Journée internationale du cancer de l’enfant

Aujourd’hui, 15 février, une large et inédite étude est lancée par l’Institut Curie à l’occasion de la Journée Internationale du Cancer de L’Enfant.  L’étude baptisée MICCHADO est pilotée par le Dr Gudrun Schleiermacher et vise à mieux comprendre et traiter les cancers pédiatriques. Pendant 6 ans, 600 enfants vont être inclus dans cette étude partout en France. Les équipes de recherches vont joindre leurs efforts pour tenter de corréler les taux de biomarqueurs (comme la présence d’ADN tumoral qui circule dans le sang) avec le niveau d’agressivité de la tumeur.

Par ces recherches, l’objectif est de mieux comprendre et caractériser la résistance aux traitements de certains cancers chez les enfants. Chaque année en France 2 500 enfants, adolescents et jeunes adultes se voient diagnostiquer un cancer. Parmi eux, 1 700 ont moins de 15 ans. En 1950, 5% seulement des enfants guérissaient. Ils sont aujourd’hui 80% mais ce taux stagne depuis quelques années et le cancer reste la première cause de mortalité par maladie chez cette population.

Les phénomènes de résistance aux traitements définissent les cancers à haut risque. Ils mènent vers de fréquentes rechutes.

Notre système immunitaire est conçu pour repérer et tuer les cellules dégénérées. Mais ce principe de contrôle connait parfois des défaillances et des cellules tumorales ont le champ libre pour se développer. Le principe de l’immunothérapie est de trouver au sein de la tumeur des marqueurs spécifiques à ces cellules anormales pour apprendre au système immunitaire à attaquer ces cellules.

Les objectifs de cette étude vont donc bien au-delà d’une meilleure compréhension des cancers à haut risque. Les résultats obtenus pourraient peut-être permettre d’élaborer des thérapies ciblées en établissant le profil moléculaires de ces tumeurs particulières. L’étude de l’ADN de ces tumeurs pourrait révéler des dénominateurs communs et induire une réponse adéquate à ces cancers.

Mais les cellules cancéreuses peuvent muter quand elles subissent de nouvelles altérations génétiques. Elles sont alors non seulement résistantes aux traitements mais peuvent en plus disséminer dans l’organisme. Une nouvelle cartographie moléculaire est alors indispensable. A la place de biopsies tumorales (parfois impossible en fonction de la localisation de la tumeur), l’étude MICCHADO propose le prélèvement d’ADN tumoral circulant. Cette étude presque en temps réel et non invasive va suivre l’évolution de la tumeur, comprendre ses mécanismes d’évolution et trouver des solutions pour les contrer.

Les enfants et jeunes adultes présentent plusieurs types de tumeurs : leucémies, tumeurs du système nerveux central, lymphomes, neuroblastomes, rétinoblastomes, rhabdoïde et des dizaines d’autres tumeurs. Même si ils sont majoritairement curables, de nombreux cancers des adolescents ont ont un moins bon pronostic que ceux des enfants. Ils apparaissent lors de la période de transformations physiques et psychologiques importantes et demandent une prise en charge globale primordiale.

Pour en savoir plus : https://curie.fr/actualite/cancers-de-lenfant/lessai-micchado-en-images

Le psoriasis : Parlons-en

Le psoriasis est une maladie inflammatoire de la peau. Le système immunitaire s’emballe et engendre un renouvellent accéléré des cellules de la peau, les kératinocytes.

Les personnes atteintes naissent avec la maladie. Le psoriasis est en effet une maladie génétique non contagieuse donc. Mais les symptômes surviennent à la faveur d’un évènement physique ou psychologique important. Dans certains cas plus rare, la prise d’un médicament pourra favoriser l’expression de la maladie (bétabloquants, lithium ou certains antihypertenseurs).

Au lieu de se renouveler en 28 jours, les kératinocytes se renouvellent en 3 jours. Ce renouvellement accéléré de l’épiderme s’accompagne d’une anomalie des cellules qui n’ont pas le temps de bien finaliser leur maturation normale. Le psoriasis va ainsi engendrer des plaques au niveau du cuir chevelu, de la peau, des coudes, des ongles…

Le psoriasis a un impact très important pour les gens qui en souffrent et peut constituer un réel handicap avec lequel il est difficile de vivre.

Si l’alcool et le tabac ne sont pas en tant que tels des facteurs qui favorisent le psoriasis, ils apparaissent tout de même comme des facteurs aggravant la maladie et la réponse aux traitements.

Après le diagnostic, un suivi psychologique est requis et proposé. Avec l’acceptation de la maladie, l’obtention d’un traitement efficace peut lui aussi prendre du temps. Le dermatologue va identifier avec son patient le traitement qui sera le plus en accord avec le malade et l’atteinte psoriasique et le mode de vie. Un traitement efficace chez un patient ne le sera pas forcément pour un autre. Chaque individu peut répondre de manière différente à un traitement particulier. Il existe de nombreux moyens thérapeutiques : soins externes, comprimés, injections, thérapie par les UV…

La prédisposition génétique et l’apparition de la maladie sont des facteurs sur lesquels le malade n’a aucune prise. Pour autant, certaines habitudes et conseils peuvent apporter de réels bienfaits pour diminuer les poussées et réduire les manifestations du psoriasis.

La consommation de tabac et d’alcool est fortement déconseillée. La pratique d’une activité physique régulière et une bonne alimentation, variée et équilibrée sont à observer.

En cas de crise, quand les plaques qui apparaissent démangent, il est important de ne pas se gratter. Pour cela, prendre un bain tiède avec du bicarbonate de soude dissout, masser les zones atteintes avec de la crème hydratante ou encore vaporiser de l’eau thermale fraiche sont autant de petites astuces qui peuvent soulager les démangeaisons.

Dans certains cas de psoriasis sévère et étendu, une atteinte articulaire douloureuse peut survenir. Elle atteint 20% des cas de psoriasis. Celle-ci peut être isolée (monoarthrite), ne concerner que quelques articulations (oligoarthrite) ou au contraire, beaucoup d’articulations (polyarthrite). Les risques de survenue sont plus importants en cas de préexistence de psoriasis au niveau du cuir cheveu et des ongles. Des douleurs dans le bas du dos, dans les épaules, les mains, les pieds aux côtes ou genoux doivent mener à consulter le médecin dermatologue qui orientera peut-être vers un rhumatologue. Les rhumatismes psoriasiques entraînent des douleurs articulaires avec une diminution de la mobilité et élasticité des articulations.

Il est important de parler de la maladie, de ses manifestations, de ses contraintes à son médecin et à son entourage. De nombreuses associations apportent un soutien important aux personnes qui en souffrent et des solutions pour mieux vivre avec le psoriasis.

Pour en savoir plus, nous vous proposons de regarder cette vidéo :

#Epilepsyday

L’épilepsie est une maladie neurologique qui tire son nom du grec « prendre par surprise ». L’épilepsie survient en effet de façon inopinée, sans crier gare et affecte 600 000 personnes en France ce qui en fait la deuxième maladie neurologique après la maladie d’Alzheimer.

Près de 75% des personnes diagnostiquées ont moins de 18 ans. L’épilepsie pourrait se définir par une maladie « électrique ». Imaginez un stroboscope qui s’allume et s’éteint de façon rapide, synchronisé et intense ; c’est exactement ce qui se passe dans certaines régions du cerveau, plus ou moins étendues et pendant un temps relativement court. L’activité neuronale est alors anormale et très intense sous forme de décharges pulsatiles. Selon la zone cérébrale atteinte, les fonctions commandées en temps normal par les neurones qui y siègent sont perturbées et rendues impotentes.

Il y a presque autant d’épilepsies que de gens qui en souffrent tant les manifestations de la maladie sont nombreuses et les formes diverses. La vision la plus commune de la crise d’épilepsie est celle associée au « grand mal » ou crises généralisées dites tonico-clonique. La victime de ces crises est alors inconsciente et prise de convulsion de l’ensemble du corps. D’autres manifestations de l’épilepsie existent comme celles autrefois appelées « petit mal » qui plonge le patient dans une bulle où il ne perçoit plus son environnement et semble absent. Ces crises sont des crises généralisées mais il existe aussi des crises plus partielles, qui n’atteignent qu’une région plus limitée du cerveau mais peuvent évoluer vers la crise généralisée avec l’atteinte du cortex dans sa totalité.

La maladie épileptique se définit surtout par la récurrence des crises au contraire d’une crise épileptique ponctuelle qui peut arriver chez tout un chacun. Une crise peut correspondre parfois à un simple tremblement de la lèvre ou par des troubles beaucoup plus complexes touchant la sphère consciente, par exemple un sentiment soudain d’étrangeté, de déjà vu ou une représentation anormale de la réalité à un moment donné. Chez l’enfant, la crise d’épilepsie pourra par exemple se manifester par une absence, une perte de contact de quelques instants pendant lesquelles les interactions avec l’entourage et l’environnement sont inexistantes.

Une nouvelle classification des épilepsies en syndrome est en cours de révision. Elle est surtout utilisée par les médecins d’une part pour mieux comprendre les causes des épilepsies, d’autre part pour établir un pronostic et utiliser des traitements adaptés à chaque syndrome…

Près d’une trentaine de molécules sont sur le marché pour traiter l’épilepsie. Les médicaments prescrits ne traitent pas la cause mais les crises. Ils les espacent, les font disparaître. Leur prescription est régie par des règles bien précises en fonction des syndromes. Les traitements instaurés sont jugés par la suite selon leur efficacité (diminution, espacement, disparition des crises) et leur tolérance. Ainsi le choix du médicament est fondé sur l’âge, le syndrome, le genre (certaines molécules ne pourront pas être proposées à des femmes sans contraception efficace ou en désir d’avoir un enfant), le poids (certaines molécules sont susceptibles d’induire une prise de poids) ou encore l’état psychologique du patient.

Dans certains cas, des résistances aux traitements sont constatées. Si la région atteinte n’est pas vitale, des solutions chirurgicales peuvent être proposées.

De nouvelles recherches basées sur des enregistrements d’EEG (électro-encéphalogrammes) aident à mieux comprendre la maladie dans toutes ses facettes et tendent à proposer de nouvelles thérapies. Une des voies de recherche de l’ICM (Institut du Cerveau et de la Moelle) est basée sur une détection très précoce de la crise pour tenter de la désamorcer en interférant avec son développement via des méthodes non invasives comme des stimuli visuels.

Les 100 ans de la Ligue contre le cancer

Le dimanche 4 février est la journée mondiale de lutte contre le cancer. Cette année marque le centenaire de la fondation de la Ligue contre le Cancer. L’association soutient financièrement de nombreux pôles dans la recherche en oncologie notamment la recherche fondamentale, clinique, épidémiologique et les sciences humaines et sociales. La Ligue contre le Cancer s’engage également dans la sensibilisation et continue d’informer et communiquer sur les bienfaits d’une hygiène de vie adaptée, sur les facteurs de risque et l’importance de programmes de dépistage organisés.

Le cancer est une maladie caractérisée par la prolifération incontrôlée de cellules de l’organisme. L’ensemble des cellules est soumis à un contrôle et une régulation de leur réplication. Dans le cas où une cellule est mal répliquée, ce système peut la détruire. Le développement d’un cancer résulte de l’échappement d’une lignée cellulaire à ce mécanisme de contrôle. Le système immunitaire ne les reconnaît pas comme pathogènes.

Un cancer sera diagnostiqué chez un homme sur deux et une femme sur trois avec 60% de chance de guérison en moyenne. Les quatre principaux cancers sont : celui de la prostate (71 000 cas par an), le sein (53 000 cas par an), le colon-rectum et le poumon. Parmi ces cancers, celui de la prostate et du sein ont des taux de survie parmi les meilleurs avec respectivement 80% et 85% de survie après 5 ans. Pour certains types de cancer, des facteurs de risque ont été prouvés par des études épidémiologiques en montrant des associations cohérentes avec peu de contradictions. Ainsi, pour le cancer de la prostate, le risque augmente avec l’âge, les antécédents familiaux et l’origine ethnique. Pour le cancer du sein, le risque augmente avec la présence de gènes prédisposant à son développement transmis par les ascendants mais aussi avec des facteurs hormonaux (hyperoestrogénie, nombre de cycles menstruels, puberté précoce, ménopause tardive, absence de grossesse et d’allaitement). Le surpoids, le tabagisme et la consommation d’alcool constituent des facteurs de risque au développement de cancers du sein et du colon-rectum.

De nombreux traitements sont aujourd’hui proposés et mis en place pour traiter les patients atteints de cancer. Les plus connus par le grand public sont la chimiothérapie, la radiothérapie et le traitement chirurgical et hormonal. De nouvelles thérapies viennent enrichir cet arsenal avec notamment l’essor de l’immunothérapie pleine de promesses mais dont le coût suscite parfois des débats.

Le principe de cette thérapie est d’utiliser les propres défenses de l’organisme pour repérer et éradiquer les cellules cancéreuses. L’immunothérapie se base sur plusieurs méthodes et utilise plusieurs biais pour cela. D’une part, l’immunothérapie locale permet de traiter des cancers de la vessie en stimulant l’immunité locale par des injections vésicales de BCG (bacille de Calmette et Guérin, agent tuberculosique). D’autre part, l’immunothérapie par voie générale va consister à stimuler globalement le système immunitaire. En effet, lors de l’intrusion d’un agent pathogène dans l’organisme, une myriade de puissantes réactions se mettent en place et notamment la libération d’anticorps et de cytokines. Parmi ces dernières, figurent l’interféron et l’interleukine 2 qui jouent un rôle dans les voies de signalisation de l’inflammation et sont dotées de propriétés cytotoxiques.

L’utilisation d’anticorps monoclonaux vise à reconnaître spécifiquement les cellules tumorales. Dans le cas d’un certain type de cancer du sein, les cellules tumorales expriment un récepteur spécifique (HER-2) en surnombre. Cette surpopulation de récepteurs entraîne alors une production accrue de protéines qui accroissent encore la multiplication incontrôlée des cellules cancéreuses. Pour le moment, ces thérapies sont proposées en cas de résistance aux chimiothérapies.

Ainsi, les recherches s’orientent vers des vaccins thérapeutiques qui permettraient de guider le système immunitaire vers les cellules cancéreuses. Le but étant d’éduquer les propres défenses de l’organisme pour qu’elles reconnaissent les cellules malignes et de les stimuler afin que la réponse obtenue soit suffisamment forte pour éradiquer le cancer.

Source : Ligue contre le cancer

Journée Mondiale de la lèpre

Les 26, 27 et 29 janvier, près de 15 000 bénévoles organisent une quête afin de collecter des fonds indispensables aux actions de dépistage, soins, recherches et réinsertion des malades.

Aujourd’hui a lieu la 65ème journée Mondiale des Lépreux et comme tous les ans, la Fondation Raoul Follereau sollicite et sensibilise les français à cette cause.

La lèpre est une maladie chronique issue d’une infection par une bactérie, Mycobacterium leprae. Depuis l’Antiquité, la lèpre a marqué les civilisations et signé l’exclusion des personnes atteintes. La lèpre reste encore aujourd’hui présente dans 14 pays d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique latine et principalement en Inde, au Brésil et en Indonésie qui concentrent le plus de cas. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) décompte 2,8 millions de lépreux dans le monde.

La problématique majeure de cette infection est le temps d’incubation qui peut atteindre 5 ans. Entre le moment où la personne est infectée par la bactérie et les premiers signes cliniques, il peut s’écouler 20 ans. Durant ce temps, la personne porteuse peut à son tour container son entourage et contribue ainsi à la prolifération de la bactérie. La transmission de la bactérie se fait cependant par des contacts étroits et à cause de fines gouttelettes d’origine nasale.

Une fois déclaré, le bacille de Hansen (autre nom donné à la bactérie après sa découverte en Norvège en 1873) atteint préférentiellement la peau, les muqueuses, le système nerveux périphérique et les yeux. De la vulnérabilité des défenses immunitaires dépendront les formes cliniques différentes et variées.

Ces 20 dernières années, plus de 12 millions de lépreux ont été guéris et la lèpre n’est plus un problème de santé publique. Néanmoins, la route est encore longue jusqu’à son éradication.

Crispr-cas9 : Les ciseaux à ADN font aujourd’hui débat en France

Le 18 janvier dernier, les états généraux de la bioéthique se sont ouverts en France. Jusqu’au 7 juillet prochain, près d’une soixantaine de débats sont organisés pour faire le point sur l’évolution de la science médicale et son avenir dans notre société.

Le sujet star qui occupe les discussions du moment est la révolution génétique appelée Crispr-cas9.

Retour sur cette technique révolutionnaire de modification du génome.

Il y a 30 ans, un laboratoire japonais de l’université d’Osaka découvre une séquence ADN répétitive dans le génome d’une bactérie. Dans certaines parties de ces séquences, les quatre bases nucléiques qui composent l’ADN [Adénine (A), Thymine (T), Cytosine (C) et Guanine (G)], forment une séquence suivie par sa réplique exacte mais dans le sens contraire. Cette suite peut donc se lire également  dans les deux sens et forme un palindrome (comme le mot KAYAK par exemple). Ces séquences sont alors appelées CRISPR pour Clustered Regularly Interspaced Palindromic Repeats.

Dans les années qui suivent, d’autres travaux mettent en évidence une origine virale dans la séquence repérée chez certaines bactéries utilisées en agroalimentaire. Ces bactéries ont une meilleure capacité à résister à une infection virale quand l’ADN virale est incorporé dans ces séquences.

Pour décrypter ce mécanisme, un duo de chercheurs, Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier, va se révéler. Elles découvrent alors que la séquence d’ADN est transcrite en ARN et se lie à une enzyme appelée Cas-9. Grâce à cet outil, si un virus pénètre la bactérie, il va être ciblé par l’ARN complémentaire et l’enzyme Cas-9 avec lequel il est arrimé va découper les 2 brins d’ADN viraux détruisant alors l’agent pathogène.

La poursuite de ces recherches et découvertes va alors résonner comme une évidence : concevoir en laboratoire une séquence cible de l’ADN, l’arrimer à une Cas-9 et observer la découpe du tronçon génomique ciblé.

Après la publication de leurs premiers travaux dans la revue Sciences, les laboratoires du monde entier testent la technique et les potentiels sont presque illimités. Il est désormais possible de remplacer un gène défaillant mais également de stimuler ou au contraire d’inhiber son expression.

De très nombreux domaines d’application s’ouvrent alors avec le traitement de maladies génétiques. Des études sont déjà parues portant sur la correction d’une maladie génétique du foie la « tyrosinémie » ou encore la myopathie de Duchenne (dégénérescence musculaire due à une mutation génétique et empêchant a contraction des fibres musculaires).

Toutefois la puissance de ce « couteau suisse génétique » pose de nouvelles questions sur les applications qui peuvent être entreprises sur les embryons. Des chercheurs ont déjà modifié l’ADN pour produire des vaches sans corne et un « biohacker » a utilisé crispr-cas9 pour modifier ses gènes et augmenter la taille de ses biceps.

Mais relativisons, la recherche sur cette technique n’en est encore qu’à ses balbutiements et des limites existent déjà (mutations collatérales, mauvaises transmissions des mutations, échappement…). Le « meilleur des mondes » d’Aldous Huxley est encore bien loin.

CancerSEEK : Les promesses d’une détection de 8 cancers grâce à une prise de sang

L’enjeu est immense et les résultats sont prometteurs : des chercheurs de l’école de médecine de John Hopkins à Baltimore (Maryland, Etats-Unis) ont élaboré une nouvelle technique de détection précoce de huit cancers parmi les plus courants. Cette biopsie liquide (nom de cette technique de diagnostic), a été évaluée sur 1005 personnes atteintes d’un de ces huit cancers (ovaire, fois, estomac, pancréas, œsophage, colorectal, poumon ou sein). Cette technique détecte l’ADN tumoral et les marqueurs sériques circulant.

Les cellules tumorales sont par définition des cellules de notre propre organisme et de ce fait ne sont pas reconnues par notre système immunitaire comme des agents pathogènes. Elles échappent ainsi à tout contrôle. Néanmoins, les cellules cancéreuses ont quelques spécificités. Certaines substances hormonales, enzymatiques ou éléments protéiques sont excrétés par ces cellules et constituent une preuve de leur présence par les taux de ces marqueurs sériques qui peuvent désormais être détectés. De même, les fragments d’ADN peuvent apparaître dans le sang circulant à un taux suffisant pour signer l’empreinte d’un cancer en développement.

Le choix de ces marqueurs sériques et des fragments d’ADN détectés est le résultat de milliers d’analyses sanguines sur des milliers de personnes atteintes d’un cancer.

La promesse d’un tel dépistage est une prise en charge plus précoce de la maladie : bien avant même les premiers signes cliniques qui mettent alors en évidence un cancer à un stade plus avancé. Plus l’avancement de la maladie est important, plus le traitement mis en place sera potentiellement lourd et les chances de guérisons parallèlement moindres.

Deux notions sont particulièrement importantes et encourageantes dans les résultats publiés dans la revue Sciences. D’une part la sensibilité du test qui rend compte du seuil à partir duquel le test détecte la présence de cellules cancéreuses. Elle s’avère être comprise entre 69 et 98% pour 5 types de cancer (ovaire, foie, estomac, œsophage) mais 33% pour le cancer du sein. Cependant plus le cancer est avancé, meilleure est la sensibilité de détection du test. Ainsi, dans le cancer du sein de stade I (primitif), elle est de 43%. Pour ce type de cancer, même si l’approche est prometteuse, cet outil n’est pas encore prêt de remplacer la mammographie.

D’autre part la spécificité du test est de 99%. Cette notion précise le nombre de faux positifs observés. Cela signifie que le test détermine avec une grande précision le tissu d’origine des cellules cancéreuses et oriente directement les praticiens sur la localisation du cancer en développement.

Pour conclure cette large étude menée, les auteurs estiment tout de même l’importance d’investigations sur de plus larges cohortes afin de connaître le réel bénéfice apporté par la biopsie liquide et son utilité clinique.

L’ibuprofène: perturbateur endocrinien ?

Différentes études mettent à jour une diminution de la fertilité des hommes. Lors de précédentes recherches faites par le Professeur Bernard JEGOU et son équipe de l’Institut de recherche en santé environnement de Rennes, un lien avait été établi entre l’exposition pendant la grossesse de paracétamol et aspirine de fœtus mâles et l’apparition majorée de cas de malformations génitales (cryptorchidies).

Dans l’étude parue ce 8 janvier 2018 dans le prestigieux journal scientifique Proceedings of the national academy of sicences (PNAS), le Pr JEGOU et Christèle Desdoits cosignent une étude portant sur les effets d’une exposition à l’ibuprofène chez des hommes adultes.

Cet anti-inflammatoire est disponible sans ordonnance dans toutes les pharmacies en France et largement consommé par des millions de personnes. Il est utilisé pour soulager les douleurs en général notamment les douleurs articulaires et musculaires en particulier chez les sportifs qui le consomment régulièrement en préparation ou lors de récupérations physiques.

Les résultats de l’étude sont stupéfiants : les hommes adultes soumis à une exposition massive d’ibuprofène (1200mg par jour pendant 14 puis 44 jours), développent un hypogonadisme compensé. Il s’agit d’une perturbation de la régulation de sécrétion hormonale. Physiologiquement, l’hormone lutéinisante (LH) produite par la glande pituitaire (au niveau de l’hypophyse dans le cerveau), induit la production et sécrétion de la testostérone par les cellules de Leydig logées dans les testicules. D’ailleurs le ratio testostérone/LH est un marqueur de bon fonctionnement de ces cellules. Si les cellules de Leydig ne remplissent plus leur rôle dans la production et la sécrétion de la testostérone, les taux de LH augmentent, pour compenser ce manque (menant vers l’hypogonadisme compensé). Ce ratio était diminué de 18% après 14 jours d’exposition et de 23% après 44 jours.

Des résultats allant dans le même sens d’une dégradation de la capacité de production hormonale ont été relevés sur les cellules de Sertoli, cellules produisant les spermatozoïdes dans les testicules mais dans une moindre mesure.

En poursuivant ses investigations, l’équipe de recherche a pu mettre en évidence une diminution de l’expression de gènes impliqués dans la production des précurseurs de la testostérone. Moins de testostérone produite menant ainsi à une augmentation induite de la sécrétion de LH etc…

La conclusion de cette étude est sans appel, l’ibuprofène possède une action antiandrogénique le plaçant de facto dans les produits perturbateurs endocriniens. Toutefois, cette étude en appelle d’autres pour répondre à d’autres interrogations notamment sur l’effet de l’aspirine et d’autres composés sur les cellules de Leydig.

Enfin, il convient d’apprécier encore l’ibuprofène pour ce qu’il est et pour ce qu’il apporte dans des problématiques de douleurs rhumatismales par exemple. Mais il est aussi important maintenant bien prendre en compte les risques encourus sur la fertilité masculine lors d’une prise importante et chronique de cette molécule.

Sources :

Kristensen, David Møbjerg et al (2018) Ibuprofen alters human testicular physiology to produce a state of compensated hypogonadism PNAS 2018 : 1715035115v1-201715035.

Kristensen, David Møbjerg et al (2011) Intrauterine exposure to mild analgesics is a risk for development of male reproductive disorders in human and rat. Human Reproduction, Vol.26, No.1 pp. 235 –244, 2011

Aluminium dans les vaccins : A quoi sert-il ?

Le 1er janvier prochain, 11 vaccins deviennent obligatoires en France pour les enfants nés à partir de cette date. De quoi alimenter encore un peu plus les réseaux sociaux et la presse.

Au lendemain d’une décision judiciaire inédite, la confusion est totale. L’Etat a, en effet,  été condamné a versé 190 000€ à une secrétaire médicale tombée malade après une vaccination contre l’hépatite B en 1994.

Les polémiques resurgissent, les antivax (anti-vaccins) se frottent les mains. La présence de sels d’aluminium dans les vaccins refait à nouveau couler beaucoup d’encre.

Les sels d’aluminium incorporés dans les vaccins constituent un adjuvant destiné à permettre à la réponse immunitaire d’avoir lieu. Techniquement une dose infime d’hydroxyde d’aluminium suffit à induire la réaction immunitaire en générant une réaction inflammatoire. Jamais aucune étude n’a démontré quelconque effet délétère sur l’organisme depuis leur utilisation dans les vaccins à partir des années 1920.

L’aluminium est présent dans de nombreux vaccins: parmi les onze qui seront bientôt obligatoires pour les enfants, tous en contiennent, à l’exception du ROR (rougeole-oreillons-rubéole).

Rappelons que l’aluminium est présent de façon naturelle dans certains aliments comme les épinards, certains poissons, les cosmétiques et anti-transpirants.

Il est donc temps que doute et méfiance laissent définitivement place au constat bien plus dramatique de la résurgence de certaines maladies rares que seule une couverture vaccinale la plus large possible réussira à vaincre.

La grippe arrive

Tous les indicateurs passent au rouge. Les nombres de consultations médicales, d’appels de SOS Médecins ou de visites aux urgences sont en nette augmentation cette semaine. La métropole se prépare à l’épidémie de grippe.

L’Ile-de-France est placée en phase épidémique. Quant aux autres régions elles sont en couleur orange pour phase pré-épidémique.

carte grippe semaine 49/17grippe semaine 49/17

 

Que faire pour s’en prémunir ?

  1. La vaccination

Elle est la solution la plus fiable pour se protéger du virus et de ses complications. Néanmoins un délai de 15 jours est nécessaire pour être immunisé. Il est donc grand temps … !

Les personnes les plus sensibles et à risque ont reçu un bon de prise en charge pour le vaccin. Sont concernées: les personnes souffrant d’affections longue durée (asthme, BPCO : Broncho-pneumopathie Chronique Obstructive), les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les diabétiques …

  1. Les mesures barrières

Ces précautions valent pour l’ensemble des affections hivernales mais s’avèrent indispensable pendant la période épidémique.

  • Se laver les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique avant de manger, après chaque passage aux toilettes, contact avec les mains ou prise des transports en commun.
  • Porter un masque en cas d’atteinte d’un syndrome grippal
  • Limiter le contact tant que possible avec les personnes malades
  • Aérer le logement au moins 5 minutes par jour en absence des enfants dans la pièce

Sources: Santé publique France