La polémique du levothyrox

Depuis quelques temps le levothyrox, utilisé dans l’hypothyroïdie, est au cœur d’une polémique.
Fin mars, la formulation de ce médicament a été remaniée par le laboratoire pharmaceutique Merck. Depuis, de nombreux patients ont signalé des effets indésirables (crampes, maux de tête, vertiges…).

Quels ont été les changements opérés dans la formule ? 

Le laboratoire a notamment remplacé l’excipient lactose par du mannitol et stabilisé la concentration du principe actif, la levothyroxine. D’après le fabriquant ces modifications n’apportent pas de différence dans le traitement. Celui-ci base cette affirmation sur deux études pharmacologiques.

Pourquoi cette modification ? 

Améliorer la stabilité de teneur en principe actif 

À la demande de l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), le laboratoire Merck, a modifié la composition de ce traitement afin d’améliorer la stabilité de teneur en principe actif. Cette hormone thyroïdienne étant une molécule à marge thérapeutique faible, son équilibre est sensible même à une variation mineure de concentration dans l’organisme avec le même dosage.
L’intérêt ici est bien d’améliorer la stabilité afin que le traitement soit adapté au mieux pour chaque patient.
Le lactose, un excipient à effet notoire.
L’ANSM a saisi le laboratoire Merck afin de retirer l’excipient à effet notoire, le lactose. En effet, certains patients intolérants au lactose ne pouvaient pas se soigner correctement.

Comment se sont déroulées les études ? 

200 volontaires on été recrutés, 100 ont pris l’ancienne formulation, 100 la nouvelle, puis les chercheurs ont observé les résultats.
Puis on inverse, les sujets prenant l’ancienne formule prennent la nouvelle et vice versa.
Voici les résultat mis en avant dans l’étude : « la moyenne de l’absorption du nouveau Levothyrox chez les 200 sujets ne diffère que de 0,7% d’avec l’ancien médicament ».

Certains professionnels de santé remettent en cause l’interprétation de ces études

La principale critique de ces études est qu’elle ne met pas en avant les différences intra-individuelles. C’est-à-dire chez un seul individu. Or selon 1/3 des sujets présentent une variation intra-individuelle pouvant fluctuer de plus ou moins 20%.

Les alternatives 

A partir du 2 octobre, Merck va commercialiser temporairement et avec un stock limité l’ancienne formulation sous le nom d’Euthyrox. Ce traitement sera réservé aux patients ne supportant pas la nouvelle formulation.
A partir de mi-octobre, Sanofi va commercialiser en France le L-Thyroxyn Henning cassant ainsi le monopole de Merck en France.
Pour en savoir plus, cliquez ici.

Pas besoin de changer 

Rappelons tout de même qu’une très grande majorité de la population traitée par ce médicament ne présente aucun effet indésirable. Si vous prenez actuellement la nouvelle formulation de chez Merck et que vous êtes stabilisé, il n’y aucune raison de changer pour les autres alternatives.
« Par ailleurs, une enquête de pharmacovigilance a été initiée par l’ANSM dès la mise sur le marché de la nouvelle formule au mois de mars 2017. Cette enquête, qui vise à analyser les signalements d’effets indésirables rapportés, se poursuit. Ses résultats sont attendus courant octobre.
Un numéro vert d’information (0.800.97.16.53 ), accessible depuis le 23 août 2017 du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures, a été mis en place par l’ANSM pour répondre aux questions soulevées par les patients ».
Si vous présentez des symptômes tels que des bouffés de chaleur, de l’irritabilité… Il s’agit surement d’une hyperthyroïdie due à un déséquilibre de votre traitement, et non pas à l’effet du mannitol. Dans ce cas, il convient de réaliser le dosage de la TSH en laboratoire.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients

Comment l’industrie de l’alcool trompe le public concernant les liens entre l’alcool et le risque de cancer

Plusieurs universités européennes (London School of Hygiene and Tropical Medicine en Angleterre, the Karolinska Intitutet en Suède et the University of Tromsø en Norvège) ont étudié la véracité des informations fournies par les fabricants d’alcool sur les risques de la consommation d’alcool sur la santé.

Les résultats de l’étude accusent les fabricants d’alcool de déformer les faits, notamment sur les liens entre la consommation d’alcool et le risque de cancer dans leurs propres intérêts.

3 approches pour déformer la vérité

Les chercheurs ont mis en évidence 3 méthodes pour mésinformer les consommateurs.

  • Remettre en cause le lien réel entre la consommation d’alcool et le risque de cancer.
  • Minimisation des risques liés à la consommation d’alcool.
  • Éluder le lien entre consommation d’alcool et le risque de cancer en focalisant l’attention du lecteur sur d’autres facteurs de risque.

Comment s’est déroulée l’étude ?

Les chercheurs ont analysé 27 sites web et documentations publiés par des organismes en lien avec l’industrie de l’alcool durant quatre mois de septembre à décembre 2016. Ils ont notamment surveillé la fiabilité et la validité des contenus présentés dans ces différents médias.

Les résultats

Parmi les 27 sites analysés, 24 présentaient au moment de l’étude des fausses ou partielles informations.

  • Remettre en cause le lien réel entre la consommation d’alcool et le risque de cancer.

5 sites remettent en cause le lien réel entre consommation d’alcool et risque de cancer, en déclarant que la consommation légère à modérée d’alcool ne conduit pas à un risque accru de développer un cancer. D’autres énumèrent des effets tels que le risque de maladies cardio-vasculaires, de diabète ou de dépendance sans mentionner le risque de cancer.

  • Minimiser le risque de cancer 

Certains mentionnent bien le risque de cancer mais omettent de parler du type de cancer développé et le pourcentage de risque.

3 d’entres eux déclarent qu’il existe bien un risque mais seulement pour les gros consommateurs.

– De plus, ils déclarent qu’il n’existe pas de consensus entre les experts concernant les risques réels de cancer liés à la consommation d’alcool.

– Enfin, ils déclarent que l’alcool aurait des effets protecteurs pour certains types de cancer, jetant le trouble sur le message des autorités de santé.

  • Distraction

Enfin, huit d’entres eux mettent en avant le fait que l’alcool n’est pas le seul facteur de risque dans le risque de développer un cancer. Notamment en se focalisant sur les risques familiaux. Ils minimisent ainsi la responsabilité de l’alcool dans le développement de cancer.

En conclusion

L’industrie du tabac a utilisé les mêmes procédés dans les années 70 – 80 lorsque les liens entre la consommation de tabac et le risque de développer un cancer du poumon étaient moins documentés.

Rappelons que les autorités conseillent de limiter la consommation d’alcool à 14 unités d’alcool par semaine. Rappelons également que le consommation d’alcool augmente le risque de cancer du foie, de la bouche ou encore du sein de façon significative.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article: les conséquences de la consommation d’alcool sur notre cerveau.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients. 

Références 

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dar.12596/epdf

https://www.nhs.uk/news/cancer/drinks-industry-accused-downplaying-alcohol-cancer-risk/

Les risques des édulcorants artificiels

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Les édulcorants artificiels présents dans de nombreux aliments et boissons allégées, pourraient ironiquement avoir un lien avec la prise de poids, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle ou encore le risque d’accident vasculaire cérébrale.

Aspartame, saccharine, cyclamate sont des noms qui reviennent régulièrement dans les médias. Souvent décriés, les chercheurs se contredisent sur leur réel impact sur notre santé.

Comment s’est déroulée l’étude ?

Cette méta-analyse canadienne a été menée sur 7 études randomisées et 30 études de cohorte.

Une étude randomisée étudie les effets d’une substance ou d’un facteur sur deux groupes de sujet choisi de façon aléatoire auxquels ils sont exposés.

Une étude de cohorte, quant a elle, suit un groupe important de personnes et évalue les effets sur leur santé des facteurs de risque auxquels elles sont exposées.

Il existe néanmoins dans ces études une certaine hétérogénéité dans la rigueur des procédures et des méthodes.

Les résultats

L’analyse des études de cohorte a montré que les sujets consommant des édulcorants, comparativement à ceux n’en consommant pas, avaient une augmentation de :

  • 14% du risque de diabète de type 2
  • 12% du risque d’hypertension artérielle
  • 13% du risque d’AVC (accident vasculaire cérébrale)
  • 31% du risque d’obésité (notamment au niveau abdominal).

Selon les études randomisées, les résultats sont moins tranchés. Celles-ci ne montrent aucune différences significatives d’IMC (indice de masse corporelle).

Conclusion

Les auteurs ont montré que les édulcorants artificielles ne favorisent pas la perte de poids, contrairement à ce que les campagnes publicitaires voudraient nous faire croire. Dans une moindre mesure, ils pourraient même entraîner une augmentation des risques de diabète de type 2.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Référence 

http://www.nhs.uk/news/2017/07July/Pages/Benefits-of-artificial-sweeteners-unclear.aspx

Implants contraceptifs Essure, suspendus temporairement

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L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) a suivi la décision prise, par l’organisme irlandais NSAI (National standards authority of Ireland), de suspendre temporairement la délivrance du marquage CE. Celui-ci est indispensable pour sa commercialisation en Europe et sur notre territoire.

Cette décision a été prise « faute d’éléments lui permettant de conclure à la sûreté du contraceptif définitif ». Durant 90 jours, a compté du 3 août 2017, le dispositif médical Essure ne sera plus disponible à la vente.

Pour les femmes en attente d’un implant

L’ANSM, dans son communiqué, invite les femmes en attente d’une implantation par cette méthode de stérilisation définitive « à se rapprocher de leur gynécologue pour envisager, en concertation, l’alternative la plus appropriée, sur la base d’une information complète relative aux moyens de contraception disponibles et leurs éventuels effets indésirables. »

Les experts ne remettent pas en cause la balance bénéfice/ risque de cet implant.

Selon les données de la littérature, de la surveillance et les résultats de l’étude épidémiologique, portant sur plus de 100 000 femmes, ne remettaient pas en cause la balance bénéfice/ risque de cet implant.

En cas de symptômes inhabituels

Comme des saignements, des allergies, de la dépression, des douleurs pelviennes, dorsales ou musculaires, il convient de consulter votre médecin afin de clarifier la situation.

Dr. Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Références

http://www.ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Le-marquage-CE-de-l-implant-Essure-est-suspendu-pour-3-mois

Retrouvez l’avis de comité d’expert de l’ANSM, CSST Dispositif de stérilisation définitive Essure : http://www.ansm.sante.fr/L-ANSM2/Comites-scientifiques-specialises-temporaires/Comites-scientifiques-specialises-temporaires/Comites-scientifiques-specialises-temporaires/CSST-Dispositif-de-sterilisation-definitive-Essure

 

Oeufs contaminés, le point sur un scandale mondial

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Au total 17 pays, dont 16 Européens, sont aujourd’hui concernés par la contamination d’œufs au fipronil en provenance des Pays-Bas.

Qu’est-ce que le fipronil ?

Le fipronil est un insecticide visant à éliminer les acariens et les puces (notamment le pou rouge) présents dans les élevages de volaille. Considéré comme « modérément toxique » par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), son usage est interdit dans le traitement des animaux destinés à la consommation humaine.

Les autorités se veulent rassurantes quand à la dangerosité de la situation, étant donné les faibles quantités retrouvées dans les aliments concernés.

Deux suspects interpellés au Pays-Bas

Deux dirigeants de la société ChickFriend ont été arrêtés jeudi au Pays-Bas.

Quels sont les aliments concernés en France ?

Sur notre territoire, 13 lots d’œufs sont potentiellement concernés. Ces lots étaient destinés à la production d’aliments à base d’œufs : plats préparés, pâtes et biscuits.

Manque de communication de la part du gouvernement

En France, le ministère de l’Agriculture a confirmé lundi soir que 13 lots d’œufs potentiellement concernés ont été livrés dans deux établissements de production d’aliments à base d’œufs.

Alain Bazot, président de l’association UFC-Que choisir, critique la gestion de cette crise par l’état. Il déplore, dans le Parisien, le manque d’information diffusé au public. Sans pour autant vouloir affoler la population, Alain Bazot remet en cause l’opacité du ministère de l’Agriculture, qu’il soupçonne de jouer le jeu des lobbies de l’agroalimentaire.

Le président déclare notamment dans le journal : « Il faut donner la liste complète des œufs comme, en aval, des produits industriels faits à partir d’œufs, et organiser le rappel et le remboursement de ces marchandises ».

 

 

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Les produits cosmétiques à risque

C’est l’association de consommateur UFC-Que-choisir qui a mené une enquête sur pas moins de 1000 produits cosmétiques.

Dans cette enquête, l’association a mis en lumière 23 produits cosmétiques « hors la loi », contenant des composés interdits.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est donc saisie du dossier afin de contrôler la composition des produits cosmétiques.

Dans cette liste, on pourra citer des produits qui contiennent du MIT (Methylisothiazolinone) interdit depuis 2017 en Europe dans les produits « non rincés », notamment dans le soin pour les yeux l’Oréal Men ou encore le spray solaire enfant Lovea.

Perturbateurs endocriniens, produits allergisants et irritants ont donc été retrouvés dans environ 1000 produits cosmétiques. Certains produits des marques comme Sanex ou encore Petits Marseillais contiendraient pas moins de 4 perturbateurs endocriniens.

Vous pouvez retrouver, classé par catégories, les différents produits référencés par l’association (des déodorants, au maquillage en passant par les produits pour les bébés et les enfants).

L’ethylhexyl methoxycinnamate, le phenoxyethanol ou encore le methylisothiazolinone sont autant de noms à savoir repérer si vous voulez éviter les pièges lorsque vous achetez un produit d’hygiène pour vous ou votre famille.

Au contraire certains produits ressortent de cette étude sans encombre, c’est notamment le cas des marques telles que SVR, Nuxe ou encore Weleda.

La situation est encore plus préoccupante aux États-Unis, où le contrôle des produits cosmétiques est encore sous-réglementé. Dr. Steve Xu, dermatologue et auteur d’une étude sur les produits cosmétiques publiée dans journal JAMA Internal Medicine tire la sonnette d’alarme. Aux États-Unis, les fabricants de cosmétiques ne sont pas tenus de reporter les plaintes des consommateurs aux administrations compétentes (notamment la FDA, Food and Drug Administration).

C’est seulement au cours de l’étude en 2014, que la FDA a appris la plainte de 21000 personnes reçu en privée par le fabricant WEN depuis plusieurs années. Ces plaintes concernent un shampoing ayant provoqué la perte de cheveux et des démangeaisons.

Dans cette étude, Docteur Xu, compare la différence entre eux et l’Union Européenne. « L’UE a déjà banni plus de 1000 produits chimiques présents dans les cosmétiques, alors que nous en avons banni seulement 10 ! » a déclaré le dermatologue.

Nous vous recommandons d’être toujours plus vigilent lors de l’achat de vos produits cosmétiques, en lisant avec attention les étiquettes.

Dr Clément Bacle

 

Éloigner vos adolescents d’Instagram pour préserver leur équilibre mental

Une enquête menée par la Royal Society chez 1500 jeunes âgés de 14 à 21 ans, a montré l’impact des réseaux sociaux sur des problèmes tels que la solitude, la dépression, l’anxiété, l’image de soi, le harcèlement ou encore la peur de l’échec.

Ces réseaux où les « influenceurs » marquent l’idéal à suivre, où le dictat du physique règne en maitre et où la vie est une mise en scène millimétrée, exaltent le culte de la superficialité. La perfection photoshopée, notamment des Instagrameuses, mis en avant sur ces plateformes engendre des déséquilibres psychiques chez les adolescents et les jeunes adultes.

Instagram, le pire des réseaux pour l’équilibre mental

Parmi les réseaux dans le collimateur de ce sondage : Facebook, Instagram, Snapchat, YouTube ou encore Twitter. C’est Instagram qui serait le plus dommageable pour nos jeunes.

YouTube en tête

Dans cette enquête, c’est YouTube qui semble avoir le meilleur impact.

Une jeunesse de plus en plus anxieuse

Une autre étude a observé que le taux d’anxiété chez les jeunes a augmenté de 70% ces 25 dernières années. Fruit du hasard ? Difficile à croire.

Une étude danoise cette fois, a montré une augmentation de la satisfaction globale chez des utilisateurs de Facebook ayant stoppés ce réseau durant une semaine.

Les résultats

Basés sur des questions de bien-être et de santé, les chercheurs ont classé les différentes plateformes de l’impact du plus positif au plus négatif :

  1. YouTube
  2. Twitter
  3. Facebook
  4. Snapchat
  5. Instagram

Les gouvernements réagissent

Des sanctions pourraient toucher ces réseaux pour les obliger à préserver leur utilisateur en les avertissant lorsqu’il s’agit de photo retouchée ou en cas de trop longue durée d’utilisation.

La priorité pour l’avenir

Il convient d’éduquer les parents et les enfants sur les bénéfices et sur les risques des réseaux sociaux, notamment en terme de cyber protection et de bien-être mental.

Dr. Clément Bacle

Références :

https://www.rsph.org.uk/our-work/policy/social-media-and-young-people-s-mental-health-and-wellbeing.html

http://online.liebertpub.com/doi/full/10.1089/cyber.2016.0259

Le danger des « laits » végétaux pour votre enfant

Lait d’avoine, de soja, de maïs, ou encore de quinoa, vous connaissez très certainement ces produits tendances misent en avant pour leurs bienfaits.

Pourtant sous couvert de naturalité certains mésusages peuvent entraîner des drames.

C’est un triste fait divers qui a coûté la vie à un nourrisson. Nourri exclusivement avec des laits végétaux  à partir de l’âge de 3 mois, l’enfant a été conduit aux urgences suite à des vomissements, malheureusement trop tard. L’autopsie du nourrisson a relevé une déshydratation et un état de dénutrition avancé.

En effet, la ressemblance avec le lait d’origine animale s’arrête à l’appellation. La composition du « lait » végétal est extrêmement différente de celle du lait de vache par exemple. Pauvre en sucre et en lipide, le lait végétal est beaucoup moins énergétique que le lait d’origine animale.

Par leur faible teneur énergétique, les « laits » végétaux ne conviennent absolument pas aux bébés et aux enfants ayant des besoins important pour grandir. De plus ces « laits » entraînent des carences en fer, en calcium et en acides gras essentiels, en cas de consommation exclusive.

On compte aujourd’hui 9 cas d’enfants hospitalisés à cause d’une carence liées à la consommation de « laits » végétaux.

Pourquoi cette « mode » du lait végétal ?

Certains mettent en avant l’intolérance au lactose alors que plus de 98% des enfants le tolèrent et d’autre par idéologie. Boire du lait végétal est à la mode, une mode dangereuse pour nos enfants.

L’Europe prend des mesures contre certaines dénominations trompeuses

La Cour de Justice européenne a pris un arrêté afin d’interdire les dénominations « lait », « fromage », « beurre », « crème » ou « yaourt » pour les produits d’origines végétales. Cet arrêté fait suite à une plainte déposée par la société allemande Verband Sozialer Wettbewerb, pour motif de concurrence déloyale contre la compagnie Tofu Town.

Les appellations comme « lait de noisette », « lait de soja », « beurre de tofu » ou encore « yaourt végétal » vont donc disparaître de nos emballages.

La raison invoquée est « le risque de confusion du consommateur ». L’objectif est de limiter la survenue d’autre drame lié aux mésusages de ces produits.  Il faut donc garder à l’esprit que le terme « lait » accolé à n’importe quelle plante est un abus marketing. Par définition le lait ne peut être produit qu’à partir d’une pis (animal ou humain).

Dr Clément Bacle

Référence

https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2017-06/cp170063fr.pdf

Ça bouge sur les vaccins !

Ces derniers temps, l’actualité santé sur les vaccins se bouscule. Et les deux informations qui suivent sur ce sujet sensible ne risquent pas de faire retomber l’agitation.

Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, il existe 11 vaccins destinés aux enfants d’usage courant. Trois d’entre eux sont obligatoires : la Diphtérie, le Tétanos, et la Poliomyélite. Il s’agit du fameux DTP. Les huit autres dits « recommandés » sont : la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, l’hémophilus influenza, le pneumocoque ainsi que le méningocoque C.

Aujourd’hui, les choses changent et la ministre de la santé actuelle songe à rendre obligatoire les huit vaccins recommandés. L’idée serait de rendre la vaccination obligatoire pour une période à définir de 5 voire 10 ans.

En effet,  les vaccins dits « recommandés » couvrent des maladies tout aussi graves que les vaccins obligatoires, et pourtant, ils sont moins pris au sérieux. Il serait donc logique que toutes ces maladies aient le même niveau de protection. Et non content de protéger la personne, le vaccin est le meilleur moyen d’éradiquer une maladie d’un territoire. Pour cela il faudrait une couverture vaccinale de près de 95%, un taux que seul le caractère obligatoire permet d’obtenir. Même le taux de couverture des vaccins recommandés atteignant les 75% de la population (soit les trois quarts), n’empêche pas la rougeole de continuer à tuer.

Concernant le côté pro-vaccination.

Les vaccins connaissent beaucoup de détracteurs, et on ne compte plus les affaires dans lesquelles certains vaccins auraient causé des séquelles aux personnes qui les ont reçus. Cela peut aller de maladies chroniques invalidantes ou dans le pire des cas à des décès. Il y a un nombre certain de personnes qui sont anti-vaccination, mais quand il s’agit de porter l’affaire au niveau des tribunaux, ils se heurtent à un écueil de taille.

En effet, ne peuvent être recevables comme preuves que le vaccin est à l’origine de l’atteinte, uniquement des preuves validées scientifiquement (expériences, études et essais cliniques). Malheureusement ces preuves scientifiquement approuvées sont pour ainsi dire, inexistantes. Beaucoup de procès se sont ainsi soldés par des échecs.

Jusqu’à maintenant.

La Cour de Justice de l’Union Européenne a rendu le mercredi 21 juin une décision qui pourrait bien changer la donne dans ce genre de confrontation.  En effet, désormais, en l’absence de preuves scientifiquement établies, les juges peuvent s’appuyer et recevoir comme preuves des faits rapportés par le plaignant si ces derniers constituent « des indices graves, précis et concordants » qui peuvent permettre de faire le lien entre la prise du vaccin et l’apparition des troubles.

Elle précise que « la proximité temporelle entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie, l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux de la personne vaccinée ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations peuvent constituer des indices suffisants pour établir une telle preuve ». Voilà qui devrait rendre la tâche beaucoup plus simple pour les plaignants dans ce genre d’affaire.

 

Avec ces deux actualités toutes fraîches, la situation sur les vaccins est vouée à évoluer très prochainement, tout autant que les polémiques.

La codéine, toujours au cœur du scandale

Cela fait bientôt deux semaines que l’affaire de l’abus de codéine a été rendue publique. La pétition mise en place par la personne qui est à l’origine de cette médiatisation est sur le point d’atteindre les cinquante mille signatures.

Si l’agence du médicament, l’ANSM, n’a toujours pas clairement statué, le cas de la codéine est lui de plus en plus connu au sein de la population générale.

En effet, lors d’un sondage effectué le 14 et 15 juin, les résultats ont été assez nets. Près de 63% des sondés disent avoir entendu parler du phénomène de mésusage de la codéine et des deux morts associées de ce début d’année. Le taux de connaissance serait plus proche des 68% pour les 18-24 ans, principaux utilisateurs de médicaments détournés, qui auraient appris la nouvelle principalement via les réseaux sociaux.

Quant à savoir si les sondés sont pour ou contre le fait de placer sur ordonnance les médicaments qui peuvent être détournés, la réponse est oui à 65%. Ce taux monte à près de 77% pour la catégorie des 65 ans et plus. Et de manière « peu étonnante » pourrait-on dire, ce taux est le plus faible chez les 18-24 ans avec une opposition des près de 48% à la mise sous ordonnance. Mais le principal argument avancé est très sensé. En effet, mettre tous les produits abusés sur ordonnance (donc pas que la codéine) rendrait pour beaucoup de gens le traitement bien plus complexe puisqu’il faudrait alors passer obligatoirement chez son médecin pour s’en voir délivrer.

C’est justement ce que l’ANSM essaie de résoudre comme équation, à savoir, éviter de verrouiller l’accès à ces médicaments, mais faire en sorte que ces derniers ne soient plus aussi faciles d’accès. Et apparemment, ça n’est pas une réponse simple à trouver.

Donc pour l’instant nous pharmaciens, premiers concernés par cette situation, sommes en train d’attendre la décision de l’ANSM. Et plus le débat avance, plus une évolution du règlement semble probable.

Si vous souhaitez connaitre notre positionnement et notre fonctionnement sur LaSante.net vis-à-vis de la délivrance de la codéine, je vous invite à aller lire notre communiqué sur ce sujet.