Accidents de la circulation : les pictogrammes sur les médicaments respectés ?

Entre 3 et 4 % des accidents routiers sont liés à la prise de médicaments. La liste des produits porteurs de ces pictogrammes va prochainement être revue et une campagne de sensibilisation va être mise en place. Mais y avez-vous déjà réellement porté attention ?

 

Qui sont-ils ?

Apparus en 2005 sur les boites de médicaments, ces pictogrammes ont pour but de vous avertir d’un éventuel danger en cas de conduite. Facilement reconnaissables, ils représentent une voiture dans un triangle jaune, orange ou rouge en fonction du niveau de risque.

Et des médicaments qui en portent, vous avez toutes les chances d’en avoir dans votre armoire à pharmacie ! Les plus évidents étant ceux ayant pour but d’endormir, mais d’autres peuvent également gêner de par leurs effets secondaires. Les plus connus étant les sirops pour la toux et l’ibuprofène, mais il est à noter également que certains médicaments considérés comme excitants peuvent faire baisser votre vigilance et donc vous faire encourir un risque d’accident.

 

Les trois niveaux

L’Afssaps a établi une classification des médicaments selon le niveau de risque sur la conduite :
pictogrammes-conduite

  • Niveau 1, jaune : « Soyez prudent, ne pas conduire sans avoir lu la notice »: Le risque est faible et dépend de la sensibilité du patient. La notice lui indiquera les cas où il devra s’abstenir de conduire.

La prise du médicament ne remet généralement pas en cause la conduite de véhicules, mais nécessite que le patient soit informé avant de prendre le volant afin qu’il reste vigilant quant à une manifestation éventuelle des effets signalés dans la notice.

  • Niveau 2, orange : « Soyez très prudent, ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé »: il y a là des risques avérés que vous puissiez être impactés par le médicament, que ce soit par un effet secondaire considéré comme fréquent et/ou assez impactant, ou bien par l’action normale du produit.

Il s’agit généralement de médicaments disponibles uniquement sur ordonnance. Seul le médecin prescripteur peut apprécier, selon l’état du patient et sa réponse au médicament, si la prise de celui-ci est compatible avec la conduite.

  • Niveau 3, rouge : « Attention, danger : ne pas conduire, pour la reprise de la conduite demandez l’avis d’un médecin »: là au moins c’est clair, les effets du médicament rendent la conduite automobile dangereuse.

L’action du médicament ne vous place pas en état de conduire de manière sécuritaire, ce sont des produits qui vous endorment ou vous affaiblissent notablement, ou encore des collyres qui brouillent votre vision de manière significative. Cet avertissement vaut également si votre profession implique la conduite d’appareils ou l’utilisation de machines.

 

Ces trois pictogrammes ne sont pas à prendre à la légère, à vous donc d’être vigilants pour éviter de vous mettre dans une situation à risque. Cependant, les effets de ces médicaments ne sont pas égaux chez tous les consommateurs. Le type de précautions à prendre dépend donc de chaque cas individuel.

La pilule du lendemain

Vous avez sans doute entendu parler sur le net de cette Sabine (nom d’emprunt) qui s’est faite recevoir par son pharmacien avec des phrases comme « elle a passé une bonne soirée » et qui lui explique qu’il « faudrait qu’elle arrête de se foutre à poil pour rien » en pleine officine et devant une clientèle où remarques et regards n’ont pas tardé à fuser, la jeune femme finissant par partir de la pharmacie en pleurs.

La contraception d’urgence ou pilule du lendemain est un sujet qui divise beaucoup de spécialistes de santé. Mais savez-vous réellement ce que c’est ? Seules 35% des femmes se disent bien informées à son sujet.

 

Comment ça marche ?

Accessible sans ordonnance en pharmacie, la pilule du lendemain agit sur les hormones qui entrent en jeu dans la reproduction. Elle a pour effet de bloquer la libération de l’ovule qui ne peut donc pas être normalement fécondé. Son efficacité est de l’ordre de 95% dans les premières 24h après l’acte non protégé, et tombe à 85% au bout de 72h, trois jours étant la limite maximale. Au-delà il existe des pilules dites du surlendemain, mais idéalement la contraception d’urgence est à prendre dans les 12h.

 

Effets indésirables ?

Principalement nausée, vomissements, douleurs abdominales, vertiges, fatigue, et maux de tête. Si un vomissement à lieu dans les 3h après la prise, il faut se procurer une nouvelle pilule. Ce produit jouant sur les hormones, des manifestations liées au cycle peuvent survenir : décalage des règles, des saignements en dehors des règles ou des tensions au niveau des seins.

 

Les idées reçues, le vrai du faux

- Le pharmacien peut refuser de délivrer la pilule du lendemain.
FAUX. Un pharmacien ne peut refuser de délivrer la contraception d’urgence. Cette délivrance doit en plus être anonyme et doit s’accompagner de conseils sur la contraception en général. Le pharmacien peut refuser si, et seulement s’il sait que l’état de santé de la patiente ne le permet pas. De plus, sachez que la pilule du lendemain est gratuite pour les mineures.

- La pilule du lendemain est dangereuse pour le cycle.
FAUX. La pilule du lendemain quoi qu’on en dise n’est pas toxique, n’entraîne pas de fausses couches et ne rend pas stérile ni ne met en péril de futures grossesses. Ces arguments sont souvent avancés par des pharmaciens qui ne souhaitent pas délivrer une contraception d’urgence. Le seul vrai risque est d’être confronté aux effets indésirables pouvant être assez impactant bien que transitoires.

- La pilule du lendemain est une méthode de contraception fiable.
FAUX, elle n’est pas une méthode de contraception. C’est le rôle des stérilets, dispositifs implantables, pilules contraceptives classiques, ou les préservatifs quand ils sont bien employés. La fonction de la pilule du lendemain est de parer à un oubli ou une situation à risque, mais elle ne doit en aucun cas se substituer à une contraception classique.

La Dépakine, nouveau scandale ?

La Dépakine vous en avez entendu parler ? Ce produit serait responsable de multiples décès et malformations chez des fœtus. S’agit-il d’un nouveau scandale semblable à celui du Médiator il y a quelques années ? Nos réponses.

 

Qu’est-ce que la Dépakine ?

La Dépakine est un nom de médicament dont le principe actif est le valproate de sodium (de la même manière, que Doliprane est un médicament et le paracétamol son principe actif). Comme son nom l’indique, c’est le principe actif qui, dans le médicament, est responsable de son action. Le cœur du scandale de la Dépakine serait donc le valproate de sodium.

Le valproate de sodium connu pour soigner les troubles bipolaires est avant tout utilisé dans le traitement de l’épilepsie. C’est un produit qui est ancien, connu et reconnu pour cette indication, avec un  taux d’efficacité proche de 100%. La Dépakine, son dérivé la Micropakine, ainsi que leurs génériques, sont presque tous produits par le laboratoire français Sanofi et sa filiale Zentiva.

Ce sont les médicaments leaders sur le marché de l’épilepsie : cette gamme couvre à elle seule 80% du marché, et la vente de Dépakine représente 1.2%  du chiffre d’affaire de Sanofi.

 

Le scandale

Entre 2007 et 2014, plus de 10 000 femmes enceintes se sont vues prescrire de la Dépakine pour traiter leur épilepsie, alors même que ses effets néfastes étaient connus à l’époque. On estime pour l’enfant :

- à 10% le risque de malformation

- à 40% le risque de retard de développement physique ou mental

A l’époque, les femmes s’étant fait prescrire ce médicament n’avaient pas été informées des risques qu’elles encourraient, bien que dès les années 1980 les risques de malformation étaient connus, et que dès 2000 on avait la certitude du fort risque de retard de développement chez l’enfant.

Il aura fallu attendre 2014 pour que la délivrance de ce produit soit encadrée, avec des règles bien précises pour les femmes enceintes ou en âge de procréer. En effet, aujourd’hui la prescription de ce médicament se fait par un spécialiste qui, après avoir expliqué tous les effets néfastes de ce médicament, fait signer un consentement aux femmes.

Pourquoi cette lenteur ? Ce retard entre la découverte des effets potentiels et de la mise en œuvre de mesure de délivrances sécurisées ? Savoir qui est en cause, laboratoires, médecins, agence du médicament, politiques, sera du ressort des enquêtes qui ne manqueront pas de s’ouvrir.

Si on dénombre à l’heure actuelle près de 450 cas de malformations visibles à la naissance pour les femmes traitées au Dépakine, le nombre de « victimes du Dépakine » risque de fortement augmenter quand seront diagnostiqués les troubles du développement et les malformations non visibles à la naissance.

Mais une question se pose aussi. Pourquoi ne pas avoir arrêté de donner de la Dépakine à une femme enceinte ?

Parce que l’épilepsie est une atteinte grave dont les crises peuvent être mortelles pour la personne, mais également pour le fœtus. En effet, ce dernier peut être endommagé par les fortes contractions de l’abdomen lors des spasmes ou encore le manque temporaire d’oxygène que provoque une crise. Les crises à répétitions peuvent provoquer des morts intra-utérines, des malformations, ou bien encore des fausses couches.

Si la femme peut se passer d’antiépileptiques tant mieux, mais dans le cas contraire, il est nécessaire de mettre en place un traitement qui est efficace pour empêcher les crises, à la plus petite dose efficace possible. Et ce traitement, c’est la Dépakine.

 

Ce qui nous fait nous poser une question qui est souvent courante en médecine et en santé : entre deux risques différents, lequel choisir ?

La résistance aux antibiotiques, une menace grave

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé un alerte pour mettre en garde la population contre la menace mondiale que représente la résistance aux antibiotiques. Cette dernière est qualifiée de « menace majeure pour la santé publique ». Les bactéries évoluent et mutent si rapidement que les antibiotiques deviennent inefficaces, rendant plus bien plus difficile le traitement de certaines infections. Ce problème majeur touche toutes les régions du monde, sans exception.

Certains antibiotiques ne peuvent désormais soigner qu’un patient sur 2

C’est le cas des fluoroquinolones, classe d’antibiotiques introduite dans les années 80 pour traiter notamment les infections urinaires causées par la bactérie Escherichia coli. Aujourd’hui, cet antibiotique est inefficace et ne fonctionne plus que 50% des patients. Il en est de même pour les carbapénèmes, antibiotiques utilisés pour lutter contre une bactérie intestinale responsable d’infections nosocomiales. Enfin, l’OMS rapporte également que la cause principale de l’échec du traitement de la gonorrhée et de la tuberculose est la résistance de l’organisme aux médicaments… Une accumulation de constats alarmants pour la santé publique.

Un usage abusif

Après avoir été massivement utilisés entre les années 50 et 80 dans un dynamique de découverte de nouveaux traitements permanents, l’utilisation excessive d’antibiotiques a ensuite été pointée du doigt. On pensait à l’époque que cette résistance pourrait être palliée par la découverte de nouvelles thérapies. Le constat aujourd’hui ? Le rythme de développement des médicaments s’est ralenti. Parallèlement, les bactéries n’ont pas cessé d’évoluer pour lutter contre les antibiotiques et beaucoup d’entre elles sont devenues résistantes. Il existe donc des infections difficilement traitables puisque les antibiotiques sont devenus inefficaces et qu’il n’existe pas de traitement alternatif.

Il ne s’agit donc plus de spéculations mais bien d’une menace existante… L’OMS appelle à une plus forte régulation de l’usage des antibiotiques ainsi qu’à la mobilisation des professionnels de santé pour réussir à lutter contre la crise sanitaire géante vers laquelle nous nous dirigeons.

Vers l’éradication de l’hépatite C ?

L’hépatite C est une maladie du foie contagieuse, qui cause la mort de 350 000 personnes par an en moyenne. Guérir à 100 % de cette maladie ? C’est la promesse annoncée par les chercheurs du 7ème congrès européen sur les hépatites qui se tenait ce mois-ci à Paris.

Les traitements actuels ne permettent de guérir les porteurs chroniques de cette grave pathologie du foie. Ils soulagent le patient dans son quotidien mais ne permettent pas de véritablement tuer le virus VHC. C’est la découverte de nouvelles molécules qui a permis aux chercheurs de mettre au point un traitement qui devrait recevoir la précieuse Autorisation de mise sur le marché (AMM) courant 2015.

Ce nouveau traitement permettra aux victimes de l’hépatite C de vivre et de travailler normalement, selon le professeur Patrick Marcelin, hépatologue à l’hôpital Beaujon à Clichy. Les tests du traitement ont été effectués auprès de patients volontaires et les résultats sont très encourageants.

Deux molécules attendent donc déjà leur autorisation de mise sur le marché en vue d’une commercialisation l’année prochaine, et 15 autres molécules sont encore en phase de traitement

S’il s’agit d’une véritable révolution thérapeutique, reste à savoir de quelle manière ce nouveau traitement sera pris en charge et comment son accès au reste du monde va être envisagé. En effet, à l’heure actuelle, chaque traitement devrait couter entre 40 000 et 100 000 € par patient. Or on estime à 184 millions la population mondiale porteuse du virus de l’hépatite C…

Pour en savoir plus :  le virus de l’hépatite C.

Sativex, un médicament à base de cannabis contre la sclérose en plaques

Un nouveau médicament à base de cannabis, le Sativex, a reçu son autorisation de mise sur le marché en janvier 2014. Il s’agit d’une première en France puisqu’aucun médicament dérivé du cannabis n’avait encore reçu le feu vert de l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) jusque là. Cette nouvelle fait suite à la décision de la Ministre de la Santé qui avait accordé la possibilité de vente de médicaments dérivées du cannabis en juin 2013.

Sous forme de spray buccal, le Sativex sera prescrit uniquement par les neurologues ainsi que les médecins rééducateurs hospitaliers, pour les patients atteints de la sclérose en plaques. Interviewé au micro de France Info, Docteur Thibault Moreau* explique qu’il s’agit là d’une décision attendue depuis longtemps par les patients ainsi que les équipes médicales chargées de leurs suivis  : « On a fait beaucoup d’efforts pour les traitements de fond qui agissent sur la cause de la maladie mais on avait malheureusement un arsenal thérapeutique très limité pour lutter contre les symptômes au quotidien ».

Le Sativex agit donc sur les symptômes de la sclérose en plaque qui handicapent les malades dans leur vie de tous les jours : raideur des membres, contractures sévères, spasmes… Il est formulé grâce à deux principes actifs : le THC (tétrahydrocannabinnol) et le cannabidiol (CBD), destiné à limiter les effets indésirables liés THC, composé psychoactif du cannabis.

Sa commercialisation en pharmacies par le laboratoire Almirall est attendue courant 2015.

*neurologue au CHU de Dijon et président du comité médico-scientifique de la fondation pour la recherche sur la sclérose en plaques.

Les Français consomment moins de médicaments

Les Français sont connus pour être les champions d’Europe, voire du monde, de la consommation de médicaments par habitant. Le terme champion est mal choisi, tant il est dangereux et coûteux de consommer trop de médicaments. Toutefois, pour la première fois depuis 2002, le nombre de médicaments vendus par les officines françaises est enfin en baisse. C’est ce que révèle le laboratoire Celtipharm dans une étude qui compare les années 2011 et 2012. Cette baisse est d’1,5% pour les médicaments sur ordonnance, et de 0,4% pour l’automédication (médicaments librement accessibles en pharmacie, sans consultation préalable). Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement.

Pourquoi les Français consomment moins de médicaments ?

• Tout d’abord, tout simplement, les Français ont été moins malades en 2012 par rapport à l’année précédente. Les épidémies ont été rares, entraînant moins de visites chez le médecin, et donc moins de prescriptions.

• Les médecins sont aussi en grande partie responsables de la baisse de la consommation de médicaments. En 2012, ils ont non seulement émis moins d’ordonnances mais ces dernières ont aussi été moins remplies qu’en 2011. La baisse des prix et le recours croissant aux génériques ont d’ailleurs permis d’alléger la facture pour la Sécurité Sociale.

• Ensuite, les Français prennent peu à peu conscience que les médicaments peuvent être dangereux et ne doivent pas utilisés à outrance. Les campagnes de communication sur les génériques, les antibiotiques (« C’est pas automatique ! ») ou le bon usage des médicaments en sont en partie responsables. Mais, plus inquiétant, le ralentissement observé est aussi dû à une méfiance de plus en plus grande des Français vis-à-vis des médicaments. Les scandales récents du Médiator ou des pilules de 3ème et 4ème génération, ainsi que la mauvaise réputation des laboratoires médicaux ont amené plus de prudence et moins de confiance dans les comportements observés.

• D’autre part, la crise économique explique aussi la baisse du nombre de médicaments vendus : près d’un quart des Français a ainsi renoncé à se soigner en 2011, en raison du coût des médicaments. Le déremboursement de nombreux médicaments n’y est pas étranger.

• Enfin, les laboratoires ont aussi contribué à cette baisse de la consommation des médicaments, peut-être contre leur gré. Tout d’abord, 2012 n’a pas été marqué par des innovations pharmaceutiques majeures qui auraient pu soutenir le marché, comme les années précédentes. Ensuite, la pression des laboratoires sur les médecins s’est progressivement réduite, avec une baisse de 40% du nombre de visiteurs médicaux depuis 2002, expliquant en partie le ralentissement des prescriptions.

Rien n’est joué !

Toutefois, si cette baisse représente 40 millions de boîtes de médicaments, les pharmaciens français en vendent encore 3 milliards par an ! Et en valeur, les médicaments en vente libre ont progressé en 2012 de 3%. Cela s’explique sans doute par une dérive des prix de ces médicaments, qui sont fixés librement par les pharmacies elles-mêmes. Et dans ce domaine, les pharmacies en ligne devraient apporter un peu de pouvoir d’achat, en pratiquant des tarifs moins élevés !