Les dommages de l’alcool sur votre cerveau

14 unités d’alcool par semaine (équivalent à environ 6 pintes de bières), c’est ce qui est recommandé par les instances scientifiques pour vous prémunir des risques courts et longs termes de l’alcool.

Pourtant une nouvelle étude anglaise remet en question ces recommandations. Menée depuis 1985 sur 550 patients, cette étude a analysé les répercussions de la consommation d’alcool sur certaines zones de notre cerveau.

Celle-ci a mis en évidence une donnée inquiétante, même une consommation modérée d’alcool peut entrainer des dommages sur notre cerveau. De plus il n’existe aucun effet protecteur pour le cerveau en cas de consommation modérée, fait souvent relayé par les médias.

Comment les chercheurs ont analysé ces répercussions sur notre cerveau ?

Par l’analyse structurelle du cerveau des participants via l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Celle-ci a scanné la densité de matière grise, blanche ainsi que l’hippocampe, zone impliquée dans le processus de mémorisation.

Outre l’IRM, les chercheurs ont également observé les performances intellectuelles des sujets via 10 évaluations, parmi lesquelles des tests de rapidité cognitifs ou encore de mémorisation.

Au cours de ces trente années d’études, les participants ont été catégorisés dans différents groupes en fonction de leur consommation d’alcool.

  • Les personnes abstinentes, consommant moins d’une unité par semaine (moins d’un verre de vin par exemple).
  • Les buveurs légers, consommant entre 1 et 7 unités par semaine.
  • Les buveurs modérés, consommant de 7 à 14 unités par semaine pour les femmes et jusqu’à 21 pour les hommes.
  • Les buveurs lourds, consommant plus de 21 unités par semaine pour les hommes et 14 pour les femmes (cependant cette norme a déjà été revue à la baisse, avec 14 unités pour les deux sexes).

 

À quoi correspond 1 unité d’alcool ?

Une unité d’alcool est égale à 10 grammes d’alcool, équivalent à un verre de 25cl de bière.

 

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Que faut-il retenir de cette étude ?

  • La consommation moyenne hebdomadaire de cet échantillon d’individu est de 11,5 unités pour les hommes et de 6,4 unités pour les femmes.

 

Concernant la structure du cerveau :

  • Plus les personnes consomment d’alcool, plus leur hippocampe s’atrophie et par extension plus le risque de perte de mémoire augmente. Ainsi les personnes buvant plus de 30 unités par semaine, présentent un risque 5 fois plus élevé d’atrophie de l’hippocampe comparé aux abstinents. Tandis que celles consommant entre 14 et 21 unités, un risque 3 fois plus élevé.
  • Le cerveau des personnes consommant moins de 7 unités par semaine est similaire à celui des personnes abstinentes.

 

Concernant les performances cognitives :

  • Les chercheurs ont mis en évidence une baisse de la fluidité lexicale à partir d’une consommation supérieure à 7 unités par semaine (3 pintes de bières ou 6 verres de vin par semaine). L’exercice consistait à nommer autant de mot que possible commençant par la même lettre.
  • Baisse de la fluidité lexicale de 14% pour les personnes consommant de 7 à 14 unités par semaine.
  • Baisse de la fluidité lexicale de 17% pour les personnes consommant de 14 à 21 unités par semaine.

 

Nous recommandons donc de limiter sa consommation d’alcool par semaine pour éviter les conséquences courts (risque d’accident de la route, violences…) et longs termes (maladies cardio-vasculaires, baisse des performances cognitives, cancers, lésions du foie…) que cela engendre.

Dr Clément Bacle

Pharmacien passionné par la e-santé. Je suis convaincu que la santé doit désormais compter sur internet pour mieux servir les patients.

Référence

http://www.bmj.com/content/357/bmj.j2353

 

24 ans, l’âge d’or pour votre cerveau

Vous venez de souffler votre 24ème bougie ? Alors selon les chercheurs de l’Université Simon Fraser au Canada, vous faites désormais partie des vieux !

En effet, les recherches menées ont permis aux spécialistes de constater que les performances de notre cerveau commencent à faiblir passé l’âge de 24 ans. C’est entre 20 et 24 ans que notre matière grise est la plus active. Ensuite, c’est le déclin…

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs canadiens ont mesurer les capacités cognitives de 3300 joueurs, âgés de 16 à 44 ans, du célèbre jeu vidéo de stratégie Starcraft II. Selon les experts, ce jeu est très complexe. Il sollicite de nombreuses ressources pour de nombreuses actions : création d’une armée, enrichissement, lutte contre l’adversaire… Des actions que les joueurs doivent gérer individuellement, simultanément et le plus rapidement possible. Un merveilleux laboratoire pour les canadiens, qui voyaient là un moyen idéal de tester les performances cognitives des joueurs sous pression, en étudiant les vidéos de plusieurs parties de Starcraft II.

Passé 24 ans, le cerveau est moins réactif

Les analyses ont portées ainsi porté sur la concentration, la stratégie, la vitesse et l’habileté des participants. Résultat ? Les chercheurs ont repéré que chez les joueurs de plus de 24 ans, la vitesse de réaction du cerveau et la rapidité avec laquelle il transmet ses ordres au corps, est moins élevée. Le cerveau est moins réactif et les joueurs moins habiles que leurs adversaires plus jeunes.

En pratique, quelqu’un qui avoisine la quarantaine perd en moyenne 30 secondes sur une partie de 15 minutes car son cerveau est plus lent, comparé à un joueur de 24 ans. Dans un jeu intense où le cerveau exécute des centaines d’actions par minute, c’est beaucoup !

Et le niveau de culture générale de chacun ne changerait rien, il ne permettrait pas d’augmenter les performances malgré l’âge. Seule la sagesse acquise avec le temps vous permettra de finter et d’outrepasser les « jeunes » !

Néanmoins, certains professionnels tempèrent l’étude et rappellent qu’un cerveau entraîné (par de longues études par exemple) est un cerveau qui se développe mieux et qui, malgré le déclin, sera plus actif qu’un cerveau moins stimulé…