La loi Neuwirth fête ses 50 ans

Après des débats houleux et une profonde division de l’Assemblée Nationale, le texte de loi Neuwirth autorisant l’accès à la pilule contraceptive sur prescription médicale est voté à main levée le 19 décembre 1967.

Il faut attendre 1974 pour qu’elle soit remboursée par la sécurité sociale mais soulignons le progrès immense que cela a constitué pour l’émancipation des femmes et leur droit à disposer de leur corps.

Cette loi intervient dans un contexte particulier où des centaines de milliers d’avortements ont lieu chaque année en France, où les femmes averties vont en Angleterre et en Suisse en cas de grossesse non désirées et où des millions de couples pratiquent la technique de retrait ou de l’abstinence en milieu de cycle pour maitriser un tant soit peu leur fécondité.

La loi Neuwirth abroge de fait la loi de 1920 qui interdisait la contraception. L’avortement reste, lui, interdit jusqu’à l’adoption de la loi Veil en 1975.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

La pilule contraceptive est devenue un droit commun. Des millions de femmes la prennent quotidiennement mais depuis quelques temps et à cause de scandales récents, une certaine méfiance s’installe. Aujourd’hui, 36% des Françaises concernées par la contraception prennent la pilule, contre 45% en 2010.

Cette baisse peut s’expliquer de différentes manières : De nombreuses femmes considèrent la prise de la pilule comme quelque chose de contraignant (horaires fixes, prise quotidienne …). L’imprégnation hormonale inquiète et les moyens contraceptifs plus naturels ou moins contraignants font leur retour (patch, stérilets).

Les médecins prescrivent plus facilement une pilule à leurs patientes et celles-ci sont pour la plupart assez mal informées des autres méthodes auxquelles elles pourraient avoir accès. Le stérilet par exemple, longtemps proscrit injustement aux femmes nullipares (n’ayant jamais eu d’enfant) fait son retour. Le dispositif intra utérin hormonal ou au cuivre séduit de plus en plus par son aspect peu contraignant et plus naturel.

L’usage du préservatif, quant à lui, a doublé entre 2010 et 2016, principalement en remplacement de la pilule. Souvent plébiscité à l’entrée dans la vie sexuelle il demeure le seul rempart aux infections sexuellement transmissibles même si il reste moins efficace en termes de contraception que la pilule.

Il existe aujourd’hui près d’une dizaine de méthodes contraceptives pouvant s’adapter à chaque femme selon son mode de vie et sa situation médicale.
Avec ou non une méthode contraceptive, il est conseillé à toutes les femmes de consulter tous les ans un gynécologue.

Journée mondiale de la contraception

Aujourd’hui est célébrée partout dans le monde, la journée de la contraception.

La contraception est là pour éviter les grossesses non désirées, et réguler l’augmentation de la population. Elle permet aux femmes un meilleur contrôle sur leur vie amoureuse et sexuelle.

Le droit d’accès à la contraception a été durement acquis par les femmes dans beaucoup de pays, mais reste encore interdite ou méconnue à certains endroits du globe. Le constat est tragique : chaque année se dérouleraient 80 millions de grossesses non désirées, dont un quart donneraient lieu à des avortements clandestins dans des conditions d’hygiène et de sécurité précaires. On estime à 70.000 le nombre de femmes par an, mourant à la suite de ce genre de pratique !

L’information des femmes sur la contraception est un véritable enjeu de santé. Le préservatif ainsi que la pilule sont les deux méthodes les plus connues, mais sachez qu’il en existe bien d’autres, ainsi, il est possible pour chaque femme de trouver celle qui lui convient le mieux.

Voici donc différents articles et conseils qui peuvent vous aider à y voir plus clair :

 

Le site d’information du ministère de la santé qui regroupe les différentes méthodes de contraception à disposition : http://www.choisirsacontraception.fr/

La pilule du lendemain

Vous avez sans doute entendu parler sur le net de cette Sabine (nom d’emprunt) qui s’est faite recevoir par son pharmacien avec des phrases comme « elle a passé une bonne soirée » et qui lui explique qu’il « faudrait qu’elle arrête de se foutre à poil pour rien » en pleine officine et devant une clientèle où remarques et regards n’ont pas tardé à fuser, la jeune femme finissant par partir de la pharmacie en pleurs.

La contraception d’urgence ou pilule du lendemain est un sujet qui divise beaucoup de spécialistes de santé. Mais savez-vous réellement ce que c’est ? Seules 35% des femmes se disent bien informées à son sujet.

 

Comment ça marche ?

Accessible sans ordonnance en pharmacie, la pilule du lendemain agit sur les hormones qui entrent en jeu dans la reproduction. Elle a pour effet de bloquer la libération de l’ovule qui ne peut donc pas être normalement fécondé. Son efficacité est de l’ordre de 95% dans les premières 24h après l’acte non protégé, et tombe à 85% au bout de 72h, trois jours étant la limite maximale. Au-delà il existe des pilules dites du surlendemain, mais idéalement la contraception d’urgence est à prendre dans les 12h.

 

Effets indésirables ?

Principalement nausée, vomissements, douleurs abdominales, vertiges, fatigue, et maux de tête. Si un vomissement à lieu dans les 3h après la prise, il faut se procurer une nouvelle pilule. Ce produit jouant sur les hormones, des manifestations liées au cycle peuvent survenir : décalage des règles, des saignements en dehors des règles ou des tensions au niveau des seins.

 

Les idées reçues, le vrai du faux

Le pharmacien peut refuser de délivrer la pilule du lendemain.
FAUX. Un pharmacien ne peut refuser de délivrer la contraception d’urgence. Cette délivrance doit en plus être anonyme et doit s’accompagner de conseils sur la contraception en général. Le pharmacien peut refuser si, et seulement s’il sait que l’état de santé de la patiente ne le permet pas. De plus, sachez que la pilule du lendemain est gratuite pour les mineures.

La pilule du lendemain est dangereuse pour le cycle.
FAUX. La pilule du lendemain quoi qu’on en dise n’est pas toxique, n’entraîne pas de fausses couches et ne rend pas stérile ni ne met en péril de futures grossesses. Ces arguments sont souvent avancés par des pharmaciens qui ne souhaitent pas délivrer une contraception d’urgence. Le seul vrai risque est d’être confronté aux effets indésirables pouvant être assez impactant bien que transitoires.

– La pilule du lendemain est une méthode de contraception fiable.
FAUX, elle n’est pas une méthode de contraception. C’est le rôle des stérilets, dispositifs implantables, pilules contraceptives classiques, ou les préservatifs quand ils sont bien employés. La fonction de la pilule du lendemain est de parer à un oubli ou une situation à risque, mais elle ne doit en aucun cas se substituer à une contraception classique.