La résistance aux antibiotiques, une menace grave

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé un alerte pour mettre en garde la population contre la menace mondiale que représente la résistance aux antibiotiques. Cette dernière est qualifiée de « menace majeure pour la santé publique ». Les bactéries évoluent et mutent si rapidement que les antibiotiques deviennent inefficaces, rendant plus bien plus difficile le traitement de certaines infections. Ce problème majeur touche toutes les régions du monde, sans exception.

Certains antibiotiques ne peuvent désormais soigner qu’un patient sur 2

C’est le cas des fluoroquinolones, classe d’antibiotiques introduite dans les années 80 pour traiter notamment les infections urinaires causées par la bactérie Escherichia coli. Aujourd’hui, cet antibiotique est inefficace et ne fonctionne plus que 50% des patients. Il en est de même pour les carbapénèmes, antibiotiques utilisés pour lutter contre une bactérie intestinale responsable d’infections nosocomiales. Enfin, l’OMS rapporte également que la cause principale de l’échec du traitement de la gonorrhée et de la tuberculose est la résistance de l’organisme aux médicaments… Une accumulation de constats alarmants pour la santé publique.

Un usage abusif

Après avoir été massivement utilisés entre les années 50 et 80 dans un dynamique de découverte de nouveaux traitements permanents, l’utilisation excessive d’antibiotiques a ensuite été pointée du doigt. On pensait à l’époque que cette résistance pourrait être palliée par la découverte de nouvelles thérapies. Le constat aujourd’hui ? Le rythme de développement des médicaments s’est ralenti. Parallèlement, les bactéries n’ont pas cessé d’évoluer pour lutter contre les antibiotiques et beaucoup d’entre elles sont devenues résistantes. Il existe donc des infections difficilement traitables puisque les antibiotiques sont devenus inefficaces et qu’il n’existe pas de traitement alternatif.

Il ne s’agit donc plus de spéculations mais bien d’une menace existante… L’OMS appelle à une plus forte régulation de l’usage des antibiotiques ainsi qu’à la mobilisation des professionnels de santé pour réussir à lutter contre la crise sanitaire géante vers laquelle nous nous dirigeons.