Presbyacousie ou quand la feuille devient dure

La presbyacousie est une déficience auditive qui apparait généralement chez les hommes et les femmes à partir de 55 ans. Le système auditif se détériore de manière physiologique avec l’âge. Les Hommes naissent en effet avec un pool de cellules ciliaires (environ 30 000) qui ont la particularité de ne pas se régénérer. Ainsi avec le temps et au gré des lésions éventuelles, elles meurent et les signaux auditifs se transmettent moins bien.

On estime aujourd’hui à 4 à 5 millions le nombre de personnes qui en souffrent. Ce chiffre ira en s’accroissant dans les 10 prochaines années et la presbyacousie est déjà la première cause de surdité.

Entendons-nous bien, la surdité n’a aucune conséquences physiques mais engendre une lente détérioration des liens sociaux et mène à un isolement. La personne atteinte ne comprenant plus les conversations, et n’osant pas faire répéter son interlocuteur à tout bout de champs, va lentement ne plus faire d’effort de compréhension et ne plus risquer une mauvaise interprétation. Les ambiances sonores trop fortes et environnements bruyants provoquent même une douleur et une intolérance franche aux sons. L’exemple typique est un grand-parent en bout de table qui ne s’exprime plus autant qu’avant et regarde dans le vide ou tente de lire sur les lèvres lors de repas de famille.

Une bonne audition permet un lien social, la communication avec autrui, maintient les stimulations externes et sa perte occasionne une baisse de moral et un retranchement sur soi.

Le temps qui passe n’est malheureusement pas la seule cause à la survenue d’une surdité : d’autres facteurs rentrent en jeu comme l’hérédité, l’exposition à des ambiances sonores élevées dans le cadre du travail ou par l’écoute de musique à des niveaux trop élevés.

Dans un premier temps, il convient de faire un bilan grâce à un audiogramme tonal et vocal qui vont déceler une surdité de perception. A la suite des examens, l’ORL pourra confirmer l’absence de contre-indication au port d’une audioprothèse et l’audioprothésiste prend le relais pour le choix et la pose de la prothèse.

Plus le dépistage et la suppléance par un appareillage sont entrepris précocement, meilleure sera l’adaptation à l’audioprothèse et les capacités de discrimination auditive seront d’autant mieux préservées.

A bon entendeur …

Endométriose: parlons-en

On estime à 1 femme sur 10 la prévalence de l’endométriose. Il s’agit d’une maladie chronique très généralement récidivante qui atteint les femmes réglées.

L’utérus est constitué de deux parois distinctes : la plus externe est le myomètre, un muscle lisse qui permet les contractions utérines ; sur sa face interne, l’utérus est constitué de l’endomètre. C’est ce tissus qui va être sensible aux hormones sexuelles féminines et évoluer au cours du cycle menstruel. Au fur et à mesure de la libération d’hormones, il va se gorger de sang et gonfler (en vue d’accueillir un éventuel œuf fécondé) et si aucune implantation ne s’est faite, l’endomètre se désagrège et saigne : ce sont les règles.

L’endométriose est due à la présence de ces tissus dans des localisations ectopiques soit, en dehors de l’utérus : dans les trompes, sur les ovaires (pouvant induire des kystes), le péritoine, les lésions peuvent atteindre les organes urinaires, digestifs et plus rarement pulmonaires.

Les signes de la maladie sont très généralement des douleurs menstruelles intenses (dysménorrhées), qui apparaissent parfois dès la puberté avec l’arrivée des premières règles. Mais l’intensité des douleurs n’est pas forcément corrélée avec la gravité des atteintes. Les douleurs peuvent être périodiques ou chroniques et dépendent aussi de la localisation des lésions.

La douleur gynécologique est le premier signe à alerter. Elle peut s’avérer parfois invalidante, s’accompagner de nausées et de vomissements par son intensité et rendre la patiente en incapacité de travailler. D’autres manifestations peuvent survenir comme des douleurs lors de rapports sexuels, des difficultés à uriner ou déféquer, des douleurs lombaires ou abdominales en dehors des périodes de règles.

D’autres symptômes peuvent interpeller comme la présence de spoting (petits saignements en dehors des règles), la présence de sang dans les urines, des troubles digestifs (diarrhées ou constipation) ou encore des lombalgies.

Malheureusement le diagnostic est souvent posé au moment d’un bilan clinique chez une femme en désir d’une grossesse. En effet l’endométriose est la première cause d’infertilité chez les femmes ; 30 à 40% des femmes atteintes rencontrent des problèmes de conception.

Une meilleure connaissance et communication sur cette maladie pourrait raccourcir le délai entre l’apparition des symptômes et la pose d’un diagnostic qui reste encore aujourd’hui de 7 ans. Pendant toutes ces années, les femmes ne trouvent généralement pas de réponses ni ne sont soulagées de leurs douleurs.

Les principaux traitements proposés sont des antidouleurs et des anti-estrogènes pour priver progressivement le corps des manifestations induites par l’hormone. Dans des cas plus sévères, une ménopause artificielle peut être induite.

Le rein et la santé de la femme

Telle est la thématique donnée à cette nouvelle journée mondiale du rein ce 8 mars 2018. Bien que moins touchées que les hommes, les femmes présentent des problèmes spécifiques notamment pour la fertilité (souvent perturbée), les complications pendant la grossesse ou encore les infections urinaires.

Les infections urinaires sont très fréquentes chez les femmes pour des raisons d’abord anatomiques. La survenue de complications rénales et rare mais les conséquences peuvent être graves. Notamment l’apparition de calculs liés à l’infection en elle-même.

Les causes qui mènent à une Insuffisance Rénale Chronique (IRC) sont nombreuses mais il est à déplorer que les personnes qui en souffrent ne soient dépister que trop tardivement. Alors, les seuls recours sont la dialyse et la greffe rénale.

Les dépistages organisés lors de la semaine du rein permettent ainsi d’orienter de nombreuses personnes vers leur médecin afin que des examens complémentaires puissent être engagés et un début d’IRC dépisté suffisamment tôt.

Les personnes souffrant d’hypertension artérielle, de diabète ou étant en surpoids sont particulièrement à risque.

Les différentes animations et colloques organisés ont pour but et objectif de mettre en lumière la maladie rénale, ses conséquences et la nécessité d’un dépistage précoce. Chaque année, 11 000 personnes apprennent qu’elles souffrent d’une insuffisance rénale chronique terminale.

En plus du thème féminin donné comme thématique à cette semaine et journée de sensibilisation, un slogan a été choisi pour attirer l’attention sur les moyens de prévention : « Bougez-vous pour vos reins ». Il s’agit là de promouvoir l’exercice physique pour  encourager la société civile, les autorités et les patients à pratiquer une activité physique régulière pour maintenir une fonction rénale optimale. Par la pratique d’un sport, c’est l’ensemble des facteurs de risques qui diminuent comme l’hypertension artérielle, le risque de diabète ou son incidence, le surpoids… les causes majeures liées à l’apparition d’une insuffisance rénale chronique.

http://www.semainedurein.fr/
http://www.fondation-du-rein.org/

CancerSEEK : Les promesses d’une détection de 8 cancers grâce à une prise de sang

L’enjeu est immense et les résultats sont prometteurs : des chercheurs de l’école de médecine de John Hopkins à Baltimore (Maryland, Etats-Unis) ont élaboré une nouvelle technique de détection précoce de huit cancers parmi les plus courants. Cette biopsie liquide (nom de cette technique de diagnostic), a été évaluée sur 1005 personnes atteintes d’un de ces huit cancers (ovaire, fois, estomac, pancréas, œsophage, colorectal, poumon ou sein). Cette technique détecte l’ADN tumoral et les marqueurs sériques circulant.

Les cellules tumorales sont par définition des cellules de notre propre organisme et de ce fait ne sont pas reconnues par notre système immunitaire comme des agents pathogènes. Elles échappent ainsi à tout contrôle. Néanmoins, les cellules cancéreuses ont quelques spécificités. Certaines substances hormonales, enzymatiques ou éléments protéiques sont excrétés par ces cellules et constituent une preuve de leur présence par les taux de ces marqueurs sériques qui peuvent désormais être détectés. De même, les fragments d’ADN peuvent apparaître dans le sang circulant à un taux suffisant pour signer l’empreinte d’un cancer en développement.

Le choix de ces marqueurs sériques et des fragments d’ADN détectés est le résultat de milliers d’analyses sanguines sur des milliers de personnes atteintes d’un cancer.

La promesse d’un tel dépistage est une prise en charge plus précoce de la maladie : bien avant même les premiers signes cliniques qui mettent alors en évidence un cancer à un stade plus avancé. Plus l’avancement de la maladie est important, plus le traitement mis en place sera potentiellement lourd et les chances de guérisons parallèlement moindres.

Deux notions sont particulièrement importantes et encourageantes dans les résultats publiés dans la revue Sciences. D’une part la sensibilité du test qui rend compte du seuil à partir duquel le test détecte la présence de cellules cancéreuses. Elle s’avère être comprise entre 69 et 98% pour 5 types de cancer (ovaire, foie, estomac, œsophage) mais 33% pour le cancer du sein. Cependant plus le cancer est avancé, meilleure est la sensibilité de détection du test. Ainsi, dans le cancer du sein de stade I (primitif), elle est de 43%. Pour ce type de cancer, même si l’approche est prometteuse, cet outil n’est pas encore prêt de remplacer la mammographie.

D’autre part la spécificité du test est de 99%. Cette notion précise le nombre de faux positifs observés. Cela signifie que le test détermine avec une grande précision le tissu d’origine des cellules cancéreuses et oriente directement les praticiens sur la localisation du cancer en développement.

Pour conclure cette large étude menée, les auteurs estiment tout de même l’importance d’investigations sur de plus larges cohortes afin de connaître le réel bénéfice apporté par la biopsie liquide et son utilité clinique.

Les autotests du Sida bientôt disponibles en France

Ils sont déjà vendus dans certains pays à l’étranger : les autotests permettant de dépister le virus du Sida seront très bientôt disponibles en France. A partir d’une simple goutte de sang ou de salive, les individus pourront désormais réaliser le test tout seul, à la maison, pour connaître leur statut sérologique. Il sera disponible sans ordonnance, en pharmacie. Attention à la confusion : s’il existe un autotest salivaire, ce n’est pas pour autant que le VIH se transmet par la salive ! Seul le contact avec le sang ou les relations sexuelles non protégées sont des comportements à risque. Le test de la salive permet simplement de connaître le taux d’anticorps.

Les avantages de l’autotest VIH

Les avantages de l’autotest VIH ? En 30 minutes seulement,  nous pouvons obtenir une réponse sur notre potentielle séropositivité ou séronégativité. L’autotest est donc très facilement réalisable. Il en existe de deux sortes actuellement à l’étranger : l’un qui fonctionne à partir d’une goutte de sang et l’autre à partir d’une goutte de salive.

A l’heure actuelle, aucun n’a encore été commercialisé en France. Marisol Touraine du ministère en charge de la Santé a autorisé sa commercialisation en novembre mais les laboratoires n’ont pas encore eu le temps de le mettre en vente. Alors attention ! Certains sites internet frauduleux proposent des autotests VIH, soit disant « certifiés Communauté Européenne CE ». Ce sont des arnaques : l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lutte au quotidien pour prévenir contre ces fraudes.

Le test sanguin pour valider le résultat

Lorsqu’il seront disponibles à la vente, vous pourrez les retrouver sur LaSante.net ! En cas de test positif, il sera indispensable de faire une prise de sang pour valider le résultat. Et tout comme la prise de sang, pour qu’il soit efficace le test devra être réalisé entre 2 et 3 mois après la conduite à risque.

Une prise de sang pour détecter la maladie d’Alzheimer

Les Américains viennent de mettre au point un nouveau test qui permettrait de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer avec une simple prise de sang, jusqu’à 3 ans avant que celle-ci ne se déclare. Aussi, ce nouveau test est la promesse d’une prise en charge améliorée de cette maladie neuro-dégénérative, notamment pour les personnes à risque.

90 % de fiabilité

Les études cliniques n’ont pas encore commencé mais les chercheurs espèrent pouvoir commencer les essais d’ici 2016. Cela fait plusieurs années que les recherches se tournent vers la détection de marqueurs biologiques spécifiques aux victimes d’Alzheimer qui permettraient de déceler la maladie lorsqu’elle est encore asymptomatique (ou « invisible »). Tous les espoirs sont permis depuis la détection de plusieurs lipides spécifiques qui seraient propres à la maladie et présents dans le sang des malades plusieurs mois voire années avant qu’ils ne présentent les symptômes d’Alzheimer. Le niveau de ces lipides est moins important chez les malades que les sujets sains, d’après une étude réalisée aux Etats-Unis, dirigée par le Dr Federoff de l’Université de Georgetown. Le taux de précision du test qui pourrait être développé grâce aux résultats obtenus avoisinerait les 90 %.

Un espoir pour les malades

La maladie d’Alzheimer touche plus de 850 000 personnes en France et plus de 35 millions dans le monde. Aucun traitement ne permet aujourd’hui de la guérir totalement. Seuls les symptômes peuvent être traités avec plus ou moins de succès.

Aussi, détecter la maladie d’Alzheimer avant que celle-ci ne se déclare cliniquement représente un espoir sans précedent pour les malades, leur entourage et les médecins. Cela permettrait de prendre en charge le patient rapidement et de reculer ainsi l’apparition des troubles cognitifs et les problèmes de mémoire notamment.

Cancer colorectal : un test de dépistage plus efficace

Marisol Touraine, ministre de la Santé, vient d’annoncer que de nouveaux tests de dépistage du cancer colorectal seraient disponibles d’ici la fin de l’année 2014. Cela faisait 6 ans que les gastro-entérologues et professionnels du milieu médical se mobilisaient pour la mise en place d’un nouveau test de dépistage. Alors qu’il avait reçu son autorisation de mise sur le marché en 2008, le remplaçant du test actuel Hemoccult faisait l’objet de toutes les tensions entre les spécialistes et les autorités administratives.

Il s’agit là d’une excellente nouvelle qui devrait sauver nombres de vies. En effet, à l’heure actuelle, le test de dépistage gratuit Hémocult n’est pas le plus performant ni le plus fiable. Contraignant de par son utilisation (2 prélèvements de 3 selles différentes à domicile), il n’est utilisé que par 30 % des personnes concernées et sa sensibilité permet de détecter seulement 50 % des cancers du côlon. Un cancer sur deux n’est donc pas détecter avec le test Hemoccult.

Le nouveau test sera bientôt disponible et ne nécessitera qu’un prélèvement sur une seule selle. Il permet de détecter huit cancers sur 10 et beaucoup plus de lésions précancéreuses. Il sera sans doute « mieux accepté et mieux réalisé par les personnes ciblées », selon la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie.

Le cancer colorectal est l’un des plus fréquents. En France, on compte plus de 40 000 nouveaux cas tous les ans. 55% d’entre eux s’en sortent. Les chances de guérison avoisinent les 90 % lorsque le cancer est détecté en stade précoce.

N’oubliez pas de faire le test. Passé l’âge de 50 ans, réalisez un dépistage tous les 2 ans.