ils sont souvent les seuls moyens avec le traitement si il y en a un, de retrouver une meilleure audition.

Mais quand votre audition semble baisser sans cause apparente, et que ce n’est pas accompagné de symptômes supplémentaires, que faire ?

sonalto

Vous souffrez sans doute d’une baisse d’audition liée à l’âge, et il n’est pour cela pas forcément nécessaire de passer chez un spécialiste. En effet vous pouvez maintenant trouver en pharmacie l’appareil Sonalto. Il s’agit d’un assistant d’écoute, qui agit en amplifiant le son afin de compenser la baisse de l’audition. Préréglé, il est très simple d’utilisation, avec une seule molette servant à régler le niveau d’amplification.

Si vous décidez de l’adopter, vous pourrez retrouver une audition qui vous permettra de nouveau de profiter comme tout le monde des sons qui vous entourent.


Pour découvrir ce produit, c’est ICI.

 

Des drones pour sauver des vies ?

Tout le monde devrait avoir accès à la santé, aux médicaments, aux vaccins et autres soins, et ce, rapidement. Mais comment donner ces ailes à la santé pour permettre d’accomplir cette mission ? Un peu partout des chercheurs y ont réfléchi, et ont fini par résoudre ce problème en lui donnant… des hélices !

 

Drones les nouveaux anges gardiens de la santé

Apporter le matériel ou l’aide médicale où il faut et quand il le faut est primordial en terme de santé. Et dans des zones géographiquement très éloignées ou dures d’accès cela peut vraiment être un très gros problème. C’est donc avec des drones que la réponse semble avoir été trouvée. Autonomes ou pilotables à distance, permettant de s’affranchir du terrain et pouvant aller facilement à une centaine de kilomètres/heure, ils se révèlent être une alternative avantageuse. Encore de faible capacité (2 kg de charge en moyenne, pour le moment), ils permettent d’ores et déjà d’apporter tous types de produits et petits matériels à peu près n’importe où.

 

Voici trois projets rendus possibles par des drones :

  • Zipline

Sans doute un des projets les plus avancé, Zipline est un drone qui vise à rendre facile et rapide d’accès les régions les plus reculées et difficiles à atteindre. Le Zipline ressemble à un petit avion, il sert à délivrer médicaments, vaccins, et poches de sang à toutes les cliniques et dispensaires isolés, rapidement. Le mode de livraison est assez unique puisqu’il consiste à larguer le colis du drone avec un petit parachute, à l’endroit souhaité.

Le Rwanda a déjà testé cette méthode avec succès et prévoit de couvrir tout son territoire courant août. Les Etats-Unis sont également intéressés par cette technologie afin de pouvoir atteindre facilement des points isolés de leur territoire.

  • Flirtey

Projet américain soutenu par la NASA, Flirtey est un autre de ces drones livreurs de médicaments. En test sur le sol américain, ce drone à six hélices est conçu comme son frère, à la différence, qu’il délivre le colis à l’aide d’un petit treuil. Celui-ci se déroule, dépose le colis au sol, puis rembobine le câble pour rentrer à sa base. Ce projet a reçu son autorisation en 2015 et s’en est suivi un test grandeur nature en juillet 2015 en Virginie.

Des études ont montré que les produits frais et donc fragiles (comme les échantillons de sang) se conservaient très bien par transport par drone, ouvrant la possibilité de transporter ces substances d’un site de prélèvement reculé à un centre d’analyse, sans dégradation. Cela permettrait, là aussi, de rendre accessible la santé et ainsi, de gagner des vies.

  • Ambulance Drone

Conçu pour le milieu urbain, ce drone est fait pour apporter en moins de deux minutes ce qu’il transporte, à savoir, un défibrillateur. Et oui, on le sait, lors d’un arrêt cardiaque, les complications ou la mort surviennent au bout de 5 à 6 minutes, c’est pour cela qu’agir vite est indispensable.

Cet appareil en cours de développement, grâce à sa rapidité d’intervention, pourrait multiplier par 10 les chances de survie à un arrêt cardiaque ! On peut imaginer également, que par la suite, il puisse transporter n’importe quel autre appareil médical nécessaire en grande urgence dans une ville.

 

Les drones pourraient donc être une vraie révolution pour la médecine, spécialement d’urgence, malheureusement il y a encore deux principaux écueils :

  • Le prix : ce sont des technologies qui coûtent très cher.
  • La législation : à l’heure actuelle, la législation sur les droits de survol des drones est très restrictive et n’est pas uniformisée. Savoir où, comment et quel drone peut être employé est donc des fois très compliqué.

La technologie évoluant très vite, il y a tout de même fort à parier que cette méthode se démocratisera très vite.

Culture de mini-cœurs et maladies cardiaques

En Ecosse, des milliers de cœurs humains miniatures ont été créés et cultivés pour la recherche médicale. Concrètement, ce sont des petites boules constituées de cellules cardiaques identiques au muscle cardiaque humain, qui battent en rythme, toutes les deux secondes.

Les chercheurs de l’université Abertay en Ecosse les utilisent pour tester de nouveaux médicaments pour des maladies actuellement incurables. Si leur création n’est pas récente, c’est la première fois que des chercheurs les utilisent pour étudier des maladies cardiaques et leur traitement.

Les sphères de cellules cardiaques ont été réalisées avec des cellules souches et mesurent seulement un millimètre de diamètre ! Interviewé par la BBC, Nikolai Jelev, en charge de l’étude, a expliqué que la taille de ces « mini-coeurs » n’avaient aucune importance : « Ce sont effectivement des cellules humaines qui se comportent physiologiquement de la même manière que le cœur humain. Dans notre cas, la taille n’a aucune importante. »

Les chercheurs ont ensuite inculqué des maladies aux sphères cardiaques pour les étudier, chose qui n’avait encore jamais pu être réalisé. Ils se sont notamment penchés sur l’hypertrophie cardiaque…

L’hypertrophie cardiaque

La cardiomyopathie hypertrophique est une maladie incurable. Le muscle cardiaque devient plus épais et plus rigide. Sa fonction de pompe fonctionne moins bien, rendant plus difficile la circulation du sang dans le corps. Dans les cas extrêmes, l’hypertrophie cardiaque peut même conduire à l’arrêt cardiaque soudain.

Les coeurs permettraient donc aux chercheurs de tester rapidement, en laboratoire, une large gamme de médicaments afin de trouver d’éventuels traitements : « Nous pouvons travailler avec 1000 cœurs humains et tester de grandes quantités de médicaments, ce que vous ne pouvez pas faire avec les animaux. »

A l’heure actuelle, les chercheurs auraient ont déjà trouvé un médicament, actuellement utilisé dans el traitement de certains cancers, qui pourrait aider à prévenir l’hypertrophie cardiaque…

Google Glass : la cybermédecine est en marche !

Un chirurgien français d’un centre hospitalier de Rennes vient de réaliser sa première opération muni de lunettes connectées interactives, les Google Glass. Ainsi, le Docteur Philippe Collin a partagé son expérience en direct avec l’équipe du Professeur Goto, installée derrière un ordinateur à Nagoya au Japon, à près de 10 000 kilomètres du lieu de l’opération.

En temps réel, les deux chirurgiens ont pu communiquer afin que l’équipe japonaise s’instruise sur l’acte réalisé par le chirurgien rennais : une pose de prothèse totale d’épaule. Il s’agit d’une première au niveau européen, et de la première opération connectée à visée pédagogique au monde.

Cela fait plusieurs années que le chirugien Philippe Collin forme l’équipe de Nagoya. Interviewé par Ouest-France, il s’est expliqué : « Nous sommes habitués à travailler avec ce type de prothèses d’épaule mais au Japon, elles viennent juste d’être autorisées. Le chef de service de Nagoya, qui est un ami, m’a demandé s’il pouvait m’observer une dernière fois avant de se lancer. Les Google glass, ce sont mes yeux. Il va voir exactement ce que je vois ».

La vidéo-transmission d’opérations existe depuis plusieurs années mais elle nécessite des aménagements conséquents et n’induit pas d’échanges directes entre équipes médicales, contrairement aux lunettes connectées. Ces dernières sont la promesse d’une belle évolution dans le domaine du numérique mais également pour la médecine. Ce nouvel outil est le présage d’un partage des connaissances et des compétences entre médecins, en faisant fi des frontières. Le chirurgien peut également faire des recherches rapides via le petit écran situé sur le bord supérieur droit des lunettes, lorsque l’opération est en cours. Les Google Glass réagissent à la voix du chirurgien, qui peut ainsi les commander sans avoir à les manipuler.

Dans quelques semaines, l’un des élèves de l’équipe japonaise opèrera à son tour avec les Google Glass, assisté et conseillé en direct par le Docteur Collin…