Les 100 ans de la Ligue contre le cancer

Le dimanche 4 février est la journée mondiale de lutte contre le cancer. Cette année marque le centenaire de la fondation de la Ligue contre le Cancer. L’association soutient financièrement de nombreux pôles dans la recherche en oncologie notamment la recherche fondamentale, clinique, épidémiologique et les sciences humaines et sociales. La Ligue contre le Cancer s’engage également dans la sensibilisation et continue d’informer et communiquer sur les bienfaits d’une hygiène de vie adaptée, sur les facteurs de risque et l’importance de programmes de dépistage organisés.

Le cancer est une maladie caractérisée par la prolifération incontrôlée de cellules de l’organisme. L’ensemble des cellules est soumis à un contrôle et une régulation de leur réplication. Dans le cas où une cellule est mal répliquée, ce système peut la détruire. Le développement d’un cancer résulte de l’échappement d’une lignée cellulaire à ce mécanisme de contrôle. Le système immunitaire ne les reconnaît pas comme pathogènes.

Un cancer sera diagnostiqué chez un homme sur deux et une femme sur trois avec 60% de chance de guérison en moyenne. Les quatre principaux cancers sont : celui de la prostate (71 000 cas par an), le sein (53 000 cas par an), le colon-rectum et le poumon. Parmi ces cancers, celui de la prostate et du sein ont des taux de survie parmi les meilleurs avec respectivement 80% et 85% de survie après 5 ans. Pour certains types de cancer, des facteurs de risque ont été prouvés par des études épidémiologiques en montrant des associations cohérentes avec peu de contradictions. Ainsi, pour le cancer de la prostate, le risque augmente avec l’âge, les antécédents familiaux et l’origine ethnique. Pour le cancer du sein, le risque augmente avec la présence de gènes prédisposant à son développement transmis par les ascendants mais aussi avec des facteurs hormonaux (hyperoestrogénie, nombre de cycles menstruels, puberté précoce, ménopause tardive, absence de grossesse et d’allaitement). Le surpoids, le tabagisme et la consommation d’alcool constituent des facteurs de risque au développement de cancers du sein et du colon-rectum.

De nombreux traitements sont aujourd’hui proposés et mis en place pour traiter les patients atteints de cancer. Les plus connus par le grand public sont la chimiothérapie, la radiothérapie et le traitement chirurgical et hormonal. De nouvelles thérapies viennent enrichir cet arsenal avec notamment l’essor de l’immunothérapie pleine de promesses mais dont le coût suscite parfois des débats.

Le principe de cette thérapie est d’utiliser les propres défenses de l’organisme pour repérer et éradiquer les cellules cancéreuses. L’immunothérapie se base sur plusieurs méthodes et utilise plusieurs biais pour cela. D’une part, l’immunothérapie locale permet de traiter des cancers de la vessie en stimulant l’immunité locale par des injections vésicales de BCG (bacille de Calmette et Guérin, agent tuberculosique). D’autre part, l’immunothérapie par voie générale va consister à stimuler globalement le système immunitaire. En effet, lors de l’intrusion d’un agent pathogène dans l’organisme, une myriade de puissantes réactions se mettent en place et notamment la libération d’anticorps et de cytokines. Parmi ces dernières, figurent l’interféron et l’interleukine 2 qui jouent un rôle dans les voies de signalisation de l’inflammation et sont dotées de propriétés cytotoxiques.

L’utilisation d’anticorps monoclonaux vise à reconnaître spécifiquement les cellules tumorales. Dans le cas d’un certain type de cancer du sein, les cellules tumorales expriment un récepteur spécifique (HER-2) en surnombre. Cette surpopulation de récepteurs entraîne alors une production accrue de protéines qui accroissent encore la multiplication incontrôlée des cellules cancéreuses. Pour le moment, ces thérapies sont proposées en cas de résistance aux chimiothérapies.

Ainsi, les recherches s’orientent vers des vaccins thérapeutiques qui permettraient de guider le système immunitaire vers les cellules cancéreuses. Le but étant d’éduquer les propres défenses de l’organisme pour qu’elles reconnaissent les cellules malignes et de les stimuler afin que la réponse obtenue soit suffisamment forte pour éradiquer le cancer.

Source : Ligue contre le cancer

L’ibuprofène: perturbateur endocrinien ?

Différentes études mettent à jour une diminution de la fertilité des hommes. Lors de précédentes recherches faites par le Professeur Bernard JEGOU et son équipe de l’Institut de recherche en santé environnement de Rennes, un lien avait été établi entre l’exposition pendant la grossesse de paracétamol et aspirine de fœtus mâles et l’apparition majorée de cas de malformations génitales (cryptorchidies).

Dans l’étude parue ce 8 janvier 2018 dans le prestigieux journal scientifique Proceedings of the national academy of sicences (PNAS), le Pr JEGOU et Christèle Desdoits cosignent une étude portant sur les effets d’une exposition à l’ibuprofène chez des hommes adultes.

Cet anti-inflammatoire est disponible sans ordonnance dans toutes les pharmacies en France et largement consommé par des millions de personnes. Il est utilisé pour soulager les douleurs en général notamment les douleurs articulaires et musculaires en particulier chez les sportifs qui le consomment régulièrement en préparation ou lors de récupérations physiques.

Les résultats de l’étude sont stupéfiants : les hommes adultes soumis à une exposition massive d’ibuprofène (1200mg par jour pendant 14 puis 44 jours), développent un hypogonadisme compensé. Il s’agit d’une perturbation de la régulation de sécrétion hormonale. Physiologiquement, l’hormone lutéinisante (LH) produite par la glande pituitaire (au niveau de l’hypophyse dans le cerveau), induit la production et sécrétion de la testostérone par les cellules de Leydig logées dans les testicules. D’ailleurs le ratio testostérone/LH est un marqueur de bon fonctionnement de ces cellules. Si les cellules de Leydig ne remplissent plus leur rôle dans la production et la sécrétion de la testostérone, les taux de LH augmentent, pour compenser ce manque (menant vers l’hypogonadisme compensé). Ce ratio était diminué de 18% après 14 jours d’exposition et de 23% après 44 jours.

Des résultats allant dans le même sens d’une dégradation de la capacité de production hormonale ont été relevés sur les cellules de Sertoli, cellules produisant les spermatozoïdes dans les testicules mais dans une moindre mesure.

En poursuivant ses investigations, l’équipe de recherche a pu mettre en évidence une diminution de l’expression de gènes impliqués dans la production des précurseurs de la testostérone. Moins de testostérone produite menant ainsi à une augmentation induite de la sécrétion de LH etc…

La conclusion de cette étude est sans appel, l’ibuprofène possède une action antiandrogénique le plaçant de facto dans les produits perturbateurs endocriniens. Toutefois, cette étude en appelle d’autres pour répondre à d’autres interrogations notamment sur l’effet de l’aspirine et d’autres composés sur les cellules de Leydig.

Enfin, il convient d’apprécier encore l’ibuprofène pour ce qu’il est et pour ce qu’il apporte dans des problématiques de douleurs rhumatismales par exemple. Mais il est aussi important maintenant bien prendre en compte les risques encourus sur la fertilité masculine lors d’une prise importante et chronique de cette molécule.

Sources :

Kristensen, David Møbjerg et al (2018) Ibuprofen alters human testicular physiology to produce a state of compensated hypogonadism PNAS 2018 : 1715035115v1-201715035.

Kristensen, David Møbjerg et al (2011) Intrauterine exposure to mild analgesics is a risk for development of male reproductive disorders in human and rat. Human Reproduction, Vol.26, No.1 pp. 235 –244, 2011

THYROFIX : NOUVEAU MEDICAMENT DANS LE TRAITEMENT DE L’HYPOTHYROÏDIE

Depuis début décembre, un nouveau médicament a fait son apparition dans l’arsenal thérapeutique pour le traitement des patients atteints de troubles de la thyroïde.

Le Thyrofix est un générique du Levothyrox. Il vient compléter les produits récemment mis sur le marché et enrichir l’offre thérapeutique en marge des problèmes liés au changement de formule du Levothyrox.
A ce jour, cinq spécialités sont disponibles :
• Levothyrox (Merck) nouvelle formule
• L-Thyroxin Henning (Sanofi) en provenance d’Allemagne et disponible depuis mi-octobre 2017
• Thyrofix (Unipharma) : Générique du Levothyrox avec une bioéquivalence établie vis-à-vis d’Euthyrox.
• L-Thyroxine (Serb ; solution buvable) : destiné en priorité aux enfants de moins de 8 ans et adultes ayant des problèmes de déglutition.
• Euthyrox (Merck) : en provenance d’Allemagne. Équivalent de l’ancienne formule du Levothyrox et mis à disposition pour une durée limitée.
L’Euthyrox va être réapprovisionné dans les pharmacies mi-décembre 2017 pour les patients ayant bénéficié d’une première prescription depuis mi-octobre et qui n’ont pas encore été réorientés vers les autres spécialités désormais disponibles et de façon plus pérenne. Le but étant de maintenir une continuité dans le traitement.
Pour les patients traités par une autre spécialité, bien équilibrés et ne présentant pas d’effets indésirables, aucun argument n’est en faveur d’un changement de traitement.
Si un changement de traitement doit intervenir, le maintien de l’équilibre thérapeutique doit être confirmé par le dosage biologique de la TSH dans les 6 à 8 semaines qui suivent en plus du suivi clinique.

En début d’année prochaine l’ANSM se prononcera sur la mise sur le marché d’un autre médicament des Laboratoires Genevrier, celui-ci sous forme de capsule molle.
Il est indispensable de rappeler qu’en aucun cas un traitement par hormones thyroïdiennes ne doit être arrêté ou modifié sans un avis médical.
Si des effets indésirables surviennent, en avertir le médecin qui adaptera, si besoin, le traitement avec les alternatives thérapeutiques disponibles aujourd’hui.
Un numéro vert est à disposition des patients : 0800 97 16 53 (accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h)
http://ansm.sante.fr/content/download/110673/1402143/version/4/file/Levothyroxine-Ansm-document-patient20171206.pdf

Vers l’éradication de l’hépatite C ?

L’hépatite C est une maladie du foie contagieuse, qui cause la mort de 350 000 personnes par an en moyenne. Guérir à 100 % de cette maladie ? C’est la promesse annoncée par les chercheurs du 7ème congrès européen sur les hépatites qui se tenait ce mois-ci à Paris.

Les traitements actuels ne permettent de guérir les porteurs chroniques de cette grave pathologie du foie. Ils soulagent le patient dans son quotidien mais ne permettent pas de véritablement tuer le virus VHC. C’est la découverte de nouvelles molécules qui a permis aux chercheurs de mettre au point un traitement qui devrait recevoir la précieuse Autorisation de mise sur le marché (AMM) courant 2015.

Ce nouveau traitement permettra aux victimes de l’hépatite C de vivre et de travailler normalement, selon le professeur Patrick Marcelin, hépatologue à l’hôpital Beaujon à Clichy. Les tests du traitement ont été effectués auprès de patients volontaires et les résultats sont très encourageants.

Deux molécules attendent donc déjà leur autorisation de mise sur le marché en vue d’une commercialisation l’année prochaine, et 15 autres molécules sont encore en phase de traitement

S’il s’agit d’une véritable révolution thérapeutique, reste à savoir de quelle manière ce nouveau traitement sera pris en charge et comment son accès au reste du monde va être envisagé. En effet, à l’heure actuelle, chaque traitement devrait couter entre 40 000 et 100 000 € par patient. Or on estime à 184 millions la population mondiale porteuse du virus de l’hépatite C…

Pour en savoir plus :  le virus de l’hépatite C.

Les Français consomment moins de médicaments

Les Français sont connus pour être les champions d’Europe, voire du monde, de la consommation de médicaments par habitant. Le terme champion est mal choisi, tant il est dangereux et coûteux de consommer trop de médicaments. Toutefois, pour la première fois depuis 2002, le nombre de médicaments vendus par les officines françaises est enfin en baisse. C’est ce que révèle le laboratoire Celtipharm dans une étude qui compare les années 2011 et 2012. Cette baisse est d’1,5% pour les médicaments sur ordonnance, et de 0,4% pour l’automédication (médicaments librement accessibles en pharmacie, sans consultation préalable). Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement.

Pourquoi les Français consomment moins de médicaments ?

• Tout d’abord, tout simplement, les Français ont été moins malades en 2012 par rapport à l’année précédente. Les épidémies ont été rares, entraînant moins de visites chez le médecin, et donc moins de prescriptions.

• Les médecins sont aussi en grande partie responsables de la baisse de la consommation de médicaments. En 2012, ils ont non seulement émis moins d’ordonnances mais ces dernières ont aussi été moins remplies qu’en 2011. La baisse des prix et le recours croissant aux génériques ont d’ailleurs permis d’alléger la facture pour la Sécurité Sociale.

• Ensuite, les Français prennent peu à peu conscience que les médicaments peuvent être dangereux et ne doivent pas utilisés à outrance. Les campagnes de communication sur les génériques, les antibiotiques (« C’est pas automatique ! ») ou le bon usage des médicaments en sont en partie responsables. Mais, plus inquiétant, le ralentissement observé est aussi dû à une méfiance de plus en plus grande des Français vis-à-vis des médicaments. Les scandales récents du Médiator ou des pilules de 3ème et 4ème génération, ainsi que la mauvaise réputation des laboratoires médicaux ont amené plus de prudence et moins de confiance dans les comportements observés.

• D’autre part, la crise économique explique aussi la baisse du nombre de médicaments vendus : près d’un quart des Français a ainsi renoncé à se soigner en 2011, en raison du coût des médicaments. Le déremboursement de nombreux médicaments n’y est pas étranger.

• Enfin, les laboratoires ont aussi contribué à cette baisse de la consommation des médicaments, peut-être contre leur gré. Tout d’abord, 2012 n’a pas été marqué par des innovations pharmaceutiques majeures qui auraient pu soutenir le marché, comme les années précédentes. Ensuite, la pression des laboratoires sur les médecins s’est progressivement réduite, avec une baisse de 40% du nombre de visiteurs médicaux depuis 2002, expliquant en partie le ralentissement des prescriptions.

Rien n’est joué !

Toutefois, si cette baisse représente 40 millions de boîtes de médicaments, les pharmaciens français en vendent encore 3 milliards par an ! Et en valeur, les médicaments en vente libre ont progressé en 2012 de 3%. Cela s’explique sans doute par une dérive des prix de ces médicaments, qui sont fixés librement par les pharmacies elles-mêmes. Et dans ce domaine, les pharmacies en ligne devraient apporter un peu de pouvoir d’achat, en pratiquant des tarifs moins élevés !