Alcool : un décès toutes les 10 secondes

L’alcool tue 3,3 millions de personnes chaque année dans le monde, soit l’équivalent de la population de Madrid rayée de la carte tous les ans. Voici les chiffres rapportés par l’Organisation Mondiale de la Santé lundi, alertant les gouvernements contre les dangers de l’alcool et de l’augmentation de sa consommation. Chaque année, cette substance euphorisante tue plus que le SIDA, la tuberculose et la violence réunis…

Abus, conduite en état d’ivresse, cirrhoses & diverses maladies, violences, accidents, chutes, comportements à risque… L’alcool provoque en moyenne un décès toutes les 10 secondes dans le monde. Cela représente un décès sur 20 toutes causes confondues, soit 5,9% des décès dans le monde (7,6 % des décès chez les hommes et 4 % des décès chez les femmes). A titre de comparaison, le SIDA est responsable de 2,8 % des décès, 1,7 % pour la tuberculose et 0,9 % pour la violence…

La consommation mondiale en augmentation

Le nombre de décès liés à l’alcool est en constante augmentation et alerte de plus en plus les autorités sanitaires. En effet, la consommation d’alcool augmente même dans les pays où elle a toujours été faible, comme la Chine ou l’Inde, qui voient leurs richesses croitre ainsi que leurs habitudes de consommation. Pour Oleg Chestnov à l’OMS, il est indispensable d’augmenter les moyens pour protéger les populations en alertant sur les conséquences de la consommation d’alcool.

D’un point de vue médical, l’alcool est lié à plus de 200 pathologies, y compris la cirrhose du foie. Il affaiblit l’organisme et rend les consommateurs excessifs vulnérables aux maladies infectieuses, comme la tuberculose citée précédemment.

Puisqu’il modifie le comportement et la vigilance de ses consommateurs, l’alcool provoque également chaque année des accidents mortels comme les accidents de la route lors de conduite en état d’ivresse, deuxième cause de mortalité liée à l’alcool.

Répartition de la consommation

Toutes les nationalités ne boivent pas de la même manière. Les Russes sont les plus gros consommateurs d’alcool au monde avec une consommation annuelle moyenne de 32 litres d’alcool pur par adulte de sexe masculin. L’Europe, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et l’Afrique du Sud suivent de près le pays réputé pour sa vodka.

Enfin, près de la moitié des adultes de la planète n’a jamais touché à un verre d’alcool. Mais parmi l’autre moitié, un buveur sur 5 entretient un rapport compliqué puisqu’excessif avec ce produit. Il est donc impératif de rester vigilant afin de ne pas tomber dans l’excès.

Alors, consommer oui, mais avec modération !

Les Français consomment moins de médicaments

Les Français sont connus pour être les champions d’Europe, voire du monde, de la consommation de médicaments par habitant. Le terme champion est mal choisi, tant il est dangereux et coûteux de consommer trop de médicaments. Toutefois, pour la première fois depuis 2002, le nombre de médicaments vendus par les officines françaises est enfin en baisse. C’est ce que révèle le laboratoire Celtipharm dans une étude qui compare les années 2011 et 2012. Cette baisse est d’1,5% pour les médicaments sur ordonnance, et de 0,4% pour l’automédication (médicaments librement accessibles en pharmacie, sans consultation préalable). Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement.

Pourquoi les Français consomment moins de médicaments ?

• Tout d’abord, tout simplement, les Français ont été moins malades en 2012 par rapport à l’année précédente. Les épidémies ont été rares, entraînant moins de visites chez le médecin, et donc moins de prescriptions.

• Les médecins sont aussi en grande partie responsables de la baisse de la consommation de médicaments. En 2012, ils ont non seulement émis moins d’ordonnances mais ces dernières ont aussi été moins remplies qu’en 2011. La baisse des prix et le recours croissant aux génériques ont d’ailleurs permis d’alléger la facture pour la Sécurité Sociale.

• Ensuite, les Français prennent peu à peu conscience que les médicaments peuvent être dangereux et ne doivent pas utilisés à outrance. Les campagnes de communication sur les génériques, les antibiotiques (« C’est pas automatique ! ») ou le bon usage des médicaments en sont en partie responsables. Mais, plus inquiétant, le ralentissement observé est aussi dû à une méfiance de plus en plus grande des Français vis-à-vis des médicaments. Les scandales récents du Médiator ou des pilules de 3ème et 4ème génération, ainsi que la mauvaise réputation des laboratoires médicaux ont amené plus de prudence et moins de confiance dans les comportements observés.

• D’autre part, la crise économique explique aussi la baisse du nombre de médicaments vendus : près d’un quart des Français a ainsi renoncé à se soigner en 2011, en raison du coût des médicaments. Le déremboursement de nombreux médicaments n’y est pas étranger.

• Enfin, les laboratoires ont aussi contribué à cette baisse de la consommation des médicaments, peut-être contre leur gré. Tout d’abord, 2012 n’a pas été marqué par des innovations pharmaceutiques majeures qui auraient pu soutenir le marché, comme les années précédentes. Ensuite, la pression des laboratoires sur les médecins s’est progressivement réduite, avec une baisse de 40% du nombre de visiteurs médicaux depuis 2002, expliquant en partie le ralentissement des prescriptions.

Rien n’est joué !

Toutefois, si cette baisse représente 40 millions de boîtes de médicaments, les pharmaciens français en vendent encore 3 milliards par an ! Et en valeur, les médicaments en vente libre ont progressé en 2012 de 3%. Cela s’explique sans doute par une dérive des prix de ces médicaments, qui sont fixés librement par les pharmacies elles-mêmes. Et dans ce domaine, les pharmacies en ligne devraient apporter un peu de pouvoir d’achat, en pratiquant des tarifs moins élevés !