Comment l’industrie de l’alcool trompe le public concernant les liens entre l’alcool et le risque de cancer

Plusieurs universités européennes (London School of Hygiene and Tropical Medicine en Angleterre, the Karolinska Intitutet en Suède et the University of Tromsø en Norvège) ont étudié la véracité des informations fournies par les fabricants d’alcool sur les risques de la consommation d’alcool sur la santé.

Les résultats de l’étude accusent les fabricants d’alcool de déformer les faits, notamment sur les liens entre la consommation d’alcool et le risque de cancer dans leurs propres intérêts.

3 approches pour déformer la vérité

Les chercheurs ont mis en évidence 3 méthodes pour mésinformer les consommateurs.

  • Remettre en cause le lien réel entre la consommation d’alcool et le risque de cancer.
  • Minimisation des risques liés à la consommation d’alcool.
  • Éluder le lien entre consommation d’alcool et le risque de cancer en focalisant l’attention du lecteur sur d’autres facteurs de risque.

Comment s’est déroulée l’étude ?

Les chercheurs ont analysé 27 sites web et documentations publiés par des organismes en lien avec l’industrie de l’alcool durant quatre mois de septembre à décembre 2016. Ils ont notamment surveillé la fiabilité et la validité des contenus présentés dans ces différents médias.

Les résultats

Parmi les 27 sites analysés, 24 présentaient au moment de l’étude des fausses ou partielles informations.

  • Remettre en cause le lien réel entre la consommation d’alcool et le risque de cancer.

5 sites remettent en cause le lien réel entre consommation d’alcool et risque de cancer, en déclarant que la consommation légère à modérée d’alcool ne conduit pas à un risque accru de développer un cancer. D’autres énumèrent des effets tels que le risque de maladies cardio-vasculaires, de diabète ou de dépendance sans mentionner le risque de cancer.

  • Minimiser le risque de cancer 

Certains mentionnent bien le risque de cancer mais omettent de parler du type de cancer développé et le pourcentage de risque.

3 d’entres eux déclarent qu’il existe bien un risque mais seulement pour les gros consommateurs.

– De plus, ils déclarent qu’il n’existe pas de consensus entre les experts concernant les risques réels de cancer liés à la consommation d’alcool.

– Enfin, ils déclarent que l’alcool aurait des effets protecteurs pour certains types de cancer, jetant le trouble sur le message des autorités de santé.

  • Distraction

Enfin, huit d’entres eux mettent en avant le fait que l’alcool n’est pas le seul facteur de risque dans le risque de développer un cancer. Notamment en se focalisant sur les risques familiaux. Ils minimisent ainsi la responsabilité de l’alcool dans le développement de cancer.

En conclusion

L’industrie du tabac a utilisé les mêmes procédés dans les années 70 – 80 lorsque les liens entre la consommation de tabac et le risque de développer un cancer du poumon étaient moins documentés.

Rappelons que les autorités conseillent de limiter la consommation d’alcool à 14 unités d’alcool par semaine. Rappelons également que le consommation d’alcool augmente le risque de cancer du foie, de la bouche ou encore du sein de façon significative.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article: les conséquences de la consommation d’alcool sur notre cerveau.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients. 

Références 

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dar.12596/epdf

https://www.nhs.uk/news/cancer/drinks-industry-accused-downplaying-alcohol-cancer-risk/

6 conseils pour se protéger du soleil

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Le soleil est essentiel à la vie sur terre. Source d’énergie pour le développement des végétaux, ses rayons jouent un rôle bénéfique sur notre moral. Ils permettent également à notre organisme de synthétiser de la vitamine D, nécessaire à notre capital osseux.

Cependant le soleil peut aussi être responsable d’effets néfastes à court terme : Coups de soleil, insolations et allergies cutanées.

Au long terme, l’abus de soleil augmente le risque de cancer de la peau (80 000 nouveaux cas chaque année en France), son vieillissement prématurée (assèchement et rides) ainsi que des lésions oculaires.

 

  • Tout le monde n’est pas égal devant les risques du soleil

 

En fonction de la couleur de votre peau, vous êtes plus ou moins tolérant vis-à-vis du soleil. Une peau blanche sera naturellement moins protégée qu’une peau mate ou noire. Si vous avez une peau très claire, avec des difficultés pour bronzer, opter pour une crème solaire d’indice 50 haute protection. Si au contraire, vous avez une peau mate et que vous ne prenez jamais de coup de soleil, une crème solaire d’indice 20 ou 30 suffira.

 

  • De midi à 16h, pas de soleil

 

C’est le moment où les rayons du soleil sont les plus directs au dessus de nos têtes. On dit que le soleil est au zénith. Le risque de brûlure est, durant cette période, maximal. Pas de soleil entre 12h et 16h, peu importe votre type de peau.

 

  • Une exposition raisonnée et progressive

 

Éviter toute exposition prolongée, surtout durant les premiers jours de vos vacances. Ce conseil s’adresse aussi et surtout aux enfants plus sensibles au soleil. Les bébés ne doivent en aucun cas être en contact direct avec les rayons du soleil.

 

  • Protégez-vous !

 

Crème solaire et vêtements sont de rigueur pour éviter les coups de soleil. Vêtements longs et amples, en lin, en coton ou des textiles répondant à des normes solaires (T-shirt UV protect). Consulter notre article sur le soleil pour savoir quelle crème utiliser. Même bien protégé, préférer l’ombre au soleil.

 

  • Lunettes de soleil et chapeaux sont indispensables

 

Un chapeau pour vous protéger le crâne, la nuque et les oreilles. Des lunettes, pour vos yeux. Au même titre que votre peau, vos yeux peuvent être brûlés par les rayons du soleil. Les lunettes doivent être certifiées UV avec un marquage CE.

 

  • Attention aux séances d’UV

 

Ces séances exposent notre peau aux rayons ultraviolets (UVA) jusqu’à 10 fois plus puissant que les rayons du soleil, augmentant considérablement les risques de cancer.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Cancer colorectal : un test de dépistage plus efficace

Marisol Touraine, ministre de la Santé, vient d’annoncer que de nouveaux tests de dépistage du cancer colorectal seraient disponibles d’ici la fin de l’année 2014. Cela faisait 6 ans que les gastro-entérologues et professionnels du milieu médical se mobilisaient pour la mise en place d’un nouveau test de dépistage. Alors qu’il avait reçu son autorisation de mise sur le marché en 2008, le remplaçant du test actuel Hemoccult faisait l’objet de toutes les tensions entre les spécialistes et les autorités administratives.

Il s’agit là d’une excellente nouvelle qui devrait sauver nombres de vies. En effet, à l’heure actuelle, le test de dépistage gratuit Hémocult n’est pas le plus performant ni le plus fiable. Contraignant de par son utilisation (2 prélèvements de 3 selles différentes à domicile), il n’est utilisé que par 30 % des personnes concernées et sa sensibilité permet de détecter seulement 50 % des cancers du côlon. Un cancer sur deux n’est donc pas détecter avec le test Hemoccult.

Le nouveau test sera bientôt disponible et ne nécessitera qu’un prélèvement sur une seule selle. Il permet de détecter huit cancers sur 10 et beaucoup plus de lésions précancéreuses. Il sera sans doute « mieux accepté et mieux réalisé par les personnes ciblées », selon la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie.

Le cancer colorectal est l’un des plus fréquents. En France, on compte plus de 40 000 nouveaux cas tous les ans. 55% d’entre eux s’en sortent. Les chances de guérison avoisinent les 90 % lorsque le cancer est détecté en stade précoce.

N’oubliez pas de faire le test. Passé l’âge de 50 ans, réalisez un dépistage tous les 2 ans.