Les produits cosmétiques à risque

C’est l’association de consommateur UFC-Que-choisir qui a mené une enquête sur pas moins de 1000 produits cosmétiques.

Dans cette enquête, l’association a mis en lumière 23 produits cosmétiques « hors la loi », contenant des composés interdits.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est donc saisie du dossier afin de contrôler la composition des produits cosmétiques.

Dans cette liste, on pourra citer des produits qui contiennent du MIT (Methylisothiazolinone) interdit depuis 2017 en Europe dans les produits « non rincés », notamment dans le soin pour les yeux l’Oréal Men ou encore le spray solaire enfant Lovea.

Perturbateurs endocriniens, produits allergisants et irritants ont donc été retrouvés dans environ 1000 produits cosmétiques. Certains produits des marques comme Sanex ou encore Petits Marseillais contiendraient pas moins de 4 perturbateurs endocriniens.

Vous pouvez retrouver, classé par catégories, les différents produits référencés par l’association (des déodorants, au maquillage en passant par les produits pour les bébés et les enfants).

L’ethylhexyl methoxycinnamate, le phenoxyethanol ou encore le methylisothiazolinone sont autant de noms à savoir repérer si vous voulez éviter les pièges lorsque vous achetez un produit d’hygiène pour vous ou votre famille.

Au contraire certains produits ressortent de cette étude sans encombre, c’est notamment le cas des marques telles que SVR, Nuxe ou encore Weleda.

La situation est encore plus préoccupante aux États-Unis, où le contrôle des produits cosmétiques est encore sous-réglementé. Dr. Steve Xu, dermatologue et auteur d’une étude sur les produits cosmétiques publiée dans journal JAMA Internal Medicine tire la sonnette d’alarme. Aux États-Unis, les fabricants de cosmétiques ne sont pas tenus de reporter les plaintes des consommateurs aux administrations compétentes (notamment la FDA, Food and Drug Administration).

C’est seulement au cours de l’étude en 2014, que la FDA a appris la plainte de 21000 personnes reçu en privée par le fabricant WEN depuis plusieurs années. Ces plaintes concernent un shampoing ayant provoqué la perte de cheveux et des démangeaisons.

Dans cette étude, Docteur Xu, compare la différence entre eux et l’Union Européenne. « L’UE a déjà banni plus de 1000 produits chimiques présents dans les cosmétiques, alors que nous en avons banni seulement 10 ! » a déclaré le dermatologue.

Nous vous recommandons d’être toujours plus vigilent lors de l’achat de vos produits cosmétiques, en lisant avec attention les étiquettes.

Dr Clément Bacle

 

Éloigner vos adolescents d’Instagram pour préserver leur équilibre mental

Une enquête menée par la Royal Society chez 1500 jeunes âgés de 14 à 21 ans, a montré l’impact des réseaux sociaux sur des problèmes tels que la solitude, la dépression, l’anxiété, l’image de soi, le harcèlement ou encore la peur de l’échec.

Ces réseaux où les « influenceurs » marquent l’idéal à suivre, où le dictat du physique règne en maitre et où la vie est une mise en scène millimétrée, exaltent le culte de la superficialité. La perfection photoshopée, notamment des Instagrameuses, mis en avant sur ces plateformes engendre des déséquilibres psychiques chez les adolescents et les jeunes adultes.

Instagram, le pire des réseaux pour l’équilibre mental

Parmi les réseaux dans le collimateur de ce sondage : Facebook, Instagram, Snapchat, YouTube ou encore Twitter. C’est Instagram qui serait le plus dommageable pour nos jeunes.

YouTube en tête

Dans cette enquête, c’est YouTube qui semble avoir le meilleur impact.

Une jeunesse de plus en plus anxieuse

Une autre étude a observé que le taux d’anxiété chez les jeunes a augmenté de 70% ces 25 dernières années. Fruit du hasard ? Difficile à croire.

Une étude danoise cette fois, a montré une augmentation de la satisfaction globale chez des utilisateurs de Facebook ayant stoppés ce réseau durant une semaine.

Les résultats

Basés sur des questions de bien-être et de santé, les chercheurs ont classé les différentes plateformes de l’impact du plus positif au plus négatif :

  1. YouTube
  2. Twitter
  3. Facebook
  4. Snapchat
  5. Instagram

Les gouvernements réagissent

Des sanctions pourraient toucher ces réseaux pour les obliger à préserver leur utilisateur en les avertissant lorsqu’il s’agit de photo retouchée ou en cas de trop longue durée d’utilisation.

La priorité pour l’avenir

Il convient d’éduquer les parents et les enfants sur les bénéfices et sur les risques des réseaux sociaux, notamment en terme de cyber protection et de bien-être mental.

Dr. Clément Bacle

Références :

https://www.rsph.org.uk/our-work/policy/social-media-and-young-people-s-mental-health-and-wellbeing.html

http://online.liebertpub.com/doi/full/10.1089/cyber.2016.0259

Le danger des « laits » végétaux pour votre enfant

Lait d’avoine, de soja, de maïs, ou encore de quinoa, vous connaissez très certainement ces produits tendances misent en avant pour leurs bienfaits.

Pourtant sous couvert de naturalité certains mésusages peuvent entraîner des drames.

C’est un triste fait divers qui a coûté la vie à un nourrisson. Nourri exclusivement avec des laits végétaux  à partir de l’âge de 3 mois, l’enfant a été conduit aux urgences suite à des vomissements, malheureusement trop tard. L’autopsie du nourrisson a relevé une déshydratation et un état de dénutrition avancé.

En effet, la ressemblance avec le lait d’origine animale s’arrête à l’appellation. La composition du « lait » végétal est extrêmement différente de celle du lait de vache par exemple. Pauvre en sucre et en lipide, le lait végétal est beaucoup moins énergétique que le lait d’origine animale.

Par leur faible teneur énergétique, les « laits » végétaux ne conviennent absolument pas aux bébés et aux enfants ayant des besoins important pour grandir. De plus ces « laits » entraînent des carences en fer, en calcium et en acides gras essentiels, en cas de consommation exclusive.

On compte aujourd’hui 9 cas d’enfants hospitalisés à cause d’une carence liées à la consommation de « laits » végétaux.

Pourquoi cette « mode » du lait végétal ?

Certains mettent en avant l’intolérance au lactose alors que plus de 98% des enfants le tolèrent et d’autre par idéologie. Boire du lait végétal est à la mode, une mode dangereuse pour nos enfants.

L’Europe prend des mesures contre certaines dénominations trompeuses

La Cour de Justice européenne a pris un arrêté afin d’interdire les dénominations « lait », « fromage », « beurre », « crème » ou « yaourt » pour les produits d’origines végétales. Cet arrêté fait suite à une plainte déposée par la société allemande Verband Sozialer Wettbewerb, pour motif de concurrence déloyale contre la compagnie Tofu Town.

Les appellations comme « lait de noisette », « lait de soja », « beurre de tofu » ou encore « yaourt végétal » vont donc disparaître de nos emballages.

La raison invoquée est « le risque de confusion du consommateur ». L’objectif est de limiter la survenue d’autre drame lié aux mésusages de ces produits.  Il faut donc garder à l’esprit que le terme « lait » accolé à n’importe quelle plante est un abus marketing. Par définition le lait ne peut être produit qu’à partir d’une pis (animal ou humain).

Dr Clément Bacle

Référence

https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2017-06/cp170063fr.pdf

Ça bouge sur les vaccins !

Ces derniers temps, l’actualité santé sur les vaccins se bouscule. Et les deux informations qui suivent sur ce sujet sensible ne risquent pas de faire retomber l’agitation.

Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, il existe 11 vaccins destinés aux enfants d’usage courant. Trois d’entre eux sont obligatoires : la Diphtérie, le Tétanos, et la Poliomyélite. Il s’agit du fameux DTP. Les huit autres dits « recommandés » sont : la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, l’hémophilus influenza, le pneumocoque ainsi que le méningocoque C.

Aujourd’hui, les choses changent et la ministre de la santé actuelle songe à rendre obligatoire les huit vaccins recommandés. L’idée serait de rendre la vaccination obligatoire pour une période à définir de 5 voire 10 ans.

En effet,  les vaccins dits « recommandés » couvrent des maladies tout aussi graves que les vaccins obligatoires, et pourtant, ils sont moins pris au sérieux. Il serait donc logique que toutes ces maladies aient le même niveau de protection. Et non content de protéger la personne, le vaccin est le meilleur moyen d’éradiquer une maladie d’un territoire. Pour cela il faudrait une couverture vaccinale de près de 95%, un taux que seul le caractère obligatoire permet d’obtenir. Même le taux de couverture des vaccins recommandés atteignant les 75% de la population (soit les trois quarts), n’empêche pas la rougeole de continuer à tuer.

Concernant le côté pro-vaccination.

Les vaccins connaissent beaucoup de détracteurs, et on ne compte plus les affaires dans lesquelles certains vaccins auraient causé des séquelles aux personnes qui les ont reçus. Cela peut aller de maladies chroniques invalidantes ou dans le pire des cas à des décès. Il y a un nombre certain de personnes qui sont anti-vaccination, mais quand il s’agit de porter l’affaire au niveau des tribunaux, ils se heurtent à un écueil de taille.

En effet, ne peuvent être recevables comme preuves que le vaccin est à l’origine de l’atteinte, uniquement des preuves validées scientifiquement (expériences, études et essais cliniques). Malheureusement ces preuves scientifiquement approuvées sont pour ainsi dire, inexistantes. Beaucoup de procès se sont ainsi soldés par des échecs.

Jusqu’à maintenant.

La Cour de Justice de l’Union Européenne a rendu le mercredi 21 juin une décision qui pourrait bien changer la donne dans ce genre de confrontation.  En effet, désormais, en l’absence de preuves scientifiquement établies, les juges peuvent s’appuyer et recevoir comme preuves des faits rapportés par le plaignant si ces derniers constituent « des indices graves, précis et concordants » qui peuvent permettre de faire le lien entre la prise du vaccin et l’apparition des troubles.

Elle précise que « la proximité temporelle entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie, l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux de la personne vaccinée ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations peuvent constituer des indices suffisants pour établir une telle preuve ». Voilà qui devrait rendre la tâche beaucoup plus simple pour les plaignants dans ce genre d’affaire.

 

Avec ces deux actualités toutes fraîches, la situation sur les vaccins est vouée à évoluer très prochainement, tout autant que les polémiques.

La codéine, toujours au cœur du scandale

Cela fait bientôt deux semaines que l’affaire de l’abus de codéine a été rendue publique. La pétition mise en place par la personne qui est à l’origine de cette médiatisation est sur le point d’atteindre les cinquante mille signatures.

Si l’agence du médicament, l’ANSM, n’a toujours pas clairement statué, le cas de la codéine est lui de plus en plus connu au sein de la population générale.

En effet, lors d’un sondage effectué le 14 et 15 juin, les résultats ont été assez nets. Près de 63% des sondés disent avoir entendu parler du phénomène de mésusage de la codéine et des deux morts associées de ce début d’année. Le taux de connaissance serait plus proche des 68% pour les 18-24 ans, principaux utilisateurs de médicaments détournés, qui auraient appris la nouvelle principalement via les réseaux sociaux.

Quant à savoir si les sondés sont pour ou contre le fait de placer sur ordonnance les médicaments qui peuvent être détournés, la réponse est oui à 65%. Ce taux monte à près de 77% pour la catégorie des 65 ans et plus. Et de manière « peu étonnante » pourrait-on dire, ce taux est le plus faible chez les 18-24 ans avec une opposition des près de 48% à la mise sous ordonnance. Mais le principal argument avancé est très sensé. En effet, mettre tous les produits abusés sur ordonnance (donc pas que la codéine) rendrait pour beaucoup de gens le traitement bien plus complexe puisqu’il faudrait alors passer obligatoirement chez son médecin pour s’en voir délivrer.

C’est justement ce que l’ANSM essaie de résoudre comme équation, à savoir, éviter de verrouiller l’accès à ces médicaments, mais faire en sorte que ces derniers ne soient plus aussi faciles d’accès. Et apparemment, ça n’est pas une réponse simple à trouver.

Donc pour l’instant nous pharmaciens, premiers concernés par cette situation, sommes en train d’attendre la décision de l’ANSM. Et plus le débat avance, plus une évolution du règlement semble probable.

Si vous souhaitez connaitre notre positionnement et notre fonctionnement sur LaSante.net vis-à-vis de la délivrance de la codéine, je vous invite à aller lire notre communiqué sur ce sujet.

L’autoconservation des ovocytes.

L’autoconservation des ovocytes, il s’agit là d’un sujet sur lequel s’est prononcé l’Académie Française de Médecine, organe chargé de conseiller le gouvernement.

Concrètement, il s’agit là de la procédure qui permettrait à une femme de conserver ses propres ovocytes (les cellules qui donnent les ovules), pour pouvoir les réutiliser elle-même plus tard.

En effet, pour plusieurs raisons, de plus en plus de femmes ont des enfants, ou choisissent d’avoir des enfants tard. Or plus l’âge avance, plus le risque d’infertilité augmente, ainsi que le risques d’avoir des complications pour la mère comme pour l’enfant (avortements spontanés ou fausses couches). La fertilité normale commencerait à décroître après 35 ans, et les chances d’avoir une grossesse normale après 40 ans diminuent fortement.

Si l’autoconservation des ovocytes était autorisée en France, elle permettrait à une femme de procéder à la conservation de ses propres ovocytes tant qu’elle est âgée de moins de 35 ans. Elle pourrait ensuite les utiliser en cas de désir de grossesse plus tard dans sa vie. Cela a pour avantage de conserver les bonnes capacités des ovocytes, et en cas de PMA, d’utiliser ses propres cellules, ce qui rend les choses beaucoup plus simples.

Pour autant, la conservation des ovocytes n’est toujours pas autorisée en France. Seules certaines situations extrêmement encadrées donnent le droit à une femme de conserver ses ovocytes : lorsqu’elle en fait don pour autrui. Cela peut paraître contradictoire, et pourtant…

Dans le cadre d’un don, la donneuse peut se voir restituer une partie de ses ovocytes à partir du moment où la receveuse en a reçu suffisamment. Cependant, cette dernière étant toujours prioritaire, la donneuse ne s’en voit remettre maximum que deux ou trois en général, or, quand on sait qu’il faut au moins une dizaine d’ovocytes pour mener à bien une PMA, ça n’est pas la solution.

Aujourd’hui, pour pouvoir disposer de leurs ovocytes, certaines femmes n’hésitent plus à aller dans d’autres pays européens où cette pratique est légale et médicalement encadrée. L’Espagne et la Belgique sont des exemples, mais cela reste coûteux, fastidieux et assez épuisant.

D’autres instances doivent encore se prononcer sur ce sujet, qui ne manquera pas de faire débat. Droit des femmes à disposer d’elles-mêmes ? Grave dérive éthique ? Le débat est loin d’être tranché.

La Codéine. Communiqué.

Bonjour à vous tous et toutes.

 

Si vous avez suivi les actualités, au-delà des législatives, vous avez sans doute entendu parler de cette histoire autour de la codéine, notamment de son mésusage auprès des jeunes populations.

 

En effet, en fin de semaine dernière, a été médiatisé le cas de Pauline, jeune fille de 16 ans, décédée en mai, suite à une overdose de codéine. Sa mère s’est exprimée sur ce point dans plusieurs médias pour porter sur le devant de la scène une pétition sur le site change.org. Pétition dans laquelle elle souhaite la suppression de la vente libre des médicaments qui, tels que la codéine, sont souvent détournés de leur usage premier à des fins récréatives.

De son côté l’ANSM assure avoir pris ces derniers développements en compte et a lancé des recherches pour savoir quelle serait la meilleure marche à suivre.

Il est un peu tôt pour se prononcer sur ce qu’il adviendra du statut de la codéine à l’heure actuelle. Mais ce qui est certain, c’est que nous, pharmaciens et pharmaciennes, avons un rôle à primordial à jouer dans ce genre de situation. En effet, c’est par nos mains et celles de nos préparateurs et préparatrices que les médicaments sont remis aux patients. Aussi c’est notre vigilance, notre droiture, notre jugement, et les décisions que nous prenons qui assurent la bonne délivrance et le bon usage des médicaments.

 

Quelques rappels qui concernent de manière générale tous les pharmaciens et la codéine.

Il faut savoir déjà, qu’un pharmacien à le droit, voir même pourrait-on dire le devoir, de ne pas délivrer un produit s’il juge que ce produit pourrait avoir des conséquences sanitaires néfastes. Le pharmacien est un des garants de la santé, encore plus quand il s’agit de produits conseillés ou hors ordonnances. Une suspicion de mésusage est un de ces cas. Le pharmacien est un professionnel de santé, et pas un « épicier ».

En ce qui concerne la codéine. Il s’agit d’un antidouleur, un dérivé de l’opium, tout comme la très célèbre morphine. Il est classé comme un antalgique de pallier 2, c’est-à-dire qu’il est utilisé pour les douleurs qui résistent aux antalgiques de pallier 1 (le paracétamol, l’aspirine ou l’ibuprofène). Il est fréquemment associé à l’un d’entre eux, le plus souvent le paracétamol. Seul il est aussi utilisé comme antitussif dans le cas de toux sèches. En elle-même, la codéine est une molécule à l’action connue et reconnue.

Le point qui fait énormément débat ici, porte sur sa vente libre (c’est-à-dire sans ordonnance).

A noter que « ventre libre » ne signifie pas pour autant que l’on devrait pouvoir s’en procurer des kilos sans problème. En effet la codéine est sur une liste de molécules dont la délivrance hors ordonnance est encadrée. Il s’agit de l’« Arrêté du 22 février 1990 portant exonération à la réglementation des substances vénéneuses destinées à la médecine humaine », arrêté relié au Code de la Santé Publique. Il définit pour plusieurs substances les quantités maximales que l’on a le droit de délivrer hors ordonnance. Et compte tenu des doses qui sont définies pour la codéine, cela fait qu’un pharmacien n’est pas autorisé à délivrer plus d’UNE boîte de produits codéinés quelle qu’en soit sa forme. Les formulations des produits avec de la codéine sont telles que la quantité cumulée de codéine de deux conditionnements, quels qu’ils soient, dépassent la dose d’exonération.

Pour faire très simplement, délivrer deux boîtes de produits codéinés en vente libre à une personne est illégal.

Ce texte sur les doses d’exonération est malheureusement ignoré par certaines pharmacies. Cela peut-être sciemment (et dans ce cas c’est extrêmement grave), mais cela peut aussi être de bonne foi : des pharmaciens ou préparateurs, ne sachant pas ou plus que ce texte existe délivrent sans s’en rendre compte des quantités illégales. Ce qui doit être la situation la plus fréquente. L’application stricte de ce texte reste tout de même quelque chose de très complexe, et malheureusement les choses ne sont pas aussi simples que le « une boite maximum » de codéine.

 

En ce qui concerne notre site internet maintenant.

Nous avons conscience que compte tenu de notre format, nous pouvons facilement passer pour des « méchants » dans cette histoire. En effet, nous sommes entièrement en ligne, et donc il n’y a pas la relation pharmacien/patient comme au comptoir. D’autant plus nous sommes très souvent moins chers que les simples pharmacies de quartier. Le combo apparent de nos prix bas et de la facilité/anonymat pourrait en effet nous faire très mal voir dans cette histoire.

Mais si je puis vous assurer d’une chose, c’est que dans la manière nous avons de traiter les commandes, nous faisons tout pour limiter les abus.

Dans un premier temps, sachez que pour toute commande contenant au moins un médicament une vérification manuelle est engagée. Cette vérification et menée par moi-même ou bien un préparateur formé spécifiquement à cette tâche. Nous sommes spécifiquement vigilants sur les produits qui sont passés en trop grande quantité, mais aussi sur des associations qui dénotent d’un mauvais usage des produits. Une fois ces commandes bloquées, nous contactons la personne qui a passé la commande pour avoir des explications. Et si nous jugeons ces dernières non convaincantes, nous annulons ladite commande.

Par exemple l’an dernier, il y a eu l’affaire dite du « Purple Drank », un cocktail de médicaments (entre autre de la codéine) qui était utilisé à visée récréative. Ayant vu l’arrivée de cette tendance dans différentes actualités, nous avons durci nos contrôles avant même que l’ANSM n’émettent ses recommandations. Nous continuons aujourd’hui encore de déceler et de bloquer ce type de commande.

Nous avons d’autre moyens pour déceler si des commandes ont un caractère abusif, détourné, ou frauduleux, mais comprenez que pour rester le plus efficace possible, nous n’allons pas tout exposer dans ce communiqué.

Sachez néanmoins que nous faisons tout notre possible pour être les plus exemplaires possibles dans l’exercice de notre métier. La pharmacie en ligne est un domaine nouveau qui est encore en train d’améliorer son concept chaque jour. Tout n’est pas encore parfait, mais nous travaillons à améliorer notre outil de travail pour pouvoir satisfaire toutes les demandes dans les meilleures conditions possibles. Et je tiens à remercier les quelques patients consciencieux que nous avons, qui nous font remonter des défauts qu’ils trouvent, dans le but de nous améliorer.

Malheureusement, comme pour le comptoir, il y aura toujours des personnes plus malines ou retorses que les autres qui arriveront à passer outre nos contrôles. Sans compter les choses sur lesquelles nous n’avons pas forcément prise, comme le fait de multiplier les pharmacies pour multiplier les boîtes.

Ce qui est dommage dans cette histoire, bien que cela passe loin après la douleur de ceux qui ont perdu quelqu’un à cause de cette mode, c’est que cela risque de porter préjudice à d’autres personnes qui utilisent de manière correcte de la codéine. Ce produit, ainsi que bien d’autres qui sont malheureusement détournés, aident de nombreuses personnes dans leur vie quotidienne.

En tant que pharmaciens, nous sommes dans une situation difficile. Est-ce que la codéine se verra retirée de la vente libre ? Encore trop tôt pour le dire. Est-ce que la vente de codéine va rester telle quelle ? Peu probable, au vu de ce qui se passe. Est-ce que sa mise en vente va être durcie tout en restant disponible ? Compliqué de l’imaginer.

Même si cela ne règle pas tout, il faudrait déjà être certain que toutes les pharmacies délivrent la codéine comme il le faut au niveau des quantités, et avec une grande vigilance. Cela ne résoudrait sans doute pas entièrement le problème mais aiderait sans doute à limiter le phénomène.

 

Je prends les dernières lignes de ce communiqué pour m’exprimer à titre personnel.

Je tiens tout d’abord à exprimer toutes mes condoléances, ainsi que mon soutien et ma sympathie pour les différentes personnes qui ont eu à perdre quelqu’un suite à ce genre d’incident. Autant en tant que personne qu’en tant que pharmacien. Il est de notre devoir d’éviter que ce genre de situation se reproduise. Le risque zéro hélas n’existe pas, mais je veux croire que la majorité de la profession exerce son art de bonne manière. Et je veux aussi croire que ce genre de situation ne fera au final que renforcer les bonnes pratiques. Je ne souhaite pas que la codéine se retrouve à n’être disponible que sur ordonnance, pensant à toutes les personnes pour qui elle rend un service médical certain. Mais s’il s’agit de la manière la plus simple pour éviter ce genre d’abus, alors oui, je veux bien qu’elle le soit, comme la codéine reste une molécule qui est tout sauf anodine. Et bien que cela puisse paraître étrange, j’assume cette position, aussi ambivalente qu’elle puisse paraître. Jusqu’à ce qu’il soit officiellement décidé quelque chose, je veillerai à la vigilance dans les contrôles des commandes passées, voire à l’être encore plus si le besoin s’en faisait sentir.

Le temps que je rédige et poste ce billet, la pétition que j’évoquais au début a gagné plus d’un quart de soutiens, dépassant la barre les 1750. Et j’ai été étonné et agréablement surpris de voir dans les commentaires qu’un certain nombre de pharmaciens, présents et à venir avaient apporté le leur. Je comptais apporter le mien, et la présence de ces différents confrères me conforte dans cette idée.

Les médicaments ne sont pas des bonbons. Et ce n’est qu’une utilisation raisonnée et raisonnable qui permet de limiter les risques et de garantir leur bonne efficacité.

N’hésitez jamais à consulter votre pharmacien et à lui poser des questions. Nous sommes là pour ça, et ferons en sorte de vous fournir la meilleure réponse possible.

 

En vous souhaitant une bonne santé.

 

Clément LEMAIRE

Pharmacien Adjoint

Rattaché au site de vente en ligne LaSante.net

La pilule du lendemain

Vous avez sans doute entendu parler sur le net de cette Sabine (nom d’emprunt) qui s’est faite recevoir par son pharmacien avec des phrases comme « elle a passé une bonne soirée » et qui lui explique qu’il « faudrait qu’elle arrête de se foutre à poil pour rien » en pleine officine et devant une clientèle où remarques et regards n’ont pas tardé à fuser, la jeune femme finissant par partir de la pharmacie en pleurs.

La contraception d’urgence ou pilule du lendemain est un sujet qui divise beaucoup de spécialistes de santé. Mais savez-vous réellement ce que c’est ? Seules 35% des femmes se disent bien informées à son sujet.

 

Comment ça marche ?

Accessible sans ordonnance en pharmacie, la pilule du lendemain agit sur les hormones qui entrent en jeu dans la reproduction. Elle a pour effet de bloquer la libération de l’ovule qui ne peut donc pas être normalement fécondé. Son efficacité est de l’ordre de 95% dans les premières 24h après l’acte non protégé, et tombe à 85% au bout de 72h, trois jours étant la limite maximale. Au-delà il existe des pilules dites du surlendemain, mais idéalement la contraception d’urgence est à prendre dans les 12h.

 

Effets indésirables ?

Principalement nausée, vomissements, douleurs abdominales, vertiges, fatigue, et maux de tête. Si un vomissement à lieu dans les 3h après la prise, il faut se procurer une nouvelle pilule. Ce produit jouant sur les hormones, des manifestations liées au cycle peuvent survenir : décalage des règles, des saignements en dehors des règles ou des tensions au niveau des seins.

 

Les idées reçues, le vrai du faux

Le pharmacien peut refuser de délivrer la pilule du lendemain.
FAUX. Un pharmacien ne peut refuser de délivrer la contraception d’urgence. Cette délivrance doit en plus être anonyme et doit s’accompagner de conseils sur la contraception en général. Le pharmacien peut refuser si, et seulement s’il sait que l’état de santé de la patiente ne le permet pas. De plus, sachez que la pilule du lendemain est gratuite pour les mineures.

La pilule du lendemain est dangereuse pour le cycle.
FAUX. La pilule du lendemain quoi qu’on en dise n’est pas toxique, n’entraîne pas de fausses couches et ne rend pas stérile ni ne met en péril de futures grossesses. Ces arguments sont souvent avancés par des pharmaciens qui ne souhaitent pas délivrer une contraception d’urgence. Le seul vrai risque est d’être confronté aux effets indésirables pouvant être assez impactant bien que transitoires.

– La pilule du lendemain est une méthode de contraception fiable.
FAUX, elle n’est pas une méthode de contraception. C’est le rôle des stérilets, dispositifs implantables, pilules contraceptives classiques, ou les préservatifs quand ils sont bien employés. La fonction de la pilule du lendemain est de parer à un oubli ou une situation à risque, mais elle ne doit en aucun cas se substituer à une contraception classique.

La Dépakine, nouveau scandale ?

La Dépakine vous en avez entendu parler ? Ce produit serait responsable de multiples décès et malformations chez des fœtus. S’agit-il d’un nouveau scandale semblable à celui du Médiator il y a quelques années ? Nos réponses.

 

Qu’est-ce que la Dépakine ?

La Dépakine est un nom de médicament dont le principe actif est le valproate de sodium (de la même manière, que Doliprane est un médicament et le paracétamol son principe actif). Comme son nom l’indique, c’est le principe actif qui, dans le médicament, est responsable de son action. Le cœur du scandale de la Dépakine serait donc le valproate de sodium.

Le valproate de sodium connu pour soigner les troubles bipolaires est avant tout utilisé dans le traitement de l’épilepsie. C’est un produit qui est ancien, connu et reconnu pour cette indication, avec un  taux d’efficacité proche de 100%. La Dépakine, son dérivé la Micropakine, ainsi que leurs génériques, sont presque tous produits par le laboratoire français Sanofi et sa filiale Zentiva.

Ce sont les médicaments leaders sur le marché de l’épilepsie : cette gamme couvre à elle seule 80% du marché, et la vente de Dépakine représente 1.2%  du chiffre d’affaire de Sanofi.

 

Le scandale

Entre 2007 et 2014, plus de 10 000 femmes enceintes se sont vues prescrire de la Dépakine pour traiter leur épilepsie, alors même que ses effets néfastes étaient connus à l’époque. On estime pour l’enfant :

– à 10% le risque de malformation

– à 40% le risque de retard de développement physique ou mental

A l’époque, les femmes s’étant fait prescrire ce médicament n’avaient pas été informées des risques qu’elles encourraient, bien que dès les années 1980 les risques de malformation étaient connus, et que dès 2000 on avait la certitude du fort risque de retard de développement chez l’enfant.

Il aura fallu attendre 2014 pour que la délivrance de ce produit soit encadrée, avec des règles bien précises pour les femmes enceintes ou en âge de procréer. En effet, aujourd’hui la prescription de ce médicament se fait par un spécialiste qui, après avoir expliqué tous les effets néfastes de ce médicament, fait signer un consentement aux femmes.

Pourquoi cette lenteur ? Ce retard entre la découverte des effets potentiels et de la mise en œuvre de mesure de délivrances sécurisées ? Savoir qui est en cause, laboratoires, médecins, agence du médicament, politiques, sera du ressort des enquêtes qui ne manqueront pas de s’ouvrir.

Si on dénombre à l’heure actuelle près de 450 cas de malformations visibles à la naissance pour les femmes traitées au Dépakine, le nombre de « victimes du Dépakine » risque de fortement augmenter quand seront diagnostiqués les troubles du développement et les malformations non visibles à la naissance.

Mais une question se pose aussi. Pourquoi ne pas avoir arrêté de donner de la Dépakine à une femme enceinte ?

Parce que l’épilepsie est une atteinte grave dont les crises peuvent être mortelles pour la personne, mais également pour le fœtus. En effet, ce dernier peut être endommagé par les fortes contractions de l’abdomen lors des spasmes ou encore le manque temporaire d’oxygène que provoque une crise. Les crises à répétitions peuvent provoquer des morts intra-utérines, des malformations, ou bien encore des fausses couches.

Si la femme peut se passer d’antiépileptiques tant mieux, mais dans le cas contraire, il est nécessaire de mettre en place un traitement qui est efficace pour empêcher les crises, à la plus petite dose efficace possible. Et ce traitement, c’est la Dépakine.

 

Ce qui nous fait nous poser une question qui est souvent courante en médecine et en santé : entre deux risques différents, lequel choisir ?