Quand Parkinson fait sucrer les fraises

C’est un des premiers signes de la maladie de Parkinson : le tremblement au repos. D’autres manifestations peuvent amener ensuite à consulter : lenteur dans l’amorce des mouvements, lenteur à la marche qui se fait alors par petits pas saccadés, l’écriture devient plus compliquée avec l’apparition d’une micrographie (les lettres se font de plus en plus petites au fur et à mesure de la rédaction).

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative. Les neurones à dopamine disparaissent et meurent. Cette dégénérescence neuronale est induite par la présence de corps de Lewy dans la substance noire du cerveau. Ils correspondent à des amas pathogènes formés par une protéine : α-synucléine. Cette protéine est naturellement présente dans les neurones mais ce sont les agrégations qui la rendent pathogène.

L’âge est le principal facteur de risque de cette maladie.  Des facteurs génétiques et environnementaux sont évoqués mais les causes précises semblent encore plurielles et restent inconnues. La maladie de Parkinson touche davantage les sujets âgés avec un pic à 70 ans. Environ 8 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année ce qui la place au deuxième rang des maladies neurodégénératives après la maladie d’Alzheimer.

L’évolution de la maladie est lente et l’apparition très progressive des symptômes retardent le diagnostic. La fatigue, l’apathie et la lenteur faisant d’abord penser à des troubles psychologiques voire une dépression, surtout quand ils sont associés à une hyperémotivité, au stress et à l’anxiété.

Les traitements médicamenteux mis en place pallient le manque de dopamine en la mimant, en administrant une molécule qui sera transformée en dopamine elle-même (les précurseurs de la dopamine : L-dopa) ou encore en bloquant la dégradation de la dopamine encore présente.

Les traitements n’empêchent pas l’évolution de la maladie mais contrent ses manifestations. Les doses sont donc ajustées au fur et à mesure de son évolution. Après quelques années d’évolution, entre 5 et 10 ans, des complications peuvent apparaître avec l’effet bien connu « on/off ». Le corps pâtit davantage des inter-doses de médicaments et les journées sont alors hachées et séquencées en bonnes et mauvaises périodes où les symptômes se font plus ou moins sentir.

La maladie de Parkinson bénéficie tout de même d’une énorme puissance de recherche. De nombreuses pistes thérapeutiques sont à l’étude avec pour certaines de grands espoirs. Des chélateurs de fer, la lumière infrarouge, l’identification de biomarqueurs, un vaccin ciblant l’α-synucléine, la thérapie génique ou encore la transplantation de cellules souches pour remplacer les neurones à dopamine perdus, les avancées ont déjà permis une amélioration considérable des traitements et les années à venir nous réserverons certainement d’autres voies encore.

Parkinson : un espoir pour les malades

La maladie de Parkinson touche près de 130 000 personnes en France et 5 millions dans le monde entier. Il n’existe pourtant aucun traitement pour soigner cette maladie dégénérative. Une première mondiale vient de redonner espoir aux nombreux patients atteints ainsi qu’à leur famille : le succès d’une thérapie génique expérimentale !

L’équipe médicale dirigée par le neurochirurgien Stéphane Palfi a testé la traitement sur une quinzaine de patients. Les résultats ont permis d’améliorer le quotidien de ces patients en leur permettant d’améliorer leur motricité : diminution des tremblements et de la rigidité des membres, accélération des mouvements, etc.

Cette technique repose sur une opération durant laquelle de la dopamine est injectée dans le cerveau du patient. En effet, la dopamine est un neurotransmetteur qui permet de contrôler la motricité. Dans le cas de la maladie de Parkinson, les patients n’en produisent plus convenablement. Les personnes opérées dans le cadre de l’étude clinique ont pu retrouver une qualité de vie plus importante. Les effets sont durables mais s’atténuent avec le temps, comme l’explique Stéphane Palfi : «Les symptômes moteurs de la maladie ont été améliorés jusqu’à 12 mois après l’administration du traitement chez tous les patients, voire jusqu’à 4 ans chez les premiers à avoir été opérés».

Pour le moment, seuls les symptômes moteurs sont traités par cette thérapie génique. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’une avancée remarquable qui fait figure de révolution pour les malades ainsi que pour la profession médicale.