Journée internationale du cancer de l’enfant

Aujourd’hui, 15 février, une large et inédite étude est lancée par l’Institut Curie à l’occasion de la Journée Internationale du Cancer de L’Enfant.  L’étude baptisée MICCHADO est pilotée par le Dr Gudrun Schleiermacher et vise à mieux comprendre et traiter les cancers pédiatriques. Pendant 6 ans, 600 enfants vont être inclus dans cette étude partout en France. Les équipes de recherches vont joindre leurs efforts pour tenter de corréler les taux de biomarqueurs (comme la présence d’ADN tumoral qui circule dans le sang) avec le niveau d’agressivité de la tumeur.

Par ces recherches, l’objectif est de mieux comprendre et caractériser la résistance aux traitements de certains cancers chez les enfants. Chaque année en France 2 500 enfants, adolescents et jeunes adultes se voient diagnostiquer un cancer. Parmi eux, 1 700 ont moins de 15 ans. En 1950, 5% seulement des enfants guérissaient. Ils sont aujourd’hui 80% mais ce taux stagne depuis quelques années et le cancer reste la première cause de mortalité par maladie chez cette population.

Les phénomènes de résistance aux traitements définissent les cancers à haut risque. Ils mènent vers de fréquentes rechutes.

Notre système immunitaire est conçu pour repérer et tuer les cellules dégénérées. Mais ce principe de contrôle connait parfois des défaillances et des cellules tumorales ont le champ libre pour se développer. Le principe de l’immunothérapie est de trouver au sein de la tumeur des marqueurs spécifiques à ces cellules anormales pour apprendre au système immunitaire à attaquer ces cellules.

Les objectifs de cette étude vont donc bien au-delà d’une meilleure compréhension des cancers à haut risque. Les résultats obtenus pourraient peut-être permettre d’élaborer des thérapies ciblées en établissant le profil moléculaires de ces tumeurs particulières. L’étude de l’ADN de ces tumeurs pourrait révéler des dénominateurs communs et induire une réponse adéquate à ces cancers.

Mais les cellules cancéreuses peuvent muter quand elles subissent de nouvelles altérations génétiques. Elles sont alors non seulement résistantes aux traitements mais peuvent en plus disséminer dans l’organisme. Une nouvelle cartographie moléculaire est alors indispensable. A la place de biopsies tumorales (parfois impossible en fonction de la localisation de la tumeur), l’étude MICCHADO propose le prélèvement d’ADN tumoral circulant. Cette étude presque en temps réel et non invasive va suivre l’évolution de la tumeur, comprendre ses mécanismes d’évolution et trouver des solutions pour les contrer.

Les enfants et jeunes adultes présentent plusieurs types de tumeurs : leucémies, tumeurs du système nerveux central, lymphomes, neuroblastomes, rétinoblastomes, rhabdoïde et des dizaines d’autres tumeurs. Même si ils sont majoritairement curables, de nombreux cancers des adolescents ont ont un moins bon pronostic que ceux des enfants. Ils apparaissent lors de la période de transformations physiques et psychologiques importantes et demandent une prise en charge globale primordiale.

Pour en savoir plus : https://curie.fr/actualite/cancers-de-lenfant/lessai-micchado-en-images

Crispr-cas9 : Les ciseaux à ADN font aujourd’hui débat en France

Le 18 janvier dernier, les états généraux de la bioéthique se sont ouverts en France. Jusqu’au 7 juillet prochain, près d’une soixantaine de débats sont organisés pour faire le point sur l’évolution de la science médicale et son avenir dans notre société.

Le sujet star qui occupe les discussions du moment est la révolution génétique appelée Crispr-cas9.

Retour sur cette technique révolutionnaire de modification du génome.

Il y a 30 ans, un laboratoire japonais de l’université d’Osaka découvre une séquence ADN répétitive dans le génome d’une bactérie. Dans certaines parties de ces séquences, les quatre bases nucléiques qui composent l’ADN [Adénine (A), Thymine (T), Cytosine (C) et Guanine (G)], forment une séquence suivie par sa réplique exacte mais dans le sens contraire. Cette suite peut donc se lire également  dans les deux sens et forme un palindrome (comme le mot KAYAK par exemple). Ces séquences sont alors appelées CRISPR pour Clustered Regularly Interspaced Palindromic Repeats.

Dans les années qui suivent, d’autres travaux mettent en évidence une origine virale dans la séquence repérée chez certaines bactéries utilisées en agroalimentaire. Ces bactéries ont une meilleure capacité à résister à une infection virale quand l’ADN virale est incorporé dans ces séquences.

Pour décrypter ce mécanisme, un duo de chercheurs, Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier, va se révéler. Elles découvrent alors que la séquence d’ADN est transcrite en ARN et se lie à une enzyme appelée Cas-9. Grâce à cet outil, si un virus pénètre la bactérie, il va être ciblé par l’ARN complémentaire et l’enzyme Cas-9 avec lequel il est arrimé va découper les 2 brins d’ADN viraux détruisant alors l’agent pathogène.

La poursuite de ces recherches et découvertes va alors résonner comme une évidence : concevoir en laboratoire une séquence cible de l’ADN, l’arrimer à une Cas-9 et observer la découpe du tronçon génomique ciblé.

Après la publication de leurs premiers travaux dans la revue Sciences, les laboratoires du monde entier testent la technique et les potentiels sont presque illimités. Il est désormais possible de remplacer un gène défaillant mais également de stimuler ou au contraire d’inhiber son expression.

De très nombreux domaines d’application s’ouvrent alors avec le traitement de maladies génétiques. Des études sont déjà parues portant sur la correction d’une maladie génétique du foie la « tyrosinémie » ou encore la myopathie de Duchenne (dégénérescence musculaire due à une mutation génétique et empêchant a contraction des fibres musculaires).

Toutefois la puissance de ce « couteau suisse génétique » pose de nouvelles questions sur les applications qui peuvent être entreprises sur les embryons. Des chercheurs ont déjà modifié l’ADN pour produire des vaches sans corne et un « biohacker » a utilisé crispr-cas9 pour modifier ses gènes et augmenter la taille de ses biceps.

Mais relativisons, la recherche sur cette technique n’en est encore qu’à ses balbutiements et des limites existent déjà (mutations collatérales, mauvaises transmissions des mutations, échappement…). Le « meilleur des mondes » d’Aldous Huxley est encore bien loin.

CancerSEEK : Les promesses d’une détection de 8 cancers grâce à une prise de sang

L’enjeu est immense et les résultats sont prometteurs : des chercheurs de l’école de médecine de John Hopkins à Baltimore (Maryland, Etats-Unis) ont élaboré une nouvelle technique de détection précoce de huit cancers parmi les plus courants. Cette biopsie liquide (nom de cette technique de diagnostic), a été évaluée sur 1005 personnes atteintes d’un de ces huit cancers (ovaire, fois, estomac, pancréas, œsophage, colorectal, poumon ou sein). Cette technique détecte l’ADN tumoral et les marqueurs sériques circulant.

Les cellules tumorales sont par définition des cellules de notre propre organisme et de ce fait ne sont pas reconnues par notre système immunitaire comme des agents pathogènes. Elles échappent ainsi à tout contrôle. Néanmoins, les cellules cancéreuses ont quelques spécificités. Certaines substances hormonales, enzymatiques ou éléments protéiques sont excrétés par ces cellules et constituent une preuve de leur présence par les taux de ces marqueurs sériques qui peuvent désormais être détectés. De même, les fragments d’ADN peuvent apparaître dans le sang circulant à un taux suffisant pour signer l’empreinte d’un cancer en développement.

Le choix de ces marqueurs sériques et des fragments d’ADN détectés est le résultat de milliers d’analyses sanguines sur des milliers de personnes atteintes d’un cancer.

La promesse d’un tel dépistage est une prise en charge plus précoce de la maladie : bien avant même les premiers signes cliniques qui mettent alors en évidence un cancer à un stade plus avancé. Plus l’avancement de la maladie est important, plus le traitement mis en place sera potentiellement lourd et les chances de guérisons parallèlement moindres.

Deux notions sont particulièrement importantes et encourageantes dans les résultats publiés dans la revue Sciences. D’une part la sensibilité du test qui rend compte du seuil à partir duquel le test détecte la présence de cellules cancéreuses. Elle s’avère être comprise entre 69 et 98% pour 5 types de cancer (ovaire, foie, estomac, œsophage) mais 33% pour le cancer du sein. Cependant plus le cancer est avancé, meilleure est la sensibilité de détection du test. Ainsi, dans le cancer du sein de stade I (primitif), elle est de 43%. Pour ce type de cancer, même si l’approche est prometteuse, cet outil n’est pas encore prêt de remplacer la mammographie.

D’autre part la spécificité du test est de 99%. Cette notion précise le nombre de faux positifs observés. Cela signifie que le test détermine avec une grande précision le tissu d’origine des cellules cancéreuses et oriente directement les praticiens sur la localisation du cancer en développement.

Pour conclure cette large étude menée, les auteurs estiment tout de même l’importance d’investigations sur de plus larges cohortes afin de connaître le réel bénéfice apporté par la biopsie liquide et son utilité clinique.

L’ibuprofène: perturbateur endocrinien ?

Différentes études mettent à jour une diminution de la fertilité des hommes. Lors de précédentes recherches faites par le Professeur Bernard JEGOU et son équipe de l’Institut de recherche en santé environnement de Rennes, un lien avait été établi entre l’exposition pendant la grossesse de paracétamol et aspirine de fœtus mâles et l’apparition majorée de cas de malformations génitales (cryptorchidies).

Dans l’étude parue ce 8 janvier 2018 dans le prestigieux journal scientifique Proceedings of the national academy of sicences (PNAS), le Pr JEGOU et Christèle Desdoits cosignent une étude portant sur les effets d’une exposition à l’ibuprofène chez des hommes adultes.

Cet anti-inflammatoire est disponible sans ordonnance dans toutes les pharmacies en France et largement consommé par des millions de personnes. Il est utilisé pour soulager les douleurs en général notamment les douleurs articulaires et musculaires en particulier chez les sportifs qui le consomment régulièrement en préparation ou lors de récupérations physiques.

Les résultats de l’étude sont stupéfiants : les hommes adultes soumis à une exposition massive d’ibuprofène (1200mg par jour pendant 14 puis 44 jours), développent un hypogonadisme compensé. Il s’agit d’une perturbation de la régulation de sécrétion hormonale. Physiologiquement, l’hormone lutéinisante (LH) produite par la glande pituitaire (au niveau de l’hypophyse dans le cerveau), induit la production et sécrétion de la testostérone par les cellules de Leydig logées dans les testicules. D’ailleurs le ratio testostérone/LH est un marqueur de bon fonctionnement de ces cellules. Si les cellules de Leydig ne remplissent plus leur rôle dans la production et la sécrétion de la testostérone, les taux de LH augmentent, pour compenser ce manque (menant vers l’hypogonadisme compensé). Ce ratio était diminué de 18% après 14 jours d’exposition et de 23% après 44 jours.

Des résultats allant dans le même sens d’une dégradation de la capacité de production hormonale ont été relevés sur les cellules de Sertoli, cellules produisant les spermatozoïdes dans les testicules mais dans une moindre mesure.

En poursuivant ses investigations, l’équipe de recherche a pu mettre en évidence une diminution de l’expression de gènes impliqués dans la production des précurseurs de la testostérone. Moins de testostérone produite menant ainsi à une augmentation induite de la sécrétion de LH etc…

La conclusion de cette étude est sans appel, l’ibuprofène possède une action antiandrogénique le plaçant de facto dans les produits perturbateurs endocriniens. Toutefois, cette étude en appelle d’autres pour répondre à d’autres interrogations notamment sur l’effet de l’aspirine et d’autres composés sur les cellules de Leydig.

Enfin, il convient d’apprécier encore l’ibuprofène pour ce qu’il est et pour ce qu’il apporte dans des problématiques de douleurs rhumatismales par exemple. Mais il est aussi important maintenant bien prendre en compte les risques encourus sur la fertilité masculine lors d’une prise importante et chronique de cette molécule.

Sources :

Kristensen, David Møbjerg et al (2018) Ibuprofen alters human testicular physiology to produce a state of compensated hypogonadism PNAS 2018 : 1715035115v1-201715035.

Kristensen, David Møbjerg et al (2011) Intrauterine exposure to mild analgesics is a risk for development of male reproductive disorders in human and rat. Human Reproduction, Vol.26, No.1 pp. 235 –244, 2011

THYROFIX : NOUVEAU MEDICAMENT DANS LE TRAITEMENT DE L’HYPOTHYROÏDIE

Depuis début décembre, un nouveau médicament a fait son apparition dans l’arsenal thérapeutique pour le traitement des patients atteints de troubles de la thyroïde.

Le Thyrofix est un générique du Levothyrox. Il vient compléter les produits récemment mis sur le marché et enrichir l’offre thérapeutique en marge des problèmes liés au changement de formule du Levothyrox.
A ce jour, cinq spécialités sont disponibles :
• Levothyrox (Merck) nouvelle formule
• L-Thyroxin Henning (Sanofi) en provenance d’Allemagne et disponible depuis mi-octobre 2017
• Thyrofix (Unipharma) : Générique du Levothyrox avec une bioéquivalence établie vis-à-vis d’Euthyrox.
• L-Thyroxine (Serb ; solution buvable) : destiné en priorité aux enfants de moins de 8 ans et adultes ayant des problèmes de déglutition.
• Euthyrox (Merck) : en provenance d’Allemagne. Équivalent de l’ancienne formule du Levothyrox et mis à disposition pour une durée limitée.
L’Euthyrox va être réapprovisionné dans les pharmacies mi-décembre 2017 pour les patients ayant bénéficié d’une première prescription depuis mi-octobre et qui n’ont pas encore été réorientés vers les autres spécialités désormais disponibles et de façon plus pérenne. Le but étant de maintenir une continuité dans le traitement.
Pour les patients traités par une autre spécialité, bien équilibrés et ne présentant pas d’effets indésirables, aucun argument n’est en faveur d’un changement de traitement.
Si un changement de traitement doit intervenir, le maintien de l’équilibre thérapeutique doit être confirmé par le dosage biologique de la TSH dans les 6 à 8 semaines qui suivent en plus du suivi clinique.

En début d’année prochaine l’ANSM se prononcera sur la mise sur le marché d’un autre médicament des Laboratoires Genevrier, celui-ci sous forme de capsule molle.
Il est indispensable de rappeler qu’en aucun cas un traitement par hormones thyroïdiennes ne doit être arrêté ou modifié sans un avis médical.
Si des effets indésirables surviennent, en avertir le médecin qui adaptera, si besoin, le traitement avec les alternatives thérapeutiques disponibles aujourd’hui.
Un numéro vert est à disposition des patients : 0800 97 16 53 (accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h)
http://ansm.sante.fr/content/download/110673/1402143/version/4/file/Levothyroxine-Ansm-document-patient20171206.pdf

« Les antibiotiques, c’est pas automatique ! »

Qui n’a pas entendu cette rengaine ressassée par l’Assurance Maladie depuis 16 ans maintenant ? Ce célèbre slogan scandé par les autorités de Santé depuis 2001 a-t-il porté ses fruits ? Quel enjeu se cache derrière la consommation toujours importante d’antibiotiques dans notre pays ?

Tout adulte qui s’est rendu dans un cabinet médical avec un passif de quelques très mauvaises journées et nuits, puis ressorti avec une ordonnance pour du paracétamol, des solutions pour lavage de nez et quelques spray ou pastilles, a dû se dire que son mal n’allait pas s’améliorer avec si peu. Malgré ses quelques efforts de persuasion, la panacée antibiotique ne lui a pas été prescrite.

Or, les antibiotiques (et il faut le rappeler dès à présent) n’agissent que sur les bactéries et non sur les virus. Quid de cette remarque, les antibiotiques seront donc complétement inefficaces sur une affection virale responsable dans la grande majorité des cas de rhumes, d’otites, de pharyngites, de gastro-entérites…

Au-delà même de justifier de ne pas prescrire d’antibiotique par un fameux « c’est viral. », se trouve un réel enjeu de santé publique ; le mésusage et la surconsommation d’antibiotiques au début des années 2000 a fait réagir les autorités publiques avec le spectre de l’émergence de bactéries résistantes.
Une petite explication s’impose : l’antibiotique s’attaque aux bactéries sans forcément faire de distinguo entre les pathogènes responsables de l’infection et les bactéries colonisant notre flore et vivant en symbiose avec notre organisme. En arrosant toute cette population diverse et par le jeu d’une loterie de génétique, quelques bactéries vont résister à l’antibiotique auquel elles sont soumis et continuer de se multiplier bien à l’abri du destin tragique auquel les destinait le précieux médicament. Ainsi, si cette même super-bactérie et ses filles se propagent, ce même antibiotique sera alors inefficace.

Ce phénomène dit d’antibiorésistance pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde en mettant en péril la capacité à pouvoir soigner des infections y compris les plus courantes. Ainsi chaque année en France, près de 12500 décès sont associés à une infection à bactérie résistante aux antibiotiques. (source ANSM).

La France était en 2015 le 4ème pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe. Malgré une diminution de sa consommation certainement liée à la campagne menée en 2001, celle-ci repart à la hausse depuis 10 ans même si elle reste à un niveau inférieur à celui observé au début des années 2000. Les recommandations appuyées auprès des médecins de prescrire moins d’antibiotiques à spectre large en privilégiant des moyens plus ciblés tendent à donner des résultats en médecine de ville.

A titre plus individuel, la prescription de votre médecin doit vous intimer confiance en son diagnostic. Il va de soi également qu’une prescription d’antibiotique pour vous-même ou votre enfant doit entrainer une parfaite observance de la durée totale et de la dose prescrite.

Toutefois, rappelons-nous qu’un bon rhume dure 7 jours et 7 nuits et qu’un traitement symptomatique, beaucoup de patience et quelques vitamines peuvent suffire.

Chikungunya : deux cas dans le Var

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Un deuxième cas autochtone a été détecté par l’ARS (Agence Régionale de Santé) dans le département du Var. Lundi 14 août, le département est placé en niveau 3 du plan national de lutte contre le moustique tigre.

Qu’est-ce que le chikungunya ?

Le virus du chikungunya est transmis à l’homme par la piqûre du moustique tigre (Aedes albopictus) ou du moustique Aedes aegypti. Ces deux moustiques sont également vecteurs d’autres arbovirus comme le Zika, la fièvre jaune ou encore la dengue.

Les symptômes

En langue Makondée, chikungunya signifie « qui marche courbé en avant ». Elle évoque la posture prise par les malades souffrant de douleurs articulaires aiguës. Douleurs touchant principalement les chevilles, les pieds, les genoux et plus rarement les hanches. Celles-ci sont souvent accompagnées de maux de tête et de douleurs musculaires importantes.

Endémique d’Asie du Sud et d’Afrique, les premiers cas sont recensés en 2005 à l’île de la Réunion et en 2010 dans le Sud de la France.

Quelles sont les mesures prises ?

La municipalité a pris des mesures afin de limiter la propagation des moustiques, notamment par la démoustication des lieux de résidence des personnes atteintes et des lieux qu’elles ont fréquentés. L’objectif étant d’éliminer les gîtes larvaires et les moustiques adultes.

Pour en savoir plus sur le chikungunya, rendez-vous sur le site de l’institut pasteur.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Dépenses de santé toujours en hausse

Avec une hausse de 10,2 milliards en quatre ans pour atteindre environ 134 milliards d’euros, les dépenses santé sont plus que jamais au cœur de l’actualité.

Une étude menée par l’Assurance-maladie depuis 2012 sur 57 millions de bénéficiaires a montré que cette tendance n’est pas prête de s’arrêter.

La principale raison ? Le vieillissement de la population.

Les résultats

  • Prise en charge des hospitalisations ponctuelles

Avec une augmentation de 335 000 hospitalisations ponctuelles sans lien avec une pathologie en quatre ans, cette enquête confirme cette tendance généralisée. Ces hospitalisations représentent à elle seule, 30 milliards d’euros. La prise en charge du diabète est toujours en forte augmentation, avec une hausse prévisionnelle de 12% jusqu’à 2020.

  • Prise en charge des maladies chroniques

Parmi ces 57 millions, 26 millions de personnes ont bénéficié d’une prise en charge pour une pathologie chronique, des traitements médicamenteux sur le long court ou de maternité. Notamment 2,4 millions de personnes et 14 milliards d’euros pour la prise en charge des cancers.

  • Prise en charge des pathologies psychiatriques

La prise en charge des maladies mentales est aussi à souligner, c’est une hausse de +2,3% depuis 2012. Avec un coût s’élevant à 19 milliards d’euros en 2015 et 7 millions de personnes concernées. Avec une hausse prévisionnelle de +11% d’ici 2020.

Alors que l’on attend les nouvelles réformes de santé menées par le gouvernement, la santé est un point sensible de notre économie et surtout de notre bien-être. L’action préventive de dépistage et d’éducation doit être une priorité pour l’avenir.

 

Dr. Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

La tique qui rend végétarien

Sous ce titre un peu amusant se cache un véritable problème qui touche des milliers de personnes aux Etats Unis (côte Est principalement). En effet, il a été découvert que la morsure d’une certaine tique était capable de rendre les gens… allergiques à la viande !

C’est face à une recrudescence des allergies et intolérances à la viande que des chercheurs américains ont commencé à se pencher sur les origines de ce problème. Les études ont donc porté sur des milliers de patients ayant subitement déclaré ce genre d’allergie. Et le résultat fut sans appel : près de 80% des personnes interrogées ont rapporté qu’elles avaient été piquées peu de temps avant par une tique. La coupable serait la tique étoilée, ou Lone Star, endémique de l’Amérique du nord.

La piqûre de cet arachnide entraîne chez la personne une production d’un anticorps dirigé contre un sucre que l’on trouve spécifiquement dans la viande rouge, l’alpha-gal. La viande devient de fait un corps étranger pour votre organisme, et déclenche de violentes réactions allergiques. Cela peut aller d’une violente urticaire à l’œdème de Quincke ou au choc anaphylactique, beaucoup plus graves. Autant dire que vous n’êtes plus prêts de manger du steak.

Cette allergie serait en fait assez spécifique. Elle ne rendrait sensible qu’aux viandes de mammifères non primates, c’est-à-dire les « viandes rouges ». Donc les volailles et poissons devraient rester consommables.

Cela fait beaucoup s’interroger les chercheurs. Pourquoi cette explosion de cas lors de ces dernières années alors que cette tique pique l’homme depuis des siècles ? Combien de fois doit-on être piqué pour développer cette sensibilité ? Est-ce que d’autres tiques sont capables de provoquer cette altération ?

Même si l’on ne sait pas encore tout sur cet étrange syndrome, il est à rajouter aux différentes maladies que la tique est capable de transmettre. Parmi elle la tristement célèbre maladie de Lyme. Il convient donc de faire attention quand vous allez vous promener dans une zone où la présence de tiques est avérée. Evitez donc, si possible, les sous-bois aux branches très basses et les hautes herbes, lieux d’embuscade préférés de l’animal. Couvrez-vous bien la peau, en enveloppant si besoin votre pantalon dans vos chaussettes pour bien le fermer. Enfin, inspectez-vous bien la peau une fois de retour chez vous, surtout les zones de plis et le cuir chevelu. Si vous trouvez une tique, enlevez-la avec un tire-tique (ne surtout pas l’arracher à la pince à épiler!), et bien désinfecter la zone après.

La crème qui fait bronzer

Pour avoir une peau bien hâlée sans profiter du soleil ou d’UV, il y a ce que l’on nomme les « auto-bronzants ». Il s’agit la plupart du temps de crèmes à appliquer directement sur la peau qui viennent colorer la couche supérieure de l’épiderme. Malheureusement, ces dernières ont tendance à s’estomper assez rapidement. Alors oui c’est sans aucun doute nettement moins nocif que le soleil ou les UV, mais ce n’est pas vraiment du bronzage.

Une étude américaine pourrait bien résoudre ce dilemme : publiés en juin, les résultats d’une étude montrent qu’une véritable « crème qui fait bronzer » a été mise au point.

En effet, le « bronzage » définit le processus par lequel est créée la mélanine (le pigment qui colore la peau). Lors d’une exposition au soleil ou dans les cabines de bronzages, ce sont les UV qui stimulent ces cellules. Or des chercheurs viennent de trouver une crème qui serait capable de délivrer directement à ces cellules un principe actif qui leur ferait sécréter de la mélanine ! Et donc basiquement permettre à la peau de bronzer sans UV, avec un résultat qui serait identique à celui d’une exposition normale !

Les effets secondaires en moins.

Car oui, les UV sont très nocifs pour la peau, que ce soit de manière directe en la brulant, à moyen terme en la détériorant (vieillissement accéléré) et à long terme avec les cancers. A ce propos, la peau est l’organe qui est le plus touché par les cancers, et 70% d’entre eux sont liés à une exposition au soleil.

Ces molécules ont pour l’instant été testées sur des échantillons de peau humaine en culture, et sur des souris connues pour être particulièrement sensibles au « bronzage ». Il en est ressorti qu’on pouvait atteindre une coloration très intense, et que la mélanine sécrétée avait des propriétés très intéressantes pour protéger la peau.

Des tests cliniques et des études de toxicité sont encore à mener, mais aussi bien comme produit traitant pour les déficits de pigmentation, que dans la protection contre le soleil, cette « crème bronzante » pourrait avoir de multiples applications et bénéfices.